20ème sommet du COMESA : les chefs d’Etat et de gouvernements plaident pour l’autonomisation des pays africains

0
138

Le 20ème sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement du COMESA (Marché
Commun de l’Afrique Orientale et Australe) s’est tenu à Lusaka,
capitale de la Zambie, la semaine passée sous le thème : « COMESA,
vers l’intégration numérique économique». Ce thème vient à point nommé
car le COMESA se cherche toujours pour le renforcement des alliances
économiques entre les pays membres par l’utilisation des nouvelles
technologies de l’information et de communication. Par la promotion
des NTIC, le COMESA veut promouvoir le commerce et renforcer
l’intégration régionale. Aux côtés de plusieurs chefs d’Etat présents
à cette importante rencontre, il y avait trois  autorités venues
représenter le  gouvernement de la  RDC. Il s’agit de Joseph Kapika
(Ministre d’Etat à l’Economie Nationale), Jean-Lucien Busa (Ministre
d’Etat au Commerce Extérieur) et Marcel Ilunga (Ministre de
l’Industrie).

Plusieurs thèmes étaient abordés lors de ces assises dont  ceux de LA
DÉMOCRATIE, GOUVERNANCE ET ÉLECTIONS, JUSTICE… A ce sujet, le COMESA
a félicité la République Démocratique du Congo pour les progrès
accomplis dans le processus électoral et invite toutes les parties
prenantes à s’impliquer en faveur d’un aboutissement heureux de ce
processus. Cette instance sous-régionale a réitéré l’importance de la
démocratie et de la bonne gouvernance pour préserver la paix, la
sécurité et la stabilité et a exhorté les États membres du COMESA à
continuer à renforcer les processus, les structures et institutions
démocratiques en vue de consolider la démocratie et la bonne
gouvernance au sein de la sous-région.
S’agissant de la thématique Genre, Affaires sociales et
investissements, les ministres de la RDC ont soulevé le problème
d’équivalence  des diplômes qui a trop perduré et qui continue à
préjudicier les ressortissants des pays francophones et arabophones
dans le processus de recrutement.
En effet, la RDC a fait remarquer au conseil que cette question
nécessite d’être résolue, car toutes les propositions de solution
avancées dans les années antérieures n’ont  toujours pas été prises en
compte. Elle a réitéré son souhait  que les diplômes de la RDC soient
considérés au même titre que ceux des pays anglophones. Pour appuyer
cette assertion, les ministres ont rappelé que déjà les diplômes des
médecins congolais sont reconnus à travers le monde entier, au même
titre que ceux des pays anglophones et la prestation de ces médecins
est très appréciée. « il n’est pas normal qu’on reconnaisse le diplôme
d’un médecin formé par une université de la RDC  alors qu’on refuse
celui d’un juriste formé toujours par la même université… », ont-ils
fait remarquer.

Les appels des chefs d’Etat à la paix et à la sécurité dans la sous-région

Etant donné que  l’un des enjeux de ce somment était aussi le
renforcement de la paix au sein des pays membres en quête de
développement durable comme l’Ethiopie et l’Erythrée, les efforts
fournis par ces pays dans la préservation de la paix ont été largement
salués après dix ans de crise territoriale : « La stabilité a été
effective et consommée depuis l’accord de paix signé entre les deux
pays et matérialisé par l’ouverture, dans la semaine, de l’Ambassade
de l’Ethiopie en Erythrée. La poignée de mains entre les deux chefs
d’Etats respectifs après la levée du drapeau éthiopien, fait ensemble
par ces derniers au siège de l’Ambassade, constitue pour les
politiciens africains un signal fort dans la volonté africaine au
développement », a  indiqué le président malgache HERY
RAJAONARIMAMPIANINA, qui est en même temps  président sortant du
COMESA.
Il a exhorté les États membres du COMESA à appuyer le processus
visant à assurer la mise en œuvre intégrale des accords entre les deux
pays et encouragé les autres pays qui sont en conflit à tirer des
leçons de l’exemple de ces deux pays en ce qui concerne leur
résolution pacifique.
La première journée a été marquée par une série d’allocutions,
notamment celle du Président de la Zambie, Edgar Chagwa Lungu, du
Secrétaire Général sortant du COMESA, Sindiso Ngwenya, du Président de
la République du Malawi, Peter Arthur Mutharika, du Président du
Kenya, Uhuru Muigai Kenyatta.
Dans son discours, le Chef de l’Etat malgache, Hery
Rajaonarimampianina, Président sortant du COMESA, a présenté un bilan
de la situation et des progrès accomplis depuis le dernier sommet, à
Antananarivo, en octobre 2016. Il a également encouragé le
multilatéralisme à la place du repli nationaliste : « Les leçons que
nous devons tirer des tentatives d’abandonner le multilatéralisme et
embrasser le nationalisme étroit, est que nous devons renforcer notre
coopération en matière de commerce, d’investissement, d’infrastructure
et de développement énergétique. En constatant les réalisations que
nous avons accomplies jusqu’ici, nous devons rester conscients que le
commerce entre nous-mêmes n’est qu’une petite fraction de nos échanges
internationaux. Actuellement, notre commerce intra-COMESA s’élève à
neuf milliards d’USD. En pourcentage, cela revient à environ 10% du
total de nos échanges avec le reste du monde », a-t-il fait remarquer.
Dans le souci de renforcer le potentiel du COMESA, des perspectives
ont été largement évoquées dans les discours des Chefs d’Etats et de
Gouvernement présents. Ils proposent le renforcement de l’intégration
africaine dans la coopération commerciale, l’investissement,
l’infrastructure et l‘énergie. L’exploitation optimale des ressources
propres des Africains a été aussi soulevée.  Pour y arriver, le
président malgache a soulevé l’idée de création d’une Banque
Africaine du Commerce et du Développement qui sera relayée dans son
travail par une structure de garantie comme une assurance des
investissements.
Et dans le communiqué final publié à l’issue de ce sommet  à Lusaka,
capitale de la Zambie, les participants ont appelé les pays membres à
ratifier l’accord de libre-échange signé par le COMESA, par la
Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et par la Communauté pour le
développement de l’Afrique australe (SADC), trois espaces commerciaux
du continent. Seuls l’Égypte, le Kenya et l’Ouganda ont ratifié
jusqu’à présent cet accord qui nécessite 14 ratifications avant
d’entrer en vigueur. Ce sommet a également appelé les pays membres à
mobiliser leurs ressources pour mettre en œuvre les projets
d’infrastructures prioritaires de la sous-région, et condamner le
terrorisme sous toutes ses formes en exprimant son soutien à toutes
les mesures mises en place pour lutter contre le terrorisme et
l’extrémisme violent.
Le COMESA a rappelé le rôle central des pays africains et des
institutions régionales et internationales dans la résolution et la
médiation des conflits et souligné l’efficacité et la capacité de
l’Afrique à prendre son propre destin en mains et décider de son
avenir sans ingérence extérieure injustifiée. Il a ainsi condamné
fermement les attaques continues des forces négatives dans la région
des Grands Lacs, à savoir l’Alliance des Forces Démocratiques (ADF),
les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), l’Armée de
Résistance du Seigneur (LRA), le Mouvement de Libération du Soudan
(Abdulwahid Nour), le Mouvement de libération du Soudan (Arku Minawi)
et le Mouvement pour la Justice et l’Égalité (JEM) de Gipriel Ibrahim.

Une femme à la tête du COMESA

Au cours de ce 20ème sommet des chefs d’Etat et de gouvernements, la
Zambienne, Chileshe Kapwepwe, a été élue à la tête du Marché Commun de
l’Afrique orientale et Australe (COMESA).   Celle-ci a souligné, dans
sa déclaration, son engagement à faire avancer le programme
d’intégration régionale, notamment en accordant la priorité à la
transformation structurelle en vue de favoriser le développement
économique global des États membres, en s’appuyant sur les progrès
réalisés depuis les vaillants efforts des pères des indépendances.
Elle a promis de  soutenir les programmes d’intégration continentale
dans le cadre de l’Union Africaine, et rendu hommage au Secrétaire
général sortant, Sindiso Ngwenya, pour ses services remarquables
rendus au COMESA.
La Zambie a aussi octroyé au COMESA un terrain de quatre hectares
pour la construction de son nouveau Siège.
Par ailleurs, deux pays viennent officiellement d’intrégrer le
COMESA. Il s’agit de la TUNISIE et  de la SOMALIE.

Notons que le Comesa représente un marché de 500 millions
d’habitants, au produit intérieur brut (PIB) de 800 milliards de
dollars. Aujourd’hui, « le commerce entre les pays du Comesa se
chiffre à 9 milliards de dollars américains, ce qui équivaut en
pourcentage à environ 10 % des échanges globaux avec le reste du monde
», a fait savoir le président malgache, lors d’un discours à Lusaka.
Fondée en 1994, l’organisation avait pour objectif premier le
renforcement d’un accord de libre-échange, en place depuis 1981. Une
union douanière, destinée à faciliter le commerce intra- régional, a
ainsi été instituée.
Perside Diawaku , de retour de LUSAKA

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •