20 ans insécurité en RDC : le message d’espoir du SG des Nations Unies

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Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a redonné l’espoir à des millions de Congolaises et Congolais en général et aux compatriotes de l’Est du pays en particulier, en prenant l’engagement de renforcer la capacité de la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo) et de sa coopération avec les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), dans la traque des forces négatives, dont les rebelles ougandais ADF. C’était au sortir de son audience avec le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, hier lundi 2 septembre 2019 à la Cité de l’Union Africaine.

            Selon lui, son séjour au Nord-Kivu lui a permis de prendre la pleine mesure des actions terroristes menées par les forces négatives, internes comme externes, contre les populations civiles locales. Conscient de la menace que représentent les ADF et d’autres groupes armés locaux sur la paix en RDC et en Afrique, il a fait savoir que les Nations Unies n’abandonneront jamais le peuple congolais.

            L’autre message de réconfort adressé aux Congolais par le numéro un de l’ONU est qu’un vent d’espoir souffle sur le pays depuis l’avènement au pouvoir de Félix Antoine Tshisekedi, investi Président de la République le 24 janvier 2019. A l’en croire, le nouveau Chef de l’Etat est porteur de valeurs telles que la bonne gouvernance, la démocratie, le respect des droits de l’homme. Par conséquent, la communauté internationale a le devoir d’appuyer le peuple congolais ainsi que les autorités congolaises en vue du renforcement des institutions, de la démocratie, du développement durable et inclusif, de la sécurité, des actions humanitaires (lutte contre Ebola), etc.

Ce que les Congolais attendent du SG de l’ONU

            Ce que les Congolais attendent du Secrétaire Général des Nations Unies, c’est la mise en œuvre d’actions militaires fortes, destinées à éradiquer l’insécurité dans les délais les plus courts possibles. Après 20 ans de présence militaire onusienne en terres congolaises, le sentiment qui gagne le grand nombre est que quelque chose cloche dans les stratégies de traque des forces négatives. L’impression de gâchis est renforcée par les accusations portées dernièrement, dans un rapport adressé aux Nations Unies, par le Centre National d’Expertise et de Certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses contre des agents onusiens présents dans la partie Est du pays. Selon cet acte d’accusation, ces derniers seraient mêlés au trafic illicite des minerais. D’où, l’enlisement de la chasse aux groupes armés, eux aussi préoccupés par l’exploitation frauduleuse des minerais.

            Vrai ou faux ? Difficile d’être affirmatif. Toujours est-il que le temps anormalement long que prend l’absence d’une paix durable en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, ne s’explique pas, compte tenu de la présence, sur la ligne de front, de plusieurs milliers de casques bleus onusiens et d’un effectif encore plus important des FARDC. Au plan du nombre comme de la logistique, les rebelles ougandais (ADF), Rwandais (FDLR), soudanais (Mbororo) ainsi que les miliciens locaux, ne devraient pas faire le poids face à ces deux armées réunies, même si elles recourent à la technique de la guérilla, avec des frappes improvisées.

            Les Congolais, nostalgiques du passé, se souviennent que le jeune Etat congolais, fraichement indépendant, avait échappé à une balkanisation planifiée dans les capitales occidentales de l’Est et de l’Ouest, en pleine guerre froide, grâce à une intervention énergique et de courte durée, des casques bleus opérant sous le label de l’ONUC (Organisation des Nations Unies au Congo). En dépit de la présence au pays de quatre Républiquettes dirigées par Joseph Kasa-Vubu à Kinshasa, Albert Kalonji au Sud-Kasaï, Moïse Tshombe au Katanga et le trio Gizenga-Gbenye-Soumialot en Province Orientale, avec le soutien financier et militaire des puissances occidentales divisées en bloc Est et Ouest, les Nations Unies avaient réussi à les mater et à réunifier le Congo en trois ans (1960- 1963). L’engagement onusien pour la pacification et l’unification de l’ex-Congo belge était si fort que son Secrétaire général de l’époque Dag H. y avait sacrifié sa vie.

            On ne comprend pas que des groupuscules de rebelles ne bénéficiant d’aucun soutien financier et militaire d’une puissance occidentale, puissent prendre la RDC en otage pendant 20 ans. Antonio Guterres, après avoir promis de s’impliquer personnellement pour le rétablissement d’une paix durable en territoire congolais, est fiévreusement attendu sur le terrain des résultats.Kimp

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