24ème réunion du Comité Régional sur les ressources naturelles : la ministre des Mines inquiète de la mise en oeuvre à géométrie variable des 6 outils de l’IRRN

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Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, sous la vision et le leadership de Son Excellence Monsieur Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, Chef de l’Etat, et sous la conduite de Son Excellence Monsieur Jean-Michel SAMA LUKONDE, Premier Ministre et Chef du Gouvernement, a le réel plaisir, à travers ma modeste personne, de vous souhaiter la bienvenue dans ce merveilleux cadre de l’Hôtel Pullman, érigé en plein cœur de la ville de Kinshasa, pour cette importante 24ème Réunion du Comité Régional sur les ressources naturelles.

Mesdames et Messieurs,

            Pour une petite histoire, depuis la signature de la Déclaration de                         Dar-Es-Salaam en Novembre 2004, les Chefs d’États et de Gouvernements de la CIRGL ont pris l’engagement de rationaliser la gestion judicieuse des ressources de la Région, à travers la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, contre la fraude et la contrebande minières, contre la corruption, ainsi que pour la promotion des principes de transparence et de l’obligation de rendre compte.

C’est pourquoi, lors du Sommet spécial organisé le 15 novembre 2010 à Lusaka, en Zambie sur l’Initiative régionale de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles (IRRN) de la CIRGL, six outils ont été adoptés par les Chefs d’États et de Gouvernements de la Région.

C’est également, à travers ce Sommet que les Chefs d’État et de Gouvernements ont, non seulement entériné le guide de l’OCDE sur le devoir de diligence pour une chaîne d’approvisionnement responsable en minerais provenant des zones de conflit ou à haut risque, mais également lancé un appel aux multinationales du secteur minier, qui s’approvisionnent en « minerais de sang » dans la Région, de se conformer aux six outils de la CIRGL et au Guide de l’OCDE sur le devoir de diligence raisonnable.

            Lors du Sommet des Chefs d’États et de Gouvernements de la CIRGL, tenu à Luanda, en Angola, le 24 janvier 2014, la question liée à l’exploitation illégale des ressources naturelles est revenue avec acuité dans toutes les discussions. Les Chefs d’Etat et de Gouvernements ont recommandé l’accélération, par tous les États membres de la CIRGL, de la mise en œuvre des six outils de l’Initiative régionale de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles.

Mesdames et Messieurs,

            Le Gouvernement de mon pays se félicite de l’état d’avancement de la mise en œuvre de ces six (6) outils, ce qui concorde à tous égards avec la vision du Chef de l’Etat de la RDC à savoir: améliorer la bonne gouvernance du secteur minier, afin que ses retombées profitent davantage aux Congolais et contribuent à l’émergence d’une classe moyenne dans les zones d’exploitation minière.

            C’est dans cette optique que la RDC, par mon Ministère, s’emploie activement à domestiquer dans son arsenal juridique les différentes innovations proposées par la deuxième édition du MRC de la CIRGL. Il s’agit entre autres de la nouvelle notion du « Statut Bleu » des sites d’exploitation minière.

            Par ailleurs, toujours dans ses efforts de mettre en œuvre le MRC, la RDC voudrait également prioriser l’organisation des Marchés locaux sous forme des Centres de négoce en vue d’encourager les investisseurs à s’y approvisionner et en outre, d’encourager l’implantation des Entités de traitement locales.  

Au-delà de ces efforts, la préoccupation qui reste pendante pour la RDC mon pays est de savoir pourquoi une mise en œuvre à géométrie variable de six outils de l’IRRN, particulièrement du MRC  dans nos Etats membres. 

            A titre d’exemple, alors que pour certains Etats la maîtrise de la traçabilité des minerais concerne tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement et ce, du Puits d’extraction en passant par les Centres de négoces, les Comptoirs, les Entités de traitement, les exportateurs jusqu’aux consommateurs finaux, pour d’autres, la traçabilité débute au niveau des entités de traitement jusqu’aux mêmes consommateurs finaux. Et, pour d’autres encore, les exportations des minerais désignés (cassitérite, wolframite, coltan et or) se font sans aucun certificat CIRGL.

Mesdames et Messieurs,

            Mon vœu pour les travaux de la 24ème Réunion du Comité Régional sur les Ressources naturelles de la CIRGL est de voir ces genres de préoccupations, attirer votre attention, aux côtés des résultats poursuivis, notamment :

* la mise à jour sur l’état de mise en œuvre des feuilles de route nationales pour les six outils est faite et des recommandations sur la voie à suivre sont formulées,

* la mise à jour sur l’état de la mise en œuvre de l’Initiative Régionale de Lutte contre l’Exploitation Illégale des ressources naturelles, et des conseils sur la marche à suivre sont fournis

* le plan stratégique de mise en œuvre des recommandations de la 6e réunion des Ministres en charge des Mines est élaboré et adopté.

            Tout en vous souhaitant un fructueux travail, mon ministère et moi-même ne ménageront aucun effort pour vous accompagner dans cette lourde responsabilité en vue d’atteindre les résultats escomptés.

Ainsi dit,  je déclare ouverts les travaux de la 24è réunion du Comité Régional de la CIRGL sur les ressources naturelles.

Fait à Kinshasa,

le 25 Avril 2021

Antoinette N’SAMBA

KALAMBAYI

 Ministre des Mines de la RDC

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