80 ans du Manifeste de Brazzaville :la part du Congo belge dans la libération de la France

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Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo, a donné hier mardi 27 octobre 2020 au Palais des Congrès, le coup d’envoi des manifestations marquant le 80me anniversaire du « Manifeste de Brazzaville », ce document porteur de la décision du général de Gaulle, annoncée le 27 octobre 1940, de faire de la capitale congolaise l’épicentre de la résistance à l’occupation de la France par l’Allemagne d’Adolf Hitler. Il était prévu, en marge de cette commémoration, la tenue d’un colloque portant sur le thème « De Gaulle et Brazzaville, une histoire partagée entre la France, l’Afrique et le Congo ».

            C’est dans le cadre de ce forum que le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, arrivé à Brazzaville le lundi 26 octobre, a fait une communication en présence de ses homologues Denis Sassou Nguesso du Congo/Brazza, Idriss Deby du Tchad et Faustin Archange Touadera de la République Centrafricaine ainsi que des premiers ministres du Gabon et du Cameroun et du ministre français de l’Europe et des Affaires Etrangères.

            Après avoir salué la haute portée politique du Manifeste de Brazzaville, la ferme volonté du général de Gaulle et des résistants français comme africains de libérer la France du joug allemand, il a souligné les sacrifices énormes consentis par des combattants africains, dont ceux du Congo belge, pour pousser les Alliés vers la victoire. Les soldats congolais, a-t-il indiqué, se sont retrouvés sur plusieurs fronts en Afrique et au Moyen-Orient, où leur bravoure était mondialement reconnue.

            Dans sa restitution de cette page d’histoire de la Deuxième Guerre Mondiale, le Chef de l’Etat de la RDC a tenu à relever qu’après l’appel du 27 octobre 1940, à Brazzaville, qui prolongeait son célèbre appel à la résistance, lancé depuis Londres, le 18 juin 1940, le Général de Gaulle avait traversé le fleuve Congo, le même jour, pour réitérer le même appel à partir de la radio de Léopoldville (Kinshasa). Ces deux appels à la résistance, a-t-il noté, avaient eu le mérite de galvaniser Européens comme Africains dans les combats de libération de la France.

            Une fois la victoire des « Alliés » sur les envahisseurs allemands acquise, a relevé Félix Antoine Tshisekedi, il restait le combat de la décolonisation de l’Afrique, lequel allait prendre 20 ans pour déboucher sur les indépendances de la quasi-totalité des Etats du continent. Toujours dans ses rappels historiques, le Président de la RDC a cité le prophète Simon Kimbangu comme un des précurseurs, dès 1921, du processus de libération du Congo belge et de l’Afrique.

            S’agissant particulièrement du Congo Belge, il a retenu l’année 1956 et la publication du Plan du professeur belge Van Bilsen sur l’émancipation de cette colonie sur une période de 30 ans, sans une perspective claire de cheminement vers l’indépendance comme les détonateur de l’éveil des Congolais. Ce flou politique avait suscité, comme réaction chez les patriotes congolaise, la publication du « Manifeste de Conscience Africaine » signé par l’abbé Joseph Albert Malula, et deux laïcs, Ngalula et Nguvulu et d’un pamphlet intitulé « Réponse au Manifeste de Conscience Africaine », signé Abako (Alliance des Bakongo), dont l’éminence grise était Joseph Kasa-Vubu, dans lequel il était exigé l’indépendance immédiate du Congo belge. Les événements allaient s’accélérer, au point qu’une Table ronde était organisée à Bruxelles en janvier-février 1960, en vue de déterminer les modalités d’accession du Congo à l’indépendance.

            Une fois ce tableau peint, le Président de la RDC a tenu à souligner que 80 ans après le Manifeste de Brazzaville, le combat pour la liberté reste toujours d’actualité. C’est dans ce contexte qu’il a attiré l’attention de l’ensemble de l’Afrique sur le terrorisme multiforme (religieux, économique) qui touche le continent et bloque son développement.

            Parlant du cas spécifique de son pays, Félix Antoine Tshisekedi a fait état d’un terrorisme aveugle qui s’abat sur sa partie Est, avec la présence des bandes armées qui pillent, tuent, violent les femmes et les filles, détruisent les infrastructures, etc. Un seul pays, a-t-il indiqué, n’a pas les moyens militaires et financiers de faire face à ce type de terrorisme. D’où son appel à la solidarité et à l’engagement de l’Afrique, aux côtés de la RDC, pour conjuguer des efforts en vue de vaincre ce fléau. L’avenir des millions d’enfants du Congo est à ce prix.                         

                                   Kimp

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