25 octobre à la Cour Constitutionnelle : Bukanga-Lonzo, enfin le procès de Matata Ponyo

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Après avoir fait couler beaucoup d’encre et de salive dans sa phase préjuridictionnelle, suite aux tentatives de blocage de la procédure par le sénateur Matata et son panel d’avocats, au motif que les immunités du précité n’auraient pas été levées par le Sénat, et que, par ailleurs, son état de santé exigeait son évacuation sanitaire en dehors du pays, le procès Bukanga-Lonzo va enfin s’ouvrir le 25 octobre 2021 à la Cour Constitutionnelle. On rappelle que le Procureur général près cette haute Cour a levé l’option de la fixation du dossier, après avoir estimé que la décision du bureau du Sénat portant levée des immunités de ce parlementaire était valable non seulement pour le dossier de la Zaïrianisation mais aussi pour tous ceux où seraient impliqués l’ancien Premier ministre.

            En clair, il n’était plus nécessaire d’introduire, auprès du Sénat, autant de requêtes pour autant d’affaires susceptibles de donner lieu aux poursuites judiciaires contre sa personne.

            S’agissant du dossier du Parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, il y a lieu de rappeler que selon le rapport d’audit de l’IGF (Inspection Générale des Finances), Augustin Matata Ponyo devrait justifier un gap de plus de 205 millions de dollars américains sur les 285 millions de dollars américains sortis des caisses de l’Etat en 2014 pour son financement. Bien qu’il ne cesse de soutenir n’être mêlé ni de loin, ni de près, dans la gestion des fonds liés à la mise en œuvre du projet, mettant tout sur le compte des ministres sectoriels, on laisse entendre que les dépositions des concernés à l’IGF démontreraient plutôt le contraire.

            A en croire des sources proches du dossier de Bukanga-Lonzo, l’ancien ministre de l’Agriculture, Jean-Chrysostome Vahamwiti, et son ancienne collègue du Portefeuille,  Louise Munga, aujourd’hui députés nationaux, ont lourdement chargé leur ancien chef de gouvernement au niveau de ce service. Ils ont notamment soutenu que Matata avait piloté, tout seul, le projet du Parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, faisant des pressions sur les ministres et autres hauts fonctionnaires susceptibles de le faire aboutir en urgence et distribuant des injonctions à la ronde dans le choix de la firme sud-africaine Africom comme interface du gouvernement congolais.

            Aucun d’eux ne se reconnaît responsable de la sortie ou de l’utilisation des fonds, ainsi que dans la surfacturation des équipements. Selon leur ligne de défense, c’est à Matata et Matata seul d’expliquer à la justice les tripatouillages des millions de dollars américains partis en fumée dans le cadre du projet du Parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo.

            Nombre d’observateurs voient, dans le dossier judiciaire d’Augustin Matata Ponyo, des similitudes avec celui de l’ancien Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Vital Kamerhe, aujourd’hui en séjour à la Prison Centrale de Makala où il est occupé à purger 15 années de prison, dont une déjà consommée.                       LP

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