Evaluation du processus électoral : la Ceni et l’Opposition partagent leurs inquiétudes

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Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI
Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI
Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI

Le vendredi 29 janvier 2015, le président de la Ceni, Corneille Nangaa, et les membres du bureau et de la plénière, ont échangé avec quelques membres de l’opposition. 

Au sortir de cette réunion tenue à huis clos, quatre personnalités ont fait face à la presse : le professeur Gaston Dyndo, coordonateur de l’Opposition extra-parlementaire ; l’honorable Steve Mbikayi de la Nouvelle Classe Politique ; l’Honorable Justin Bitakwira de l’Opposition Citoyenne et Me Hubert Efole, Secrétaire Général du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD).

Selon eux, la tenue des élections ne pourrait être effective étant donné que la Ceni fait face à plusieurs contraintes, notamment financières, techniques, logistiques et autres. Outre cela, il y a une grande difficulté, celle de l’enrôlement des nouveaux majeurs.

Devant la position du gouvernement, qui ne cesse de déclarer qu’il n’y a pas d’argent pour financer les élections, certains groupes de l’opposition estiment que cet argumentaire n’a pas sa raison d’être, étant donné qu’il avait au moins 5 ans pour préparer les financements desdites élections.

Retirer 1% de salaire aux fonctionnaires de l’Etat qui touchent  500 US et plus

 

            A cet effet, le professeur Gaston Dyndo, coordonateur de l’Opposition extra-parlementaire, pense que la population congolaise peut aussi contribuer à l’organisation des élections dans le délai, sans attendre la Communauté Internationale. «L’opposition extra-parlementaire a été heureuse d’être invitée à cette rencontre et nous avons apporté à la CENI certaines propositions pour faire avancer les choses. Nous avons fait la proposition d’un calendrier. En plus de cela, nous avons fait des propositions de certaines mesures que le gouvernement devrait prendre pour avoir des élections le plus tôt possible, notamment le décaissement effectif par le gouvernement de tous les fonds pour l’organisation des élections, ne fût-ce que pour le premier trimestre. Et pour résorber les contraintes financières, nous proposons la cotisation de 1% des salariés de plus de 500$ avec une commission mixte ad hoc chargée de gérer ce fonds afin de le remettre à la CENI pour l’organisation des élections», soutient-il.

2016 : élections hypothétiques

            «Ce qu’on a compris est que la CENI est de bonne foi mais il y a des contraintes qu’il faut d’abord lever avant les élections. Et ce qu’il faut retenir d’après moi, est qu’au vu de ces contraintes, ça sera illusoire de continuer à parler encore des élections dans le délai parce que la révision du fichier électoral, d’après la CENI, prendra près de 14 mois. Mais à part ça, il y a d’autres contraintes. Vu ce rapport, nous devons cesser de vendre du vent à la population et dire la vérité  qu’il n’y aura pas d’élections dans le délai et qu’il faudra voir ce qu’il y a lieu de faire pour éviter qu’on tombe dans l’instabilité et qu’il y ait un vide juridique après 2016. La population doit avoir l’information pour éviter toute agitation. Les politiciens doivent voir ce qu’il y a à faire pour éviter qu’il y ait tension, insécurité, instabilité dans le pays », a indiqué Steve Mbikayi.

            De  son côté, l’honorable Justin Bitakwira pense qu’il faut respecter les urgences et exigences à résoudre. «..Mais nous avons été éclairés par la CENI pour nous démontrer effectivement qu’il y a des urgences qu’il faut satisfaire et que si ces exigences ne sont pas tenues, il ne faut pas penser à organiser les élections cette année 2016. Et là nous acceptons que le fichier électoral actuel, est corrompu et qu’il faut le revoir », a-t-il martelé.

            Hubert Efole invite la classe politique congolaise à avoir une position : «…si les moyens sont là et que la révision du fichier électoral est faite plus au moins  rapidement, si les contraintes légales sont réalisées rapidement, et que le choix des scrutins est fait en temps utile, on pourrait avoir des élections. Mais si on continue à tergiverser et à faire des atermoiements  pour trouver un consensus sur ces questions, on perdra énormément de temps et on aura difficile à respecter ces délais constitutionnels », a-t-il indiqué.

               Dorcas NSOMUE

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