21ème Tribune d’Adolphe Muzito : PERSPECTIVES ECONOMIQUES ET SOCIALES DE LA RDC

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2.1. Questionnement

Au regard de l’état de lieux établi dans la première partie de ce
programme, quelle est la trajectoire que prendrait la RDC au courant
de 5 prochaines années ?
Deux trajectoires sont possibles. Chacune dépendra du pouvoir
politique qui sera à la tête du pays.
La première, celle de la continuation du processus de déclin que nous
imposera le pouvoir politique en place si celui-ci restait à la tête
du pays après le 23 décembre 2018.
La seconde, celle de la reprise et de la construction de la RDC que
mon mouvement, le Nouvel Elan propose au pays.

2.2.    Problématique du programme

Le Congo, c’est 2.345.000 km² de superficie, ce qui fait de lui le
9ème pays le plus vaste du monde et le 2ème plus vaste d’Afrique, doté
des forêts qui s’étendent sur 1 250 000 Km², ce qui représente 50% de
la forêt africaine. Le Congo, c’est aussi ce sous-continent de plus de
90 millions d’habitants représentant un marché potentiel important
avec un taux de croissance démographique annuel moyen de 3,5 %.
Mais, le Congo, c’est aussi ce sous-continent de paradoxes :
– des terres arables qui occupent une superficie de 80 millions
d’hectares, mais exploitées seulement  à 10 % ;
– des terres pâturables qui représentent 87 millions d’hectares, avec
un potentiel d’élevage de 40 millions bovins et 54 millions de petits
ruminants, mais exploitées seulement à 8,4 % ;
– un potentiel halieutique de 707 000 tonnes/an, mais exploité
seulement à 34 % ;
– un potentiel hydroélectrique de 100 mille MW, mais exploité seulement à 2,1 %.
Comme nous l’avons constaté précédemment à travers l’état des lieux,
le Congo est aujourd’hui un Etat en faillite et à la tête de peloton
des pays les plus pauvres du monde, avec :
– 80% du taux de chômage ;
– 70% de la population pauvre vivant avec moins de 1,5$ US par jour
dont près de 58% vivant dans l’extrême pauvreté donc incapable de
subvenir aux besoins alimentaires ;
– 36% de desserte en eau potable ;
– 10% des voies ferrées opérationnelles ;
-9% de desserte en énergie électrique ;
– 5% seulement de routes d’intérêt national modernisées et
macadamisées, soit 3000 Km sur 58000 km ;
– 5 % des routes d’intérêt local entretenues, soit 5 000  km sur 90 000 km ;
– aucune route nationale modernisée à 100 % ;
– un fort taux d’inégalité qui se situe à 38% au niveau national.
Pour une population qui va passer de 90 à 107 millions d’habitants
dans les 5 années qui viennent, c’est-à-dire en 2023, il faudra que
l’économie génère un PIB de 110 milliards de $US à la fin de 2023 pour
que la part du revenu par tête d’habitant atteigne le seuil de
l’Afrique subsaharienne, soit 1000 $US par habitant/an, soit 3 $US par
jour par habitant/an, avec un PIB qui serait doublé en 5 ans et qui
nécessiterait une croissance moyenne de 17 % l’an.
Avec le PIB de 50 milliards de $US fin 2018 pour la RDC, le défi sera
d’atteindre un taux de croissance cumulé de 85 %, soit 17 % par an en
moyenne dans la période 2019 – 2023 pour atteindre un tel objectif.
Cependant, nous restons conscients que le PIB de la RDC étant
financièrement alimenté par les mines, sa croissance est loin d’être
socialement inclusive dans la période. Seule la diversification de
l’économie résoudra le problème.
La question aujourd’hui est celle du mécanisme générateur ou du plan
de construction et de développement à mettre en œuvre pour atteindre
cet objectif, du reste minimaliste et les réformes appropriées qui
devraient l’accompagner.
Minimaliste parce que le PIB par tête d’habitant par jour en Afrique
subsaharienne est à 4,2 $US, et pour nos voisins de la République du
Congo et d’Angola, il était respectivement de 4,2 $US et de 9,0 $US à
fin 2016 .
Cette option constitue une alternative aux politiques publiques du
régime actuel et impactera positivement sur la situation économique et
sociale du pays.
Ainsi, les perspectives économiques et sociales de la RDC dépendent
alternativement de ces deux hypothèses ci-après :
– la première est celle des politiques publiques inchangées qui
consisterait à garder les politiques publiques actuelles du régime en
place
– la seconde est celle qui consiste à changer de pouvoir politique à
la tête du pays et des politiques publiques au profit d’un pouvoir
politique plus progressiste, démocratique et ouvert sur le monde,
celui que nous proposons aux congolais aux élections du 23 décembre
2018.

2.3. Perspectives économiques et sociales de la RD Congo en politiques
inchangées des kabilistes

Quelle est la vision politique actuelle du pouvoir de Kabila et
quelles sont les politiques publiques en cours d’application par son
gouvernement ?

Nous assistons :
1) au maintien d’un modèle économique fondé sur une économie de
cueillette et assise sur les ressources naturelles ;
2) au maintien de l’Etat Congolais en état de faillite permanent, en
autarcie financière et qui continue à présenter une faible capacité
d’endettement (13% du PIB) suite à l’abandon du programme de
développement des infrastructures et à l’absence d’une stratégie de
diversification de l’économie ;
3) à la rupture de la coopération du pays avec les partenaires de la
communauté financière internationale à travers la rupture du programme
formel avec le FMI et la Banque Mondiale ;
4) au maintien de l’intervention de l’Etat dans l’activité marchande
par sa mainmise sur des entreprises publiques en dépit de leur état de
faillite, provoquant des arriérés des salaires du personnel actif, le
non-paiement des retraités, la non-prise en charge des soins médicaux;
5) à l’affectation davantage de ressources au profit du train de vie
excessif de l’Etat et de ses activités marchandes dans les
établissements et entreprises publics en faillite et dans les
nouvelles entreprises publiques en création au détriment des
financements des infrastructures économiques et sociales, le
non-paiement de 25 % du personnel enseignant et une grande partie des
fonctionnaires non payés et même non immatriculés ;
6) aux politiques déflationnistes visant la stabilisation du cadre
macroéconomique par la contraction de la dépense publique et donc de
la demande globale plutôt que par l’augmentation de l’offre.
Sur base de tels référentiels de gouvernance, nous l’avons déjà
indiqué dans notre 20ème tribune-, un quinquennat avec le dauphin de
Kabila serait une véritable catastrophe pour l’économie congolaise
déjà moribonde.
Ainsi, comme l’indique le tableau n°1 ci-joint, même avec un taux de
croissance de 5,4 % (les prévisions de la BCC sont à 4,2% pour 2018),
qui est la moyenne annuelle de 7 dernières années du pouvoir
kabiliste, le PIB passera seulement de 50 milliards $US prévus à fin
2018 à 67,5 milliards en 2023. Ceci, avec une population qui se sera
accrue à 106 millions d’habitants à la fin du quinquennat,
correspondra à un PIB/habitant de 632$US, soit un revenu par habitant
par jour qui s’élèverait à peine à 1,7$US toujours en dessous du seuil
de pauvreté.
En d’autres termes, même avec une rallonge de 5 ans à la tête du
Congo, le pouvoir kabiliste ne dispose pas de capacité pour sortir les
congolais du seuil de pauvreté.
Le tableau montre aussi qu’avec un PIB qui ne se sera accru que de 35
% en 5 ans, le budget du dauphin de Kabila passera de 4,5 milliards
$US actuels à 6,7 milliards $US en termes de ressources internes ; ce
qui n’offre que peu de marge de manœuvre pour les investissements qui
ne représenteront au total à peine que 7,6 milliards $US en 5 ans.

Tableau n°1. Taux de croissance (de 2000 à 2018)

Année  Croissance
2000
2001          -2,1
2002          2,95
2003          5,58
2004          6,74
2005          6,33
2006          5,32
2007          6,26
2008          6,23
2009          2,9
2010          7,11
2011          6,87
2012          7,09
2013          8,48
2014          9,47
2015          6,9
2016          2,4
2017          3,2
2018          4,2

MOYENNE        5,40

Source : Compilation rapports BCC

La part réservée à la masse salariale pour les fonctionnaires et
autres agents émergeant au budget public passera de 1,5 milliards $US
actuels à 2,7 milliards $US en 2023 ; ce qui n’offre que peu de
possibilité pour l’amélioration des salaires du personnel public et
encore moins la réduction du personnel impayé et non-immatriculé. Le
pouvoir kabiliste ne disposera donc pas des ressources pour réajuster
à la hausse le salaire de fonctionnaire.
En outre, l’Etat sera incapable de contribuer à la résorption du
chômage des jeunes notamment, objectif qui doit être pourtant la
priorité de tout gouvernement du prochain quinquennat.
En lisant attentivement le cadre macroéconomique du FCC, dans le
cadre du budget 2019 en discussion, le pouvoir d’achat du personnel
public et privé connaîtra une perte du pouvoir entre 2019 et 2021 du
fait de l’érosion monétaire programmée (1$US = 1600 FC en 2019 à 1800
FC en 2021).

Tableau n° 2 : Cadrage monétaire triennal de la Majorité FCC (2018-2023)

Tableau n°3 : Exécution budgétaire en septembre 2018
(en millions de CDF)

On constate dans l’exécution du budget 2018, la faible rétrocession
aux provinces, 16,55%, la sur-exécution du budget de fonctionnement,
198,04% ; des dépenses imprévues à côté du faible niveau d’exécution
du budget d’investissement.
Par conséquent, en voyant les politiques mises en œuvre et les
fondamentaux qu’elles symbolisent, voici ce qui nous attend, en cas
des politiques inchangées consistant au maintien des kabilistes au
pouvoir :

1. Au plan socio-économique:
– un faible niveau de mobilisation des ressources extérieures ;
– l’amplification de la récession ;
– la baisse continue du taux de croissance qui, de 9,5 % en 2014, est
descendu jusqu’à 2,4 % en 2016 et qui se maintiendra à-coup-sûr en
dessous de 4 % à la fin de l’année 2018 ;
– la dépréciation continue du Franc congolais qui, de 2015 à 2018, a
subi une érosion de 77 %, avec effet l’érosion du pouvoir d’achat des
populations en général et des fonctionnaires en particulier,
accentuant davantage leur état de pauvreté ;
– la faillite généralisée des banques commerciales et des entreprises
publiques et le dysfonctionnement des banques commerciales, avec pour
conséquence notamment l’engloutissement des épargnes des populations ;
– l’entrée du pays dans la spirale de trois crises :
o La crise économique et financière alimentant la crise politique en
cours, aggravant la crise sociale, qui va à son tour exacerber la
crise politique, économique et financière.
o Le chômage des masses qui affecte 80% des jeunes ;
– la faillite de l’Etat et des entreprises publiques va s’aggraver.

2. Au plan des infrastructures

Le maintien du pouvoir kabiliste signifie aussi que le pays
continuera à ne pas se doter des infrastructures de base :
– Les routes et ponts continueront à se dégrader isolant chaque jour
davantage les centres de production avec les centres de consommation
que sont les villes ;
– Les chemins de fer continueront à être ignorés au profit de nos
voisins qui continueront à s’imposer comme transporteurs de nos
exportations et importations, accentuant davantage la dépendance du
pays avec les états limitrophes et partant, la balkanisation du pays ;
– Les biefs navigables continueront à ne pas être balisés et les ports
resteront dans leur état actuel d’abandon et certains comme Matadi
risqueront même d’être renvoyés dans les oubliettes de l’histoire ;
– Les aéroports resteront globalement dans leur état actuel et on
continuera à infliger aux voyageurs des taxes injustifiées du genre
go-pass et statistiques, sans qu’on ne sache la destination de
substantielles recettes que ces taxes génèrent ;
– Les infrastructures hydroélectriques continueront à se dégrader.
En conclusion, le maintien du modèle actuel de l’économie de la rente
extravertie et de cueillette, basé et orienté uniquement sur
l’industrie extractive, risque, à terme,  de replonger le pays vers
les taux de croissance négatifs du siècle dernier et nous assisterons
à l’éloignement de l’objectif de l’émergence déjà utopique pour
l’actuel pouvoir. Le congolais continuera à vivre dans son statut
actuel de sous-pauvre, en dessous du seuil de pauvreté, avec un dollar
quarante cents (1,40$US) par jour.

Tableau n° 4 : Cadrage macroéconomique triennal : Quinquennat avec
Dauphin de Kabila

Tableau n° 5 : Projection du PIB de la RDC en 2023 comparé  à celui de
l’Angola et du Congo-Brazzaville en 2016

2.4. Perspectives économiques et sociales de la RDC en vision
alternative du  Nouvel Elan
2.4.1.  Objectifs :

En termes d’objectifs globaux:
La vision du Nouvel Elan est de :
– retrouver la stabilité monétaire durable du quinquennat 2007-2011,
période où nous avons été Chef du Gouvernement ;
– revenir à un taux de croissance à deux chiffres, en partant de 7 %
déjà en 2019 et en avançant par palier successif d’un point de
croissance en plus chaque année jusqu’à atteindre 14 % en 2023, soit
10,6 % en moyenne au courant de 5 prochaines années. Pareil taux de
croissance nous permettra de faire passer le PIB de 50 milliards $US
en 2018 à 83 milliards $US en 2023, ce qui nous mettra en capacité de
d’un PIB par habitant de 500 $US par congolais à un PIB de 750 $US en
2023.
Une telle croissance du PIB sera certes encore insuffisante pour
faire émerger le Congo, mais elle permettra d’améliorer le vécu
quotidien des congolais qui verraient ainsi leur revenu passer de 1,47
$US/hab/jour actuel à 2,12 $US/hab/jour, alors que, dans l’entretemps,
avec une pression démographique de 3,5 % l’an, la population devrait
passer de 90 millions d’habitants en 2018 à 107 millions d’habitants
en 2023.
Le congolais quitterait ainsi le seuil de pauvreté dès 2023, et,
comparativement aux éléments du Tableau n°6, son revenu en 2023
atteindra celui de l’ivoirien de 2016, mais il restera encore deux
fois en dessous de celui de son voisin de Congo Brazzaville.
Au plan budgétaire, les retombées de ces avancées économiques
significatives seront les suivantes :
– le budget de la RD Congo qui, depuis 7 ans, stagne à 4-5 milliards
$US, passeraient à 8 milliards $US dès 2019 pour atteindre 16,5
milliards $US en ressources propres en 2023 ; l’impact sur la masse
salariale sera perceptible ; en effet, par rapport à 2018, l’enveloppe
salariale pourra quasiment doubler en atteignant les 3,2 milliards $US
dès 2019 et atteindre 6,6 milliards ; ce qui devrait nous permettre
non seulement de régler tous les contentieux sociaux des
fonctionnaires NP et NI, mais d’améliorer les salaires et les primes
de tout le personnel de la Fonction Publique ;
–       le budget mettra le Gouvernement en capacité de consacrer aux
investissements 15 milliards $US sur cinq ans, soit une moyenne
annuelle de 3 milliards $US en ressources propres ;
–       la quote-part réservée au fonctionnement des institutions et aux
rétrocessions aux provinces sera progressivement améliorée pour
atteindre 5,8 milliards $US en 2023.

Tableau n°6 : Cadre macroéconomique : Nouvel Elan Quinquennat : 2019-2023

 En termes d’objectifs sectoriels :

Pour atteindre et consolider un tel rythme de croissance, il va sans
dire que la bonne gouvernance seule ne suffirait pas. Le plan du
Nouvel Elan prévoit que le Gouvernement se lance dans une politique
des grands travaux d’infrastructures dans le but de :
– assurer l’intégration économique et consolider la cohésion nationale
en faisant de la RD Congo un marché national unitaire et une
communauté économique unie et effective, l’objectif étant de briser
les enclaves économiques actuelles qui font de la RD Congo un pays
balkanisé au plan économique et tributaire des infrastructures et des
économies des pays limitrophes ;
– accroître sensiblement la capacité en fourniture de l’énergie
électrique du pays de manière à répondre à la demande des exploitants
miniers et aux besoins d’industrialisation du pays, tout en améliorant
de manière substantielle la desserte électrique des ménages ;
– démarrer un programme de construction d’habitats et édifices publics
ainsi que de modernisation des villes ;
Ce programme d’infrastructures englobe ce qui suit :

 Au plan de l’énergie électrique :
– la création de quatre pools de production d’énergie électrique situés à :
o l’Ouest du pays, autour du site d’Inga avec comme objectif majeur :
le démarrage de la construction d’Inga III sur financement entièrement
garanti par le Gouvernement congolais ;
o l’Est du pays autour du site de Wanye-Rukula avec un premier barrage
hydroélectrique de 800 MW ;
o le Centre du pays, sur le site de Katende dont la construction devra
reprendre dès 2019 ;
o le Sud du pays, autour de Nzilo et Busange
– le démarrage de la construction de lignes d’interconnexion dont le
dispatching sera situé au centre du pays (Sankuru ?) avec quatre
principaux couloirs de rayonnement vers les quatre points cardinaux du
pays.

 Au plan des voies de communication :
– la construction du port en eau profonde à Banana dès 2019, et la
modernisation de deux ports maritimes existants (Matadi et Boma),
ainsi que la réhabilitation des biefs navigables maritimes (150 km),
fluviaux (16 238 km), lacustres (1 300 km) et la reconstruction de 20
ports fluviaux repartis sur le Fleuve et ses affluents et 4 ports
lacustres ;
– la reconstruction et modernisation de la dorsale ferroviaire
existante, parallèlement au démarrage des projet de son prolongement
d’Ilebo à Banana en passant par les Villes de Kikwit, de Kenge,
Popokabaka et Kimvula, couplé à la construction d’une deuxième dorsale
ferroviaire qui partirait de Bunia pour faire jonction avec la dorsale
existante, à Ilebo, en passant par Isiro, Kisangani, Ikela, Kole et
Sankuru ;

– la construction de 12 km de routes nationales bitumées, au rythme de
2 400 km/an et la réhabilitation de 9 000 km de routes d’intérêt
général et local ; notre objectif étant de relier chaque chef-lieu de
nos 26 provinces actuelles par route bitumée et de rendre accessibles
tous les chefs-lieux des territoires au départ de leurs chefs-lieux de
provinces ;
– la reconstruction et modernisation d’au moins 5 aéroports aux
standards internationaux.

 Au plan de l’éducation et de la santé :
-le démarrage d’un programme de construction et de modernisation des
infrastructures hospitalières et scolaires, l’objectif étant d’avoir,
au terme du quinquennat :
o au moins deux établissements de niveau universitaire de construits
et équipés par province
o 2000 écoles de construites par an ;
o tous les 396 hôpitaux provinciaux et de référence de la RDC
réhabilités et équipés et tous les 1006 centres de santé existants
construits en matériaux durables et équipés ;
Le Nouvel Elan a donc le projet de transformer en cinq ans la RD
Congo en un vaste chantier qui fera massivement appel à l’expertise et
au savoir-faire de ses fils et filles. Ce vaste chantier national dont
la réalisation devra se prolonger au-delà du quinquennat, mais dont
certains projets démarreront dès 2019, devra générer de nombreux
emplois qui devraient, à court terme, inverser la courbe du chômage et
c’est là l’une de pistes envisagée par le Nouvel Elan pour résorber le
chômage de masse qui frappe de plein fouet les jeunes, tout en
participant à la réduction de la pauvreté.

 Au plan des secteurs productifs :

Le Nouvel Elan ne tombera pas dans le piège consistant à développer
des infrastructures sans que lesdites infrastructures ne soient, à
chaque fois, associées à des projets économiques structurants et
spécifiques, susceptibles de donner aux populations qui en sont
bénéficiaires, un pouvoir d’achat conséquent leur permettant de payer
les services desdites infrastructures. En d’autres termes, le Nouvel
Elan considère que la construction d’infrastructures dans une région
donnée du pays, qui ne soit pas couplé à la mise en œuvre des projets
économiques structurants permettant d’exploiter et de rentabiliser
lesdites infrastructures, ne peut conduire qu’à doter cette région
d’éléphants blancs.
C’est pourquoi, dans le plan de construction et de reconstruction de
la RD Congo proposé au travers de cette politique des grands travaux
d’infrastructures, le Nouvel Elan associe chaque projet
d’infrastructure à un paquet de projets économiques structurants, axés
principalement autour du développement et de l’expansion de quatre
secteurs productifs, considérés comme moteurs de relance économique
susceptible de générer et de porter la croissance voulue et ciblée par
les objectifs budgétaires de notre vision alternative de la
construction de la RD Congo.
Ces trois secteurs productifs :
– les mines
– l’agriculture
– le tourisme
– les NTIC
Le Nouvel Elan propose, pour chacun de ces trois secteurs, des plans
de relance visant à doter le pays d’une matrice économique
intersectorielle fondée principalement, dans ce premier quinquennat,
sur le développement de l’industrie extractive comme moteur de
croissance.
Dans ces quatre secteurs productifs, le plan vise :
– la consolidation de la production et l’amélioration des coûts de
production des filières industrielles existantes;
– la mise en exploitation de nouvelles filières de création et de
production des richesses ;
– l’accompagnement de l’industrie minière dans la réponse à donner par
rapport aux défis liés aux enjeux de l’apparition et du développement
des véhicules électriques,
– l’industrialisation accélérée visant à améliorer la valeur ajoutée
de nos exportations et à la mise en place d’un tissu industriel
interconnecté visant notamment à absorber localement au maximum la
part des chiffres d’affaires des multinationales consacrée à
l’importation des équipements et des intrants ;
– la promotion d’un capitalisme populaire axé principalement sur le
développement et l’amélioration des cultures vivrières, visant
l’émergence d’une classe moyenne au sein des populations rurales ;
– la relance des cultures industrielles et de l’agro-industrie de
façon à retrouver le rang de leader qu’occupait le pays dans les
années 1960 sur les marchés mondiaux des produits tropicaux ;
– le développement d’une industrie touristique qui soit en capacité
d’exploiter conséquemment les ressources nombreuses et variées de ce
secteur ;

Spécifiquement, il s’agira :

 Au plan minier :
– faire profiter au pays des retombées de la percée annoncée des
véhicules électriques en rapport avec les métaux impliqués dans leurs
construction et développement :
o en faisant relever le niveau de production de cuivre et de cobalt à
respectivement 2 millions et 150 milles tonnes à l’horizon 2023, au
lieu de 1,1 million de tonnes de cuivre et 85 mille tonnes de cobalt
aujourd’hui ;
o en engageant les industriels dans la mise en exploitation, à court
terme, des gisements de lithium dans le Tanganyika, du nickel-chrome
dans le Kasaï Central et de la bauxite (aluminium) dans le
Kongo-Central ;
o en accompagnant la Minière de Kisenge dans la reprise, dès 2019, de
sa production de manganèse, à la suite de la remise en service du
tronçon de chemin de fer Dilolo-Lobito, seule voie capable de lui
assurer un transport à profit de sa production minière ;
o en relaçant les exportations des terres rares du Kivu-Maniema ;
– lancer le gigantesque projet de la mise en exploitation d’immenses
réserves de fer de la province Orientale dans l’objectif de :
o financer les grands projets d’infrastructures liés à son
développement (port en eau profonde à Banana, Inga III, CHE
Wanye-Rukula, dorsale ferroviaire Bunia-Kisangani-Ilebo et
prolongement de chemin de fer Ilebo-Banana) avec l’objectif ambitieux
d’exporter, à terme, 250 millions de tonne de fer par an ;
o créer un pool industriel à l’Est du pays centré sur le grand projet
d’implantation d’une aciérie dotée d’une capacité de production à
terme de 10 millions de tonne d’acier par an ; l’aciérie étant
alimentée par des éponges de fer qui seront produites grâce au gaz du
Lac Kivu et plus tard celui de l’exploitation des blocs pétroliers du
Graben Albertine ;
o renforcer le pool industriel du fer par une industrie chimique basée
sur la transformation d’une partie des gaz du Lac Kivu en engrais et
réactifs chimiques pour l’industrie de l’or notamment ;

 Au plan de l’agriculture, élevage, pêche et pisciculture :
1) en ce qui concerne les cultures vivrières, l’élevage, la pêche et
la pisciculture, l’objectif est de doubler, sur la durée du
quinquennat, la production des produits vivriers de culture et
d’élevage de manière à atteindre le seuil de l’autosuffisance totale ;
notamment :
o en finançant les paysans en raison de 700 millions USD par province
à vocation agricole ;
o en créant et en finançant des structures d’encadrement et
d’assistance qui prennent en charge les exploitants agricoles depuis
la mise en œuvre des cultures jusqu’à la commercialisation de leurs
productions ;

2) en ce qui concerne les cultures industrielles :
o la prise d’un train de mesures incitatives pour la relance des
plantations abandonnées ;
o la création des parcs agro-industriels d’initiative privée ;
o la mise en place d’infrastructures adéquates pour faciliter
l’évacuation des produits et l’approvisionnement en intrants
agricoles.

 Au plan du secteur du tourisme

L’objectif est de passer d’un effectif actuel estimé à 78 mille
touristes/an à 1,5 millions de touristes à la fin du quinquennat. Les
actions suivantes sont programmées:
– la réhabilitation des actifs existants (9 parcs nationaux ; 3
jardins zoologiques, 3 jardins botaniques et 4 musées nationaux.)
– l’érection de 11 jardins zoologiques et 15 jardins botaniques
– la construction de 16 musées nationaux
– l’aménagement, à l’initiative des provinces, de plusieurs sites
touristiques, en rapport avec le potentiel touristique local (chutes
d’eau, lacs, etc.)
– financement des réceptacles touristiques (hôtels, restaurants, etc.)

2.4.2.  Moyens et stratégies : Nouvelles politiques publiques

Cette vision tient compte de l’état de lieux précédent qui relève
comme premiers défis :
– la faillite de l’Etat, de ses finances et de son économie publique,
– l’inefficacité de son action et la perte de son autorité,
– la faiblesse de la monnaie,
– le manque d’infrastructures énergétiques et de communication.
Le Nouvel Elan propose de procéder en trois étapes :
1) la quantification de l’ampleur de la faillite :
– des finances du pouvoir central, des provinces, des entités
territoriales décentralisées ainsi que leurs besoins de financement ;
– des entreprises et établissements publics ;
– des institutions financières non bancaires ;
– de la Banque centrale.
2) la négociation d’un plan d’aide internationale et d’un  paquet de
réformes à engager en vue de la mobilisation des ressources pour faire
face à cette situation de faillite.
3) la conclusion d’un programme formel avec les Institutions de Breton
Wood (FMI et Banque mondiale).

2.4.3.  Perspectives à moyen et long terme de l’économie congolaise en
Vision alternative
– L’identification des priorités en fonction d’un modèle économique
intégré pour sortir de l’économie de cueillette actuelle basée sur
l’industrie extractive, pour la construction, et non la simple
gestion, d’une véritable économie nationale compétitive au niveau
international et régional ;
– L’évaluation des coûts des infrastructures à réaliser ;
– L’identification des sources de financement :
o Emprunt et ressources extérieures ;
o Partenariat public-privé ;
o Investissement direct étranger ;
o Finalisation des réformes économiques de transformation des
entreprises publiques par l’ouverture du capital ;
o Ressources internes.
– Le minimum de planification et le rôle de l’Etat suivant le principe
de subsidiarité.

1. Composantes du programme

Le programme du NOUVEL ELAN a l’ambition de sortir le Congo de son
état de faillite et de pauvreté actuel et le conduire progressivement
à l’état d’émergence et de puissance pour le bien-être de ses
populations.
Ce programme, pour la construction et le développement de la RDC,
comprend un plan quinquennal et des réformes d’accompagnement.
La composante « Plan » concerne les investissements à réaliser tandis
que le paquet des réformes servira à accompagner ledit plan.

1.1. Le plan

Le Congo est un Etat pauvre et en faillite. Cet état de faillite et
de pauvreté, tel qu’établi ci-dessus dans les états des lieux, a de
causes structurelles et historiques.
Les conséquences profondes de cette pauvreté et de cette faillite
affectent tous les secteurs de la vie nationale : secteurs politique,
économique, financier, monétaire, social, culturel et moral.
Lesdites conséquences, dues à cet état de faillite, sont à leur tour
devenues des causes de la faillite, mettant ainsi le pays dans un
cercle vicieux tel que les causes et conséquences de son état de
faillite s’alimentent mutuellement.
Cependant, la RDC dispose toujours d’importantes opportunités dans
tous ces secteurs qui, bien exploitées, constituent des leviers
capables de relever les défis de son développement.
L’action politique portée par le programme du NOUVEL ELAN, pour
commencer à porter les fruits et ramener le pays à la normalité,
s’inscrit sur un horizon de 10 ans, c’est-à-dire de 2019 à 2028.
L’action est subdivisée en deux composantes qui intègrent deux
quinquennats.

1.2. Le paquet des réformes

Dans la première phase, un paquet des réformes s’avère nécessaire et
a pour objectif de créer des conditions de pacification du pays,
d’amélioration de la gouvernance, de mobilisation et de gestion des
ressources physiques et financières nécessaires au financement du
plan.
Il s’agit des réformes visant :
– les réformes politiques et institutionnelles ;
– le désengagement de l’Etat de l’activité productive par l’ouverture
de ses entreprises publiques aux capitaux privés nationaux et
étrangers et la gérer selon le modèle des entreprises privées ;
– l’amélioration du climat des affaires et des investissements, de la
crédibilité de l’Etat et du renforcement de son potentiel fiscal ;
– la mobilisation des ressources publiques internes et la lutte contre
le coulage des recettes publiques ;
– la mobilisation des ressources auprès des créanciers bi et
multilatéraux au profit du Trésor public sous forme de :
o emprunts venant des Institutions financières et des Etats créanciers
à long terme;
o crédits fournisseurs.
– la mobilisation des ressources des investisseurs privés au profit de :
o partenariat public-privé ;
o sociétés privés BOT, etc.
– l’attraction des investissements directs étrangers.
Lesdites réformes partent d’un état des lieux de tous les secteurs :
– Economique ;
– Social ;
– Politique et institutionnel;
– Culturel, etc.

1.3.    Horizon du programme

Le plan s’inscrit sur un horizon de 10 ans et s’articule sur deux
quinquennats successifs :
– Le quinquennat de la première phase appelé « plan de décollage 2019-2023 » ;
– Le quinquennat de la deuxième phase appelé « plan de croisière 2024-2028 ».
Les deux phases sont accompagnées des réformes.

Fait à Kinshasa, ce 16 octobre 2018.

Adolphe MUZITO

A SUIVRE :

POINT III.

LE PLAN DE CONSTRUCTION ET DE DEVELOPPEMENT DE LA RDC

POINT IV.

LE PAQUET DES REFORMES D’ACCOMPAGNEMENT
DU PLAN
-0-
Rubrique : Nation
Banque mondiale : le numérique pour soutenir la croissance économique en  RDC
Dans le cadre de la Journée mondiale pour la fin de la pauvreté qui
est tombée mercredi 17 octobre 2018, la Banque mondiale a organisé à
son siège de l’avenue des Trois Z, à Gombe, un atelier sur le thème «
Numérique, emploi et développement en RDC ». Elle a fait la part belle
aux startups congolaises, aux représentants du ministère de la
Fonction publique et de l’ONEM. Cette rencontre très informative, à en
croire les participants, a récolté un succès sans précédent et suscité
de nombreuses initiatives. Entre autres recommandations issues de cet
atelier, on peut épingler la création, dans le domaine de
l’agriculture, d’une plateforme regroupant des producteurs, des
consommateurs et des intermédiaires. Une autre plateforme devrait
mettre en réseau, des startups, les incubateurs et des organismes de
financement des projets de jeunes. La troisième recommandation suggère
la réactualisation de la loi sur la propriété intellectuelle, afin de
protéger les projets innovateurs mis au point par des jeunes. Elle a
eu pour objectif principal de concilier le développement du numérique
avec les impératifs de l’élimination de la pauvreté.
Dans son mot d’introduction, Chadi Bou Habib, représentant résident
a.i de la Banque mondiale à Kinshasa, a souligné l’importance de cette
réunion qui a dévoilé le dynamisme du numérique en RDC avec
l’apparition de startups créées par des jeunes entrepreneurs. Après
avoir présenté brièvement la Banque mondiale, ses missions et ses
réalisations, il en a profité pour évoquer le partenariat de son
institution avec le gouvernement congolais dans le secteur de
l’élimination de la pauvreté. Enfin, le représentant résident a.i de
la Banque mondiale à Kinshasa a encouragé les jeunes entrepreneurs à
développer des projets innovants, créateurs d’emplois.
A la clôture de cet atelier, il n’a pas manqué d’apprécier le travail
des femmes rurales qui allient culture traditionnelle et formation
professionnelle pour améliorer leur vie professionnelle, ainsi que les
initiatives de terrain et celles du gouvernement et la parole accordée
aux enfants dans les mines. Pour lui, en RDC, les problèmes
d’infrastructures et de connectivité se posent. Pas d’accès suffisant
à l’électricité pour développer le numérique, bien qu’il y ait des
besoins énormes et un potentiel immense. C’est en effet, l’électricité
qui soutient le numérique. Enfin, il a posé aux intervenants la
question des obstacles qu’ils rencontrent dans leurs entreprises.
Raïssa Malu, responsable du Projet d’éducation pour la qualité et la
pertinence des enseignements aux niveaux secondaire et universitaire,
a donné le sens de cette rencontre qui a présenté quelques initiatives
du numérique développées dans notre pays, avec l’ambition d’atteindre
des millions de jeunes à travers le pays. Voilà pourquoi sa structure
soutient les activités de la Fondation Lumumba, l’association
Matumaini et autres. Grâce à l’apprentissage des sciences, son projet
s’attelle aussi à renforcer les compétences dans l’agriculture sur
tout le territoire national.
Nouchka Texeira de l’association Matumaini, a planché sur les
activités de formation de son organisation qui allie alphabétisation,
et numérique, permettant aux femmes paysannes et vendeuses de
développer leurs capacités et améliorer la gestion de leurs
micro-entreprises.
Docteur Serge Mbay Kabway a mis au point un projet agricole commun
qui vise à créer une plateforme mettant en réseau des producteurs, des
consommateurs et les intermédiaires à travers le numérique pour
accroître la production agricole.
A travers son exposé «  Le numérique, voie royale de la croissance
économique », Zoe Laby de Labes Key a souligné le lien étroit existant
entre le développement du numérique et la croissance économique, en
s’appuyant sur les expériences et les résultats enregistrés dans
certains pays africains. En RDC, Afrika Kids est apparu comme une
initiative qui met à la disposition des élèves dans les écoles,
certaines applications  informatiques qui touchent à l’art,
l’esthétique et le beau au service de l’apprentissage. De son
initiateur, Nathan Muteba, le grand handicap est l’accès à
l’électricité. Idriss Mangaya de la Foundation Lumumba s’est étendu
sur le numérique, en tant qu’accélérateur du développement
socio-économique.
Signalons qu’un débat fructueux a permis aux participants de poser
des questions auxquelles le panel des experts de la Banque mondiale a
pu donner des éclairages, parmi lesquels on peut citer Louise et
Pierre Kamano.
J.R.T.

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