60 ans d’indépendance :que va dire le Chef de l’Etat ?

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En cette période d’état d’urgence et de crise sociale et sanitaire liés au coronavirus, mais aussi des turbulences politiques entre CACH (Cap pour le Changement) et FCC (Front Commun pour le Congo) et des feuilletons judiciaires en rapport avec son programme de 100 jours, quel message le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, va-t-il donner à la Nation, à l’occasion du 60me anniversaire de l’indépendance du pays ? En effet, ce mardi 30 juin 2020 va marquer les 60 ans d’existence de la République Démocratique du Congo comme Etat souverain, dont le cordon ombilical avec la métropole, à savoir la Belgique, était coupé le 30 juin 1960.

Les noms de trois acteurs principaux remontent machinalement à l’esprit chaque fois qu’intervient l’échéance du 30 juin : le Roi Baudouin 1er, le Président Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Emery Lumumba. Si les deux premiers, conformément aux normes protocolaires, avaient fait des discours allant dans le sens de l’oubli des points sombres du passé commun entre la Belgique et sa colonie, pour se focaliser sur les perspectives de renforcement de l’amitié belgo-congolaise, le troisième, intervenant en électron libre, s’était livré à un déballage contre les méfaits de la colonisation, installant un grave malaise entre officiels belges et congolais, plantant du coup le décor d’une cohabitation postcoloniale conflictuelle.

60 ans après, tout en reconnaissant le bien-fondé du combat des pères de l’indépendance, force est de constater que le Congo avait pris un mauvais départ, d’abord avec les sécessions du Katanga et du Sud-Kasaï, puis les conflits de compétences entre le Président Kasa-Vubu et Lumumba, sanctionnés par le « coup d’Etat » du colonel Mobutu le 14 septembre 1960, l’assassinat du Premier ministre Lumumba en janvier 1961, les rébellions de Mulele, Gizenga, Gbenye et Soumialot entre 1963 et 1964, l’instabilité des institutions centrales et provinciales, avant que Mobutu ne sifflet, à sa manière, la fin de la « récréation », par un second « coup d’Etat », le 24 novembre 1965.

60 ans après, des millions de Congolaises et Congolais continuent à s’interroger sur le gâchis des chances de développement du pays, à cause de sa mauvaise gouvernance par ses propres filles et fils, de la succession des pouvoirs dictatoriaux entre 1965 et 2018, de l’absence d’un Etat de droit.

Les défis de Fatshi

Lors de son investiture, le 24 janvier 2019, Félix Antoine Tshisekedi, cinquième Président de la République après Joseph-Désiré Mobutu (devenu Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga par la magie du recours à l’Authenticité), Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila Kabange, a pris l’engagement de bâtir un nouveau Congo, avec le concours de tous, un Congo uni, pacifié et prospère, où tous les citoyens seraient égaux devant la loi, où la pauvreté, la faim, le chômage, les violations des droits humains devraient appartenir à jamais au passé.

Ce 30 juin 2020, soit une année et demi après son accession au pouvoir, la présentation d’un état des lieux général aux plans sanitaire, sécuritaire, politique, économique et social pourraient intéresser un grand nombre de ses concitoyens.

Beaucoup aimeraient en effet savoir ce que leur réserve l’avenir immédiat, au moment où la Covid-19 bat encore son plein, en termes de perspectives de paix, de création d’emplois, de projets d’investissements, de reprises des activités dans les secteurs encore en veilleuse comme celui de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, ou encore ceux des cultes religieux, des spectacles, des compétitions sportives, etc.

            En clair, la communauté nationale veut se rassurer que le pays dispose encore des ressources internes suffisantes, aux plans financier, économique, agricole, industriel pour faire face aux effets néfastes de la Covid-19 et rebondir, sans trop de dégâts, quand cette pandémie sera totalement vaincue.

            Sur un autre registre, il y a tellement des couacs entre Cach et FCC au Gouvernement, au Parlement ainsi que dans le secteur de la justice que l’opinion nationale serait curieuse d’avoir la lecture personnelle du Chef de l’Etat sur des situations qui paraissent avoir consacré, entre les deux plates-formes « informelles » au pouvoir, une rupture qui ne dit pas son nom. Beaucoup se demandent jusqu’à quand Félix Antoine Tshisekedi, garant des institutions de la République, va continuer à encaisser des attaques, manifestement, à visages découverts, des francs tireurs du FCC sur sa personne ?

            La cohabitation agitée entre la famille politique du Chef de l’Etat et son prédécesseur commence à agacer, au point que certains compatriotes se demandent si l’éclatement de la coalition FCC-CACH ne constituerait pas la voie de la « libération » pour Félix Tshisekedi , jusque-là prisonnier d’une coalition qui ne semble pas rouler pour la réussite de son programme d’actions présenté au « peuple » le 24 janvier 2019 et qu’est censé exécuter le gouvernement conduit par le Premier ministre Ilunga Ilunkamba.Kimp

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