21me anniversaire du PDSC : les cartons «rouges» du sénateur Bo-Boliko

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Créé le 26 avril 1990, c’est-à-dire 48 heures après le discours de feu le Maréchal Mobutu décrétant la fin du monopartisme dans l’ex-Zaïre, le PDSC (Parti Démocrate et Social Chrétien) a commémoré, le samedi 07 mai 2011, le 21me anniversaire de sa naissance. A cette occasion, son président national, le Sénateur André Bo-Boliko Lokonga, a animé une conférence de presse dans sa résidence, sise rue Kasangulu n°3047, dans la commune de Ngaliema, en présence des cadres et militants de son parti. Deux invités de marque se sont signalés sur le lieu : Gilbert Kiakwama et Mokonda Bonza.

L’orateur a rappelé, pour la circonstance, que le projet de société du PDSC a pour fondements « la croyance et la foi en Dieu ; l’amour du prochain ; le souci de la vérité, de la justice et du partage ; la recherche et la défense du bien commun et de l’intérêt général ; la constance dans les options et positions ; le respect des engagements pris et de la parole donnée ». Son parti se bat, selon lui, pour instaurer en République Démocratique du Congo un « pouvoir-service » en lieu et place du « pouvoir-intérêt ».

Bo-Boliko a, sans fioritures, brandi un carton rouge à l’endroit des tenants du « pouvoir-intérêt », qui ont pris le pays en otage. Entre autres anti-valeurs de ce mode de gouvernance, il a dénoncé la dictature, la recherche effrénée des avantages matériels, la défense aveugle des intérêts du « Chef », l’enrichissement facile et illicite, le vagabondage politique, la flatterie, la délation, l’impunité, la justice à deux vitesses. Très critique, le vieux « Bobo » a placé l’écrasante majorité des politiques congolais dans cette catégorie.

Le second carton rouge du président national du PDSC a été adressé à Richard Ndambu, gouverneur de Bandundu destitué par l’Assemblée provinciale et désavoué par la population. Compte tenu de ce qui précède, André Bo-Boliko lui a conseillé de « dégager ».

Troisième carton rouge : les élections de 2006-2007 ont été une grosse désillusion pour le peuple congolais. En quatre ans, les choses ont-elles changé ? « Non », dixit Bo-Boliko. Et de citer la persistance de la dictature en lieu et place de la démocratie, la perte constante du pouvoir d’achat, les tracasseries policières et administratives, la corruption, le pillage des richesses du sol et du sous-sol, l’insécurité généralisée. Le patriarche du PDSC est d’avis que les gouvernants issus des élections ont échoué parce que « la RDC a conservé les tares de la dictature, dont la plus importante est le pouvoir-intérêt » qui continue de régenter le pays.

Le quatrième carton rouge concerne l’absence d’un recensement général de la population, la suppression du second tour de la présidentielle, la publication du calendrier électoral avant la loi électorale, l’absence de la Société civile au sein de la CENI, la vétusté des kits électoraux, l’éloignement des centres d’enrôlement, etc.

Alliance CDC/PDSC

En prévision des élections, le PDSC vient de nouer une alliance avec la CDC (Convention des Démocrates Chrétiens). C’est du reste la raison de la présence de Kiakwama et Mokonda à la résidence de Bo-Boliko. A en croire ce dernier, c’est autour de ce « noyau » que devraient se fédérer tous les leaders et partis d’obédience chrétienne. L’objectif visé est d’arriver à installer au pays un « pouvoir-service ». S’agissant particulièrement du partenariat CDC/PDSC, il va s’articuler autour du soutien à un candidat unique à mettre face à celui de la Majorité Présidentielle. Un lobbying va être mené à cet effet en direction d’autres sensibilités de l’opposition afin d’éviter que celle-ci se présente à la présidentielle en ordre dispersé.

Bo-Boliko a formulé plusieurs vœux : à la Ceni de réaliser pour la RDC des élections exemplaires et modèles pour l’Afrique ; aux candidats de bannir les antivaleurs et de privilégier l’intérêt supérieur du pays ; à la population de voter en toute conscience ; aux églises et Ong d’accentuer la sensibilisation des électeurs pour un bon choix des élus ; aux intellectuels d’informer la population sur les véritables enjeux des élections.

Bo-Boliko n’était pas « Buka lokuta »

En réaction à une question de la presse relative à l’anecdote de « Buka lokuta » fort répandue sous la Seconde République, André Bo-Boliko a tenu a démentir de la manière la plus formelle la rumeur selon laquelle il aurait été amené à débiter des mensonges, en lingala, à la demande de feu le président Mobutu, devant une délégation étrangère en pourparlers avec ce dernier. Il a rappelé que Mobutu était entouré de trois catégories des gens : 1°) les frères et amis ; 2°) les flatteurs ; 3°) les intellectuels sérieux et compétents.

N’appartenant ni à la catégorie des intimes, ni à celle des « fous du roi », il ne pouvait en aucun cas se permettre de verser dans le mensonge, fut-il à son instigation. « Buka lokuta », a-t-il indiqué, ne pouvait que se recruter parmi les adorateurs de Mobutu, qui l’avait élevé au rang de demi-Dieu.
Bo-Boliko a affirmé haut et fort qu’il était apprécié et respecté de Mobutu. Par exemple, à la veille de l’arrivée du Pape Jean-Paul II à Kinshasa, en 1980, l’ancien président l’avait sollicité pour être le parrain de son mariage avec Bobi Ladawa. Il avait catégoriquement décliné l’offre, afin de ne pas être en conflit avec sa foi chrétienne. C’est après avoir reçu de feu maréchal Mobutu la garantie qu’il serait un conseiller très écouté du couple qu’il avait finalement accepté. 

  Kimp

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