5ème Sommet de la CIRGL : Luanda : les attentes des Congolais

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images (20)C’est aujourd’hui, mercredi 15 janvier 2014, que va s’ouvrir la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement des pays de la région des Grands Lacs africains au Centre de Conventions de Talatona à Luanda(Angola), en marge du 5ème Sommet de la Conférence Internationale des pays de la Région des Grands-Lacs(CIRGL). Y prennent les 12 pays membres de la CIRGL, dont l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, le Congo, la République démocratique du Congo, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan, le Sud-Soudan, la Tanzanie et la Zambie.
 A l’issue de cette session ouverte 10 janvier 2014, croit-on savoir, la République de l’Angola va succéder à l’Ouganda à la présidence de la CIRGL pour une période de deux ans. Autour du thème « Nous devons promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs », la session de Luanda s’est ouverte par la réunion des chefs d’état-major et des chefs des services de  renseignements des 12 pays membres, suivie de la réunion du Comité interministériel régional, le mardi 14 janvier.
A en croire certains analystes, il se présente de meilleures perspectives de serein débat de la question de la paix au cours de ce 5ème Sommet, contrairement aux précédentes rencontres, particulièrement celle de Kampala au regard du double jeu  du pays d’accueil, l’Ouganda, a compliqué la gestion de la crise de la guerre à l’Est de la RDC.
 Le Congo d’abord…
         Sans anticiper sur les résolutions qui seront prises par les Chefs d’Etat des pays membres de la CIRGL, des nombreux analystes notent que la crise en RDC sera, une fois de plus, prioritairement inscrite au centre des discussions.
         En effet, il appert que Luanda offre, non seulement, l’opportunité d’évaluer le niveau d’exécution de l’Accord d’Addis-Abeba, mais surtout de faire l’estimation des résultats des pourparlers de Kampala qui ont abouti aux «déclarations» de Nairobi, signées par les principaux protagonistes de la crise congolaise, le M23 et le gouvernement de Kinshasa.
         Avec ses principes clairement définis tels que la non ingérence dans les affaires intérieures des pays membres, le refus de coopérer à la déstabilisation des pays voisins, etc. l’accord-cadre est considéré comme la meilleure chance de réaliser une paix durable dans la région des Grands-Lacs. D’où la volonté exprimée par toutes les parties prenantes, y compris l’Onu, de voir sa mise en œuvre rapide.
         Cependant, face à la duplicité de certains pays membres, particulièrement le Rwanda et l’Ouganda, des interrogations et des doutes persistent sur la capacité de la CIRGL d’agir vis-à-vis de Kigali et son compère Kampala, dont les soutiens aux groupes rebelles sont notoirement connus et dévoilés par les experts onusiens. D’où se demande-t-on, de quels moyens dispose la CIRGL pour ramener les Chefs d’Etat belliqueux à la raison ?
         Somme toute, malgré les progrès déjà réalisés en RDC, il est crucial d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération, afin d’obtenir un impact maximum.
         Dans un autre registre, les Congolais espèrent que cette conférence aura un impact sur les conflits frontaliers et les zones d’intérêts communs congolo-angolais. Par-dessus-tout, ils souhaitent vivement que la prochaine présidence de l’Angola change sa considération envers les Congolais, régulièrement refoulés des terres angolaises dans des conditions infrahumaines !
         Il convient de noter que le Sommet de Luanda connaitra aussi la participation de l’Envoyée spéciale du secrétaire général des Nations-Unies dans la région des Grands-Lacs, Mary Robinson. Dans un communiqué officiel rendu public, le lundi 13 janvier 2014, celle-ci a souligné qu’il est temps de « travailler à une plus grande intégration économique, y compris par des accords pour mettre en œuvre les projets économiques transfrontaliers ». Concrètement, elle a précisé la nécessité d’aborder le volet économique de l’Accord-cadre, afin de faire profiter les dividendes de la paix au peuple congolais.
         Elle a enfin ajouté qu’elle prévoyait d’organiser un forum régional sur l’investissement du secteur privé au cours de la première moitié de l’année 2014.
         Rappelons que la création de la CIRGL résulte de la reconnaissance de la dimension régionale de multiples conflits armés et de la nécessité d’un effort concerté en vue de promouvoir la paix dans la région. Ces pays avaient signé, en février 2012 à Addis-Abeba (Ethiopie), un accord pour restaurer la paix dans l’est de la RDC et dans toute la région.
Tshieke Bukasa
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