5 chantiers à Kin : vacances ou abandon ?

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     L’inquiétude ne fait que s’amplifier chez les Kinoises et Kinois, trois semaines après les festivités grandioses ayant marqué le Cinquantenaire du pays. L’agitation tient essentiellement au fait que toutes les activités se sont brutalement arrêtées sur pratiquement tous les chantiers au lendemain de cet événement historique. Les hommes et les engins ont disparu du boulevard du 30 juin au centre de la ville, du boulevard Lumumba à Limete, de l’avenue Mulele (ex-24 Novembre) entre la Cathédrale du Centenaire et le rond-point Moulaert, etc.

    Le syndrome des chantiers inachevés, dont Le Phare a fait état il y a une semaine, semble se confirmer. Les maîtres d’ouvrage, les entrepreneurs et leurs ouvriers s’étant retirés sans laisser le moindre message aux usagers de la route, l’on se demande s’ils sont partis en vacances ou s’ils ont plié bagages, sans crier gare. Tout dernièrement, chacun a cru que le défilé d’engins lourds organisé par le groupe d’entreprises chinoises sur les principales artères de la ville était annonciateur du redémarrage, à 100 Km à l’heure, des travaux d’aménagement et de réhabilitation de la voirie urbaine.

 

    Hélas, sur le boulevard du 30 Juin, « l’entonnoir » du rond-point Socimat continue de jouer pleinement son rôle de goulot d’étranglement du trafic automobile, singulièrement aux heures de pointe. L’éclairage public, sur la même artère, reste approximative à la tombée de la nuit, ce qui représente un risque permanent d’accident entre automobilistes et entre ceux-ci et les piétons.

    Dans le secteur du rond-point Moulaert, l’abandon de bandes inachevées, dont les caillasses s’envolent à tout vent, gênent considérablement les conducteurs et occasionnent régulièrement des embouteillages.

    Mais, c’est le boulevard Lumumba qui passe pour la voie la plus problématique, entre l’Echangeur de Limete et le quartier Funa. Non seulement la vieille route est restée en l’état, mais en plus la suppression des terre-pleins met les usagers de la route, à pied comme au volant, dans l’insécurité totale. Les montagnes de terre noire et de caillasses, que certains assimilent ironiquement aux pyramides d’Egypte, poussent plus d’un habitant de cette ville au désespoir.

    Beaucoup doutent sérieusement de la capacité des financiers et des exécuteurs des 5 chantiers à Kinshasa à moderniser le boulevard Lumumba, conformément aux images que véhiculent les panneaux géants de publicité plantés ça et là. Les petits « boulevards » offrent au public le spectacle désolant de leurs caillasses en désordre et des caniveaux inachevés. La bretelle qui a causé l’éventrement de la concession de la Fikin a eu du mal à être connectée à un pont neuf, au niveau de la 1ère Rue. Celle qui traverse Limete « industriel » attend encore son pont.

 

Bientôt les pluies

 

    Tout ce que les Kinoises et Kinois craignent, c’est le retour des pluies. Dans plus ou moins un mois, les intempéries seront de retour. Compte tenu de la précarité des caniveaux ou de leur absence, la circulation automobile risque d’être complètement paralysée du côté de Limete et de Bandalungwa. Le pire est même à venir pour le boulevard Lumumba, sur lequel rien ou presque n’a été fait en termes de travaux de modernisation. Quand on pense à la constellation d’écoles qu’héberge Limete et à son rôle de passage obligé des résidents de Kin-Est vers le centre de la ville, il y a lieu de ne pas dormir tranquille.

    La population de la capitale attend un signal fort de la part des architectes des 5 chantiers, pour savoir si ceux-ci sont toujours d’actualité ou s’il faut les mettre entre parenthèses, sinon les verser dans l’annuaire des musées de la ville, comme l’Echangeur de Limete.

Kimp

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