Boutros Boutros Ghali, un monument de la diplomatie mondiale

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boutrosC’est le 16 février 2016 que  Boutros Boutros-Ghali, ancien Secrétaire général des Nations Unies, a quitté cette terre des hommes. A cette occasion, un registre des condoléances est ouvert depuis hier jeudi 18 février 2016 à l’ambassade d’Egypte à Kinshasa. Plusieurs personnalités tant nationales que locales se sont présentées pour partager cette triste nouvelle qui frappe non seulement le peuple égyptien mais aussi toute la communauté internationale. Dans le lot des signataires, il y avait notamment le professeur Bula Bula, l’ambassadeur de la France, le Médecin directeur de l’Hôpital général de Référence de Kinshasa, le Consul honoraire d’Israël Aslan Piha ainsi que l’ambassadeur américain James Swan, etc.

Tous ont reconnu la stature d’homme d’Etat de Boutros Boutros Ghali durant son mandat comme Secrétaire général des Nations Unies. « Il avait contribué à la formation du régionalisme africain qui avait donné naissance à la création de l’Union Africaine, mettant ainsi fin à l’Organisation de l’Unité Africaine. Il est l’unique Secrétaire général des Nations Unies à qui l’on avait refusé un deuxième mandat, suite à sa volonté de changer l’ordre des choses à travers le monde. Grâce à son savoir-faire, il avait transformé le Secrétariat général des Nations Unies en une structure dynamique. Ce qui fait de lui un monument de la diplomatie mondiale », a indiqué à la presse le professeur Bula Bula, haut fonctionnaire honoraire des Nations Unies.

Pour l’ambassadeur américain James Swan, Boutros Boutros Ghali avait mené une longue carrière très distinguée non seulement pour son pays mais aussi pour le monde entier durant ses années de service aux Nations Unies. Il avait dirigé les Nations Unies pendant une période mouvementée dans le monde, avec la transition entre la guerre froide et une nouvelle période de détente entre les blocs Est et Ouest. Ses activités et efforts avaient bien marqué le monde entier.

Vu la fraternité qu’il avait créée entre les peuples, Dr Diabeno, médecin directeur de l’Hôpital général de référence de Kinshasa, a profondément regretté la perte de celui qu’il considérait comme un des grands de la planète. Grâce à cette fraternité entre peuple, la RDC est en bonne relation avec l’Egypte, ce qui a permis la signature d’un partenariat avec sa formation médicale.

          Même témoignage positif fait par le consul honoraire d’Israël, Aslan Piha, qui a justifié sa présence par le fait que l’illustre disparu fut l’un de ceux qui avaient permis la signature des traités de paix entre l’Egypte et son pays en 1979. Et, pour honorer sa mémoire, il était normal qu’il signe le registre des condoléance ouvert par l’ambassade d’Egypte à Kinshasa.

Qui était Boutros Boutros-Ghali ?

          Premier africain à accéder au poste de Secrétaire Général des Nations Unies et sixième grand commis depuis sa création, Boutros Boutros Ghali était né le 14 novembre 1922 au Caire. Durant son mandat, il se présentait comme un défenseur des causes des pays du Tiers-monde.  Fils d’une famille de la minorité chrétienne copte d’Egypte et marié à une juive d’une famille réputée d’Alexandrie,  lauréat des Sciences Politiques et docteur en droit à Paris en 1948, professeur à l’université du Caire, journaliste au sein du quotidien Al Ahram, Boutros Boutros-Ghali fut membre du gouvernement égyptien durant le règne d’Anouar El-Sadate.

          En 1978, il était l’un des négociateurs du Traité de paix Israélo-égyptien signé en 1979. Grâce à ses capacités intellectuelles, il avait rédigé le  discours historique prononcé par l’ancien président égyptien Anouar el-Sadate devant le parlement israélien.  Avec un attachement particulier à la langue française, qu’il parlait parfaitement, il avait réussi à s’imposer, en 1992, à la tête des Nations Unies avec le soutien de la République française alors que l’Irak venait d’être chassé du Koweït à l’issue de la première guerre du Golfe.

          Vers la fin de 1996, il avait quitté la tête de l’ONU après le combat mené par les Etats-Unis d’Amérique contre sa réélection. Les pays anglo-saxon ne voulaient plus le voir à la tête de l’organisation des Nations Unies, car il était considéré comme l’homme de la France. Les Etats-Unis d’Amérique, avec la collaboration de la Grande Bretagne, lui reprochaient aussi la débâcle onusienne en Somalie vers la fin de 1993, et le génocide au Rwanda.

Yves Kadima

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