30 juin : arrêter le gâchis financier !

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La République Démocratique du Congo vit, depuis l’année 2006, une expérience louable consistant en la célébration tournante de la fête nationale à travers les chefs-lieux des provinces du pays. Kananga le 30 juin 2008, Goma le 30 juin 2009 et Kinshasa le 30 juin 2010 sont les villes déjà hôtes de trois fêtes de l’indépendance nationale. Selon les informations en circulation dans les salons politiques de Kinshasa, les manifestations du 30 juin 2011, marquant le 51me anniversaire de l’accession du pays à l’indépendance, seraient organisées à Lubumbashi, dans la province du Katanga.

Depuis trois ans, les budgets colossaux réservés aux festivités du 30 juin suscitent la polémique dans l’opinion congolaise, notamment au sein de la classe politique. Pour d’aucuns, le pays se livre à un terrible gaspillage des fonds susceptibles de contribuer au financement des projets à impact immédiat dans les secteurs des infrastructures, de la santé, de l’industrie, de l’éducation, l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, des transports, de l’eau potable, de l’électricité, etc. Aussi en appellent-ils de tous leurs vœux à la fin du cycle du gâchis. Des extrémistes vont jusqu’à suggérer aux gouvernants congolais de placer la fête nationale sous le sceau de la méditation, ce qui permettrait au Trésor public de réaliser des économies en monnaie locale comme en devises fortes.

Le Gabon et le Congo/Brazza ont montré la voie

Compte tenu de sa charge émotive et de son importance historique, la date du 30 Juin ne saurait être passée sous silence. Pour nombre d’observateurs, l’initiative prise par le Chef de l’Etat de délocaliser la fête nationale et de la porter annuellement aux quatre coins du pays mérite d’être améliorée. A cet effet, ils renvoient les différents comités d’organisation de ce type de festivités aux expériences du Gabon et du Congo/Brazza.

Dans ces deux pays d’Afrique centrale en effet, les fonds débloqués à l’occasion de leur fête nationale laissent des traces indélébiles dans les villes d’accueil. C’est le prétexte tout indiqué pour la construction de nouveaux ports et aéroports, d’autoroutes, de stades, de nouveaux bâtiments administratifs et hôteliers,  de nouveaux hôpitaux, de nouvelles écoles, d’universités, des barrages hydroélectriques, des usines de captage et de traitement d’eau potable, des marchés ultra-modernes, etc.
Au-delà des réjouissances, les villes hôtes des fêtes nationales sont modernisées, désenclavées, rendues économiquement et industriellement plus viables qu’avant.  A ces jours, les populations de plusieurs villes des provinces du Gabon et du Congo/Brazza n’ont plus rien à envier à celles de Libreville et Brazzaville.

Kananga, Goma, Kinshasa : la grande déception !

En République Démocratique du Congo, rien ou presque n’a changé  Kananga, Goma et Kinshasa au lendemain de la fête du 30 juin. Les rares routes réfectionnées il y a quatre ou trois ans sont redevenues impraticables. Les aéroports et ports ont conservé leur vieille robe. Le transport en commun est resté une affaire de gladiateurs. Aucun nouveau barrage n’a été construit, ni une nouvelle station de traitement d’eau.

Kinshasa la capitale, où le Cinquantenaire avait suscité beaucoup d’espoirs, n’a eu pour maigre bénéfice qu’un boulevard du 30 juin inachevé au 30 juin 2010 et un boulevard Lumumba non réaménagé. C’est une année après que certaines artères sont entrées dans les travaux de finissage. Quant au boulevard Lumumba et à l’avenue Sendwe, l’on croit savoir que leurs travaux d’achèvement sont renvoyés à la prochaine législature.
Une délégation sportive Burkinabé de passage dernièrement à Kinshasa avait émis un verdict sévère mais juste : notre capitale méritait son statut de ville la ” plus sale du monde “.

S’agissant justement de futurs gestionnaires du pays à sortir par les urnes, ils devraient tirer les leçons du gâchis actuel pour faire de la fête nationale une rampe de lancement de villes réellement modernes à travers le pays. Fêter, c’est bien… mais matérialiser effectivement les 5 chantiers, c’est mieux.

Kimp

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