Huileries, Triomphal, Bokassa, Itaga : spectacle désolant

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La forte pluie qui s’est abattue dans l’après-midi du samedi  05 mars, a provoqué des inondations monstres sur l’avenue des Huileries, plus précisément à sa jonction avec le boulevard Triomphal, dans le voisinage immédiat du Palais du peuple. Et les avenues Isoke, Itaga, à la hauteur du marché municipal Lufungula, dans la commune de Lingwala n’ont pas échappé à la furie des eaux. 

Cette même situation a été constatée au croisement des avenues Croix-Rouge, Luapula, Nyanza, Kitega, Commerce et Luambo Makiadi (ex-Bokasa).

Devant ces lacs artificiels, le seul moyen de locomotion pour les piétons était le transport à dos d’homme ou à bord d’un chariot,  moyennant quelques billets de banque.

Les véhicules étaient obligés d’emprunter d’autres avenues pour éviter de «se noyer» en attendant que le niveau des eaux baisse.  Les usagers de la route et les riverains de ces avenues assistent toujours impuissants à ce spectacle désolant à chaque pluie diluvienne qui s’abat dans la ville de Kinshasa.

       Les riverains de l’avenue des Huileries par exemple, imputent cette situation à l’étroitesse de la canalisation assurant l’évacuation des eaux de pluie. Et aussi le manque d’entretien de l’environnement qui bouche constamment le caniveau.

     Ne trouvant pas de passage, ces eaux finissent par envahir les parcelles et les avenues inondant bon nombre des maisons d’habitation. C’est le cas de l’avenue Isoke où les eaux de pluie arrivaient jusqu’au niveau des genoux, avec des risques d’électrocution d’énormes câbles électriques dénudés que compte cette avenue.  Conséquence : la circulation le long de ce tronçon a été perturbée, durant presque tout l’après-midi.

                Certains observateurs s’indignent de l’indifférence des services des voiries de la ville de Kinshasa. Bien que l’avenue des Huileries soit depuis des années submergée par les eaux de pluie, on ne pensent pas aux travaux de réfection de ce tronçon pendant la grande saison sèche.

     Sur l’avenue Bokasa terriblement, dégradée,  il était pratiquement impossible de poser les pieds par terre. L’on retrouve sur ce tronçon, des endroits qui sont en état de délabrement très avancé jusqu’à retrouver la couche de terre, après la nette désintégration de l’asphalte.

          Les passants tout comme les automobilistes ont éprouvé d’énormes  difficultés pour atteindre le Centre-ville. A chaque grande pluie, les transporteurs en provenance des communes  de l’Est de la capitale (Kimbanseke, Masina, Matete, Ndjili, Lemba, etc. ), ont du mal à traverser l’ex-Bokassa, qui est la principale artère pour gagner rapidement le Centre-ville. Non loin de son croisement avec l’avenue Rwakadingi,  l’on pouvait remarquer une montagne de boues et ordures ménagères chariés par les eaux de pluie.

          Cette situation qui a provoqué l’impraticabilité de ce tronçon, n’a pu être contournée qu’avec l’arrivée des personnes de bonne volonté pour dégager la route, en se servant des pelles et autres instruments.

Un nouveau métier

Ces jeunes des quartiers environnants se sont improvisés comme secouristes pour aider les piétons à traverser ces lacs artificiels, moyennant paiement. Jeunes, vieux, femmes et hommes, tous, ont eu recours à ce moyen rudimentaire de transport qui a constitué un véritable fonds de commerce pour les désoeuvrés aux gros biceps. « Dieu sait comment secourir les pauvres ! Je ne savais comment nourrir ma famille aujourd’hui ! Et voilà que dame pluie m’a procuré un emploi qui m’a permis de gagner quelques sous ! Ce jour-là, j’ai pu gagner une somme de 10.000 FC !», s’est exclamé un jeune homme qui s’est lancé dans cette activité aussitôt que la pluie avait débuté.

Il sied de noter que la météo avait annoncé de fortes pluies sur toute l’étendue de la RDC, aux mois de mars et avril 2016.

Perside Diawaku

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