A deux mois de la convocation du corps électoral : décor inquiétant en RDC

0
266

A deux mois de la convocation du corps électoral, l’évolution de la situation politique en République Démocratique du Congo  inquiète les sociétaires de l’Ensemble, plateforme électorale, soutenant la candidature de Moise Katumbi à la présidentielle.  Au cours d’une
conférence de presse animée hier lundi 4 juin au siège du G 7, le vice-président du regroupement politique né en Afrique du Sud a sonné l’alerte pour éviter que le navire Congo ne puisse  chavirer.

Entouré de Delly Sesanga, Christophe Lutundula, Jean-Claude Vuemba, Moise Moni Della, Pierre Lumbi a déploré le faite que l’Accord de la Saint Lylvestre qui devait permettre une sortie de crise en RDC, soitbloqué par la majorité au pouvoir, surtout dans son volet décrispation pour des élections apaisées. Pour le vice-président de l’Ensemble, le discours développé par certains caciques de la majorité pour un probable 3me mandat de Kabila, ne fait que jeter de l’huile dans le feu dans un Etat fragile comme la RDC.

Pour y remédier,  Pierre Lumbi demande à Joseph Kabila qui, selon
lui, est au centre de la crise, de déclarer publiquement qu’il ne se
présentera pas pour briguer un troisième mandat, en violation de la
Constitution, et de libérer le processus électoral.
L’ancien conseillé spécial en matière de sécurité de Joseph Kabila
estime qu’à quelques mois de la date fatidique du 23 décembre, que
l’Ensemble considère comme une ligne rouge à ne pas franchir, le
président de la République devait donner des signaux forts pour
épargner la République, des troubles aux conséquences incalculables.
ERIC WEMBA
CONFERENCE DE PRESSE DU VICE-PRESIDENT DE « ENSEMBLE  POUR LE
CHANGEMENT » DU 04 JUIN 2018
La RDC, notre pays, va mal très mal. Et les évènements récents ne
sont pas de nature à rassurer notre peuple. L’environnement politique
continue encore et toujours à être volontairement crispé.
Ni le Président de la République, ni le Gouvernement, ni aucune
institution de l’Etat n’ont daigné relever les erreurs graves et
volontaires enregistrées sur le fichier électoral, le Président et le
Gouvernement. continuent à fermer les yeux sur l’entêtement qu’affiche
la CENI à imposer la machine à voter, les harcèlements de l’opposition
pour l’empêcher de tenir des Meetings dans les espaces publics ou
privés s’accentuent.
Ajouter à cela, les nombreuses déclarations sur l’éventualité d’une
troisième candidature du Président Kabila, et nous comprendrons que
nous cheminons sûrement vers un désordre absolu très probablement
planifié par la Majorité.
« ENSEMBLE pour le changement» est très préoccupé par cette situation
et vient vous donner ici sa position:

1. Concernant la décrispation politique
A ce jour, malgré les recommandations de l’Accord de la Saint
Sylvestre, aucune mesure de décrispation politique sérieuse n’a été
véritablement d’application. En effet, à moins de deux mois de
l’ouverture des Bureaux de réception et traitement des candidatures
pour l’inscription des candidatures présidentielles et des députés
nationaux, aucun opposant politique emblématique n’a été libéré; aucun
exilé politique n’a pu retourner au pays; le contentieux du
dédoublement des partis politiques n’a pas été vidé ; les espaces
démocratiques et médiatiques n’ont pas été libéralisés; les poursuites
judiciaires contre les opposants n’ont pas été abandonnés; les mesures
d’interdiction des manifestations pacifiques n’ont pas été levées; la
liste des partis politiques autorisés à participer au processus
électoral a été publiée avec des irrégularités intentionnelles graves.
En plus de cela, nous assistons à un harcèlement politique,
judiciaire, policier et violent des membres de l’opposition, en
particulier ceux de notre plate-forme « ENSEMBLE pour le changement »,
et même du Clergé. A titre d’exemple, nous citons:
1. Dans la nuit du 31 mai au 1er juin, des militaires ont attaqué le
siège du PND à Lubumbashi. Après avoir tiré à balles réelles,
paniquant le quartier, les assaillants ont concentré le feu sur le mur
qui portait l’effigie du Président KATUMBI où ils ont mis le feu, se
faisant auteurs d’une attaque armée, d’une tentative de meurtre des
occupants des lieux et d’une destruction méchante;
2. Dans la nuit du 02 au 03 mai 2018, aux environs de KYAVINYONGE en
territoire de BENI, les grands parents de l’Honorable NZANGI MUHINDO
BUTUNDO ont été massacrés par un groupe de personnes habillées en
tenues FARDC ;
3. Le 09 mai 2018 à Kisangani, l’Honorable Dieudonné BOLENGETENGE,
Coordonnateur Régional de « ENSEMBLE pour la Tshopo et le Bas Uélé» a
été l’objet de menaces et de provocations des forces qui ont tenté
d’empêcher l’installation de nos structures de base;
4. Le 20 mai 2018 à BUKAVU, l’honorable Jean-Claude KIBALA,
coordonnateur Régional de «Ensemble pour le Sud Kivu », a échappé de
justesse à une tentative d’enlèvement par des militaires qui se sont
ensuite réfugiés dans l’enceinte de l’Etat-Major des FARDC ;
5. Le 24 mai 2018, à Bunia, certains responsables de « ENSEMBLE »,
parmi lesquels l’honorable Norbert EZADRI, ont été séquestrés quand
ils ont voulu procéder à l’installation locale de la plateforme ;
6. Le samedi 02 juin 2018, le Centre lnterdiocésain de Kinshasa a fait
l’objet d’une violation de domicile manifeste, avec menace de mort, de
la part du Bourgmestre de la Commune de la Gombe qui a fait arracher
deux banderoles sur lesquelles étaient rappelés deux des principes
fondamentaux de l’Accord de la Saint Sylvestre à savoir: « pas de 3è
mandat présidentiel. » et « pas de révision constitutionnelle ».
Pendant ce temps, la MP bat campagne, en toute violation de la loi,
pour le candidat KABILA à travers la tournée du PPRD et les grandes
artères des villes du pays sont parsemées de matériel de propagande
allant dans ce sens.
Nous exigeons qu’une enquête sérieuse contre ces exactions soient
menée et que les coupables soient traduits en justice.
Comble de ces harcèlements, l’acharnement s’accroit sur Moïse
KATUMBI. Procès après procès, le pouvoir ne cesse d’inventer
grossièrement des affaires à sa charge afin d’obtenir sa condamnation
et ainsi son élimination de la course à la présidentielle. De
l’affaire farfelue de recrutement des mercenaires aux accusations
graves et ridicules de préparation d’une rébellion à partir du
territoire d’Aru en Ituri, en passant par celles de prétendues
escroquerie immobilière et de détention d’une nationalité étrangère,
le pouvoir en place a opté pour la diabolisation de Moise KATUM BI,
allant jusqu’à l’accuser ou le soupçonner des faits sans aucun fon de
ment. Il est victime de l’arbitraire et du harcèlement judiciaire par
le pouvoir. Celui-ci continue à s’acharner sur Moise en dépit de son
innocence prouvée par la commission de décrispation politique de la
Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO).
Nous exigeons que ces poursuites fantaisistes contre Moïse KATUMBI
soient purement et simplement abandonnées, qu’on le laisse rentrer
librement au pays pour qu’il puisse être le Candidat de « ENSEMBLE
pour le changement» à l’élection du 23 décembre 2018. Seul l’avenir
des Congolaises et des Congolais le préoccupe.
Ce climat de terreur et de violence croissante constitue une lourde
menace non seulement pour l’organisation des élections libres,
crédibles, transparentes et apaisées, mais aussi pour la paix dans
notre pays et dans la Région. Nous exigeons que tous les prisonniers
politiques soient libérés et que cessent le harcèlement des forces
politiques de l’opposition.

2. Concernant l’audit du fichier électoral
Nous ne reviendrons pas sur toutes les erreurs graves qui ont été
relevées par la mission d’audit conduite par l’ O.I.F d’autant plus
que les forces politiques de .’ l’opposition les avaient déjà
dénoncées bien avant. Pour cela, nous exigeons que ces erreurs soient
corrigées, que les responsabilités soient dégagées et les coupables
volontaires ou non, soient sanctionnés. Raison pour laquelle, nous en
appelons à la responsabilité du Président KABILA, de considérer qu’il
est de son devoir, en tant que garant du bon fonctionnement des
institutions d’interpeller la CENI pour incompétence et négligence
graves. Nous l’interpellons également sur la responsabilité du
Gouvernement et de la CENI dans les troubles qui peuvent subvenir
suite aux erreurs planifiées, volontaires et bien organisées pendant
l’enrôlement pour corrompre le fichier électoral.

3. Concernant la machine à voter
L’entêtement à vouloir imposer la « machine à voter» qui n’est rien
d’autre qu’un «vote électronique, une technologie décriée par tous les
partenaires y compris son  pays de fabrication, la République de Corée
du Sud, cache à peine les mauvaises intentions du pouvoir en place,
pour qui, le détournement des votes deviendrait désormais aisé. Cette
technologie n’a d’ailleurs plus de raison d’être d’autant plus que le
principe du seuil et du paiement de la caution lors du dépôt des
candidatures retenu dans la loi électorale, a résolu le problème de
bulletins kilométriques et volumineux par le regroupement des partis
politiques tout en impactant positivement sur le budget des élections.

4. Concernant l’éventuel 3ème mandat du Président Kabila
Toutes les rumeurs et déclarations sur l’éventuelle candidature du
Président Kabila aux prochaines élections ne font qu’aggraver un
environnement politique déjà insoutenable. Le président de la
République ne peut pas continuer à feindre d’ignorer une situation qui
ne fait que se détériorer chaque jour d’avantage. Il est de son
devoir, en tant que garant de l’ordre public, d’y mettre un terme en
déclarant solennellement, comme plusieurs organisations nationales et
internationales n’ont cessé de la lui demander, qu’il ne se
représentera pas pour une 3ème fois. Ainsi, nous lançons un appel
solennel à la conscience et à la responsabilité personnelle du
Président de la République, que par action ou par omission, se trouve
être au centre de la crise actuelle. Nous attirons sa particulière
attention sur sa responsabilité première dans la situation que
traverse notre pays. Il ne gagne rien en gardant le silence face à la
crise qui s’accentue chaque jour davantage,

5. Concernant la Cour Constitutionnelle
Cette Cour est prévue par la Constitution comme l’organe compétent
pour la gestion du contentieux des candidatures et du résultat de vote
pour les élections présidentielle et législatives nationales. A cet
effet, elle peut, en dernier ressort, invalider des candidatures et
rectifier les résultats de vote.
Malheureusement, en référence à certaines décisions iniques
intervenues dans le cadre du processus électorat, cette haute Cour a
administré la preuve de son instrumentalisation par le régime Kabila,
comme le témoignent ses arrêts autorisant respectivement la nomination
des Gouverneurs de province (Commissaires Spéciaux) (septembre 2015)
et la prorogation de fait du mandat du Président de la République
(octobre 2016), rendus en violation flagrante de la Constitution, de
sa loi organique et son règlement intérieur.

6. Concernant la crise sociale (Etudiants, Enseignants,
fonctionnaires, chauffeurs, médecins)
La banalisation de la détresse du Peuple congolais,
l’irresponsabilité, l’inconscience et le cynisme criminels des
autorités congolaises qui, pour des raisons fallacieuses, ont même
refusé de participer à la Conférence des donateurs humanitaires à
Genève, nous interpellent tous. La situation sociale se détériore au
jour le jour, notamment avec le blocage du SMIG, des grèves à
répétition d s médecins, des chauffeurs de taxis et de taxis-bus, des
anomalies dans la paie des fonctionnaires, des frais exorbitants
imposés par le ministère de l’Education et les provinces pour la
participation aux examens d’état et au TENAFEP, qui violent le
principe de la gratuité de l’enseignement primaire. Cette situation
sociale plonge une majeure partie de la population dans la précarité
la plus abjecte.

7. Concernant le calendrier électoral
Pour notre plate-forme « Ensemble pour le Changement », cette
situation exige que l’on aille le plus rapidement possible aux
élections afin de doter le pays des institutions légitimes et stables
pour que le peuple congolais se mette enfin au travail, afin de
produire les richesses et combattre la pauvreté.
C’est ainsi que nous invitons nos amis de la Majorité à la lucidité,
à la retenue, à la sagesse et au bon sens, car les problèmes de ce
pays ne vont pas se résoudre par la violence ni par la haine. Ils ne
se résoudront pas, non plus, par l’exclusion de certains de ces
enfants à participer aux prochaines élections sur base des prétextes
fallacieux fabriqués dans des officines politiques obscures.
Nonobstant tout ce qui a été planifié par la Majorité au pouvoir pour
biaiser le processus électoral, le peuple congolais ne tolérera plus
aucun report; le 23 décembre 2018 prévue pour des élections combinées
(présidentielle, législatives et provinciales est une date ultime pour
tous et ne doit plus être dépassée quelles qu’en soient les
circonstances.
. Je vous remercie
Kinshasa, le 04 juin 2018
Pierre LUMB! OKONGO

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •