50 ans d’Indépendance «cha cha cha» : quelle est la part de la participation citoyenne ?

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LIMINAIRES

 

              Au moment où tous les regards sont tournés vers la célébration du jubilé d’or République Démocratique du Congo (RDC), 50 ans d’indépendance, il est opportun que nous puissions faire un stop afin de faire un bilan. Faut-il réellement fêter 50 ans d’échec et d’autodestruction ou carrément méditer afin d’un possible décollage et/ou construction ?

 

              La population a été meurtrie et continue de l’être et tout le monde clame parler au nom du Peuple. Si tel était réellement le cas, ce peuple serait-il encore clochardisé ? Il semble que cela est fait à dessein pour le rendre inoffensif et dominé. L’on serait même tenté de dire que c’est la pure application du brocard « Ventre affamé n’a point d’oreilles ».

 

              La conséquence est que le peuple se désintéresse de la politique et subit. Il est mis dans une situation de nécessiteux et ne s’aperçoit pas que cela est fait à dessein pour qu’ à la veille des élections, il lui soit donné des « mesurettes » de farine, pagnes, polos et autres promesses chimériques.

              Naïf, passif, innocent, de bonne foi, pensant que cette fois, il cessera de broyer le noir quotidien, il donnera sa voix et ça sera la fin de ses rêves car, il ne peut plus contrôler à proprement parler l’élu ! À la moindre menace, l’élu rétorque que son mandat n’est pas impératif et le peuple rentre tout bonnement dans sa chaumière, sans voix, sans espoir et maudissant le jour qu’il est venu au monde.

              Mais à la grande question : « Tire-t-il leçon de tout cela ? », la réponse est NON car, il cède encore aux sollicitations de certains « politicailleurs » jusqu’à un degré de fanatisme aveugle. Les cas de l’Assemblée provinciale du Katanga avec le tabassage de quatre députés en janvier 2010 et le tout récent survenu à l’Assemblée nationale en date du 19 mai 2010 suite à une motion de censure contre le Premier ministre et son gouvernement qui a connu l’immixtion d’une frange des partisans pour empêcher la tenue de cette séance sont éloquents. L’on ne se tromperait pas en affirmant que le peuple est considéré comme le bouclier et/ou marche-pied des « politicaillons ».

 

LE PEUPLE DOIT S’INSPIRER DE LA LEGENDE DU COLIBRI

 

              50 ans après l’indépendance, il sied de réfléchir sur le rôle et/ou l’action du peuple qui en principe a une place au soleil au regard de la Constitution de la RDC. Mais, remplit-il effectivement son rôle ? Cela doit interpeller tout le monde !

              Au demeurant, notons simplement que nous devons nous inspirer de la légende du Colibri. En effet, un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : «Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu?» Le colibri répondit alors : «Je sais, mais je fais ma part.»La légende raconte que chaque animal se sentit concerné, que chacun à sa manière fit sa part, et que la forêt fut sauvée.

              Leçon de cette légende: Face à un problème, un désastre qui nous dépasse par son ampleur, ce qui forcément est source d’impuissance, la seule solution est que chacun fasse ce qui lui est possible de faire, à son niveau. Il est donc nécessaire dans un premier temps de se réapproprier notre pouvoir d’action et pour cela d’en déterminer clairement les limites. De ce pouvoir d’action découle notre part de responsabilité. La multiplication des efforts personnels et leur orientation commune vers la réalisation d’un même objectif, permet de concrétiser des

actions d’une ampleur supérieure à l’action d’une seule personne. Qu’il plaise donc à nous tous de nous inspirer de cette sagesse du colibri en contribuant à l’essor de la démocratie, de la paix et de la reconstruction de la RDC.

Voilà notre part et notre rôle !

  

Maître YAV KATSHUNG JOSEPH est Professeur à la Faculté de Droit de l’Université de Lubumbashi en RDC et Avocat au Barreau de Lubumbashi

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