A cause de l’insécurité persistante à l’Est et au Centre : la Ceni assurée du glissement technique

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Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI
Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI

A l’instar des institutions politiques à mandats électifs à tous les niveaux de la République, tout porte à croire que la CENI qui est pourtant une institution d’appui à la démocratie va probablement bénéficier aussi d’un glissement d’on ne sait quelle durée. A moins
d’un événement miraculeux, l’insécurité qui prévaut à travers les territoires de l’Est et du Centre de la République ne pourra plus assurer aux agents de la CENI l’occasion de démarrer et de poursuivre les opérations de recensement des électeurs en vue de programmer le
calendrier de ces échéances tant attendues par toute la Nation congolaise et les partenaires du pays.

Ce que l’on craignait risque de se reproduire au regard de la persistance de ces foyers d’insécurité qui ne font que se consolider de plus en plus dans le grand Kasaï et l’ex-Kivu, sans oublier la situation déplorable qui prévaut dans certaines parties du Nord Est de
l’ex-province du Katanga. Il ne se passe plus une semaine sans que l’on apprenne que des éléments incontrôlés ont attaqué telle ou telle localité de l’une ou l’autre province du Centre ou de l’Est de la République, causant des massacres des populations civiles non armées,
des pillages, des destructions méchantes avec comme effets immédiats des déplacements massifs de nos compatriotes vers les forêts avoisinantes ou des Etats voisins.
La Ceni qui était assurée d’atteindre le nombre d’au moins 43
millions d’électeurs enrôlés au plus tard le 31 juillet prochain
semble en voie de revoir ses calculs prévisionnels à la baisse. Car,
selon tous les spécialistes, au regard des menaces qui pèsent sur
terrain les éléments de cet organisme d’appui à la démocratie, sans un
climat de paix et de sécurité dans ces différentes provinces
aujourd’hui en proie à des affrontements armés entre les forces de la
sécurité publique et des miliciens d’on ne sait quelle obédience, les
opérations d’enrôlement et de la révision du fichier électoral ne
peuvent pas s’effectuer dans la sérénité et la sécurité tant pour les
éléments de cet organe que les populations concernées.
Ce sera dommage pour tous les efforts inlassables fournis par le
gouvernement, la Ceni sans oublier les formations politiques, les
organisations de la société civile ainsi que les organisations
confessionnelles et pourquoi pas les partenaires extérieurs pour
atteindre à ce jour le nombre des 22 millions d’électeurs déjà
enrôlés. Tout allait pour le mieux jusqu’à cette alerte lancée hier
par Corneille Nangaa, président de la Ceni, aux parlementaires du
Grand Kasaï. Face à l’insécurité grandissante qui prévaut dans les
quatre provinces du Grand Kasaï,  à savoir le Kasaï, le Kasaï Central,
le Kasaï Oriental et le Lomami, Corneille Nangaa s’est efforcé de
faire comprendre à ses interlocuteurs que sans le retour de la paix et
de la sécurité dans cette partie de la République, les opérations
d’enrôlement ne peuvent pas se dérouler normalement. D’où leur arrêt
en attendant de voir la situation revenir à la normale. Que des
matériels et centres  électoraux détruits, que des éléments de la Ceni
assassinés, que des populations massacrées et réfugiées dans les
forêts, s’est-il exclamé.
En d’autres termes, sans le vouloir, la Ceni vient de décréter un
arrêt de toutes les opérations électorales sur toute l’étendue du
territoire national dès lors que l’on ne pourra plus effectuer la
révision du fichier électoral au cas où quatre provinces du Centre et
d’autres de l’Est suspendent le déroulement des opérations
d’enrôlement des électeurs. La menace vaut son pesant d’or même si
elle met la République dans une situation sociopolitique explosive.
Aux conséquences indicibles et imprévisibles du fait de la tension qui
est déjà au zénith, essentiellement au lendemain de l’avènement de
Bruno Tshibala Nhenzhe au détriment du délégué dûment désigné et
présenté par la plate-forme dite le Rassemblement de l’Opposition
Politique, véritable représentant officiel de la famille et
co-négociateur signataire de l’Accord de la Cenco.
Bien malin celui qui pourra prédire la position de la communauté
internationale face à ce deuxième glissement de la période de
transition dont la durée dépendra de la bonne volonté de ceux qui la
dirigent envers et contre tout. Aux calendes grecques, les élections
pour cette année !

F.M.

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