La 1ère Journée internationale du génocide congolais célébrée à Bruxelles et à Genève

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Des compatriotes résidant à l’étranger viennent de relire l’histoire
récente du pays pour accélérer les démarches auprès des institutions
internationales afin de faire inscrire la journée d’hier comme journée
internationale du génocide congolais. C’était au cours d’une
manifestation organisée conjointement en Belgique et en Suisse.
Il s’agit en clair d’une interpellation à l’endroit du gouvernement
et d’autres institutions de la République pour honorer désormais les
victimes de différents et incessants conflits armés survenus au pays
depuis 1996 jusqu’à nos jours.
Le pays a vécu dans la paix et connu un développement conséquent
pendant près de 40 ans, jusqu’au génocide rwandais en avril 1994.
Ainsi, sous prétexte de poursuivre des citoyens rwandais accusés
d’avoir pris une part active  au génocide survenu au Rwanda, les
armées régulières rwandaises et ougandaises envahirent le Congo dès
1996, provoquant les massacres des populations civiles non armées,
provoquant des déplacements massifs des populations civiles non
armées, les richesses minérales, détruisant les infrastructures
économiques, minières, agropastorales, environnementales,
patrimoniales à travers les immenses territoires de la République.

A l’instar d’autres génocides
Avec cette initiative, la diaspora congolaise, a bien revisité des
évènements sanglants semblables survenus ailleurs au monde. D’abord
plus près du Congo, le Rwanda a fait du génocide perpétré en 1994 sur
son territoire un évènement historique de premier plan. Lequel a été
exploité abondamment à tort pour justifier les différentes agressions
perpétrées depuis 1997 au Congo. En 1996-97, c’est l’aventure de
l’AFDL sous prétexte d’une rébellion des soit disant « Banyamulenge »
pour recouvrer leur nationalité.
Au mois d’août 1998, profitant de la rupture des relations de
coopération militaire avec le régime de feu L.D. Kabila, naquit
brusquement un mouvement politico-militaire appuyé militairement,
diplomatiquement par le régime du Front Patriotique Rwandais qui prit
comme prétexte la chasse contre les « interahamwe » hutu rwandais.
Pendant cinq ans, que d’innombrables affrontements militaires
sanglants à travers les territoires de l’Est, du centre, du Sud et du
Nord Kivu. Au moins cinq provinces, à savoir le Sud Kivu, le Nord
Kivu, le Maniema, la ville de Kisangani, une partie du Kasaï Oriental,
le nord du Katanga furent occupées par des armées régulières
ougandaises et rwandaises bénéficiant de la complicité de certains
leaders politiques congolais. En 2004, des éléments rwandais
provoquèrent une mutinerie à Bukavu avant d’être défaits et
pourchassés par l’armée régulière pour aller se cacher dans le
territoire de Masisi. C’est le début du mouvement politico-Militaire
dirigé par un certain Laurent Nkundabatware. Celui-ci sera remplacé
par un autre officier supérieur rwandais du nom de Jean-Bosco Ntaganda
aujourd’hui incarcéré à la prison de la Haye. Pour rappel, c’est cet
officier rwandais qui fut pris la main dans le sac d’un trafic
illicite et illégal des matières précieuses dont entre autres une
cargaison de 640 kgrs d’Or d’une valeur estimée à six millions des
dollars Us. Ce mouvement fut remplacé par le M23 dirigé par le nommé
Sultani Makenga. Par des complicités au sein des FARDC, ces éléments
occupèrent pendant deux jours la ville de Goma. Des preuves
établissant l’implication de Kigali furent étalées au grand jour sur
les hauteurs de la montagne dénommée Chanzu où l’on découvrit des
tunnels conduisant jusqu’au Rwanda dans lesquels se trouvaient des
stocks d’armes et munitions de guerre en provenance du Rwanda.

Génocide congolais : six millions des morts !
En tout et pour tout, quatre mouvements politico-militaires dirigés
par des officiers rwandais et appuyés par le régime du Front
Patriotique Rwandais. Car, il est de plus en plus évident que les
massacres, les pillages, les destructions méchantes, les déplacements
massifs des populations perpétrés depuis trois ans à travers le
territoire de Beni et ses environs et même dans l’Ituri sont
visiblement commandités par les régimes au pouvoir à Kampala et à
Kigali. Sous l’œil et la barbe de cette communauté internationale avec
la complicité des certains compatriotes. Outre ces différents
mouvements politico-militaires, il y a lieu de signaler les crimes
commis par les prétendus rebelles ougandais du mouvement ADF-Nalu et
surtout les éléments des FDLR. Le Congo mérite bien une journée
commémorative du génocide car victime des multiples agressions
perpétrées par armées régulières du Rwanda et de l’Ouganda reconnues
coupables des crimes de guerre et contre l’humanité considérées comme
imprescriptibles par tous les instruments juridiques internationaux.
L’initiative de la diaspora congolaise à Bruxelles et Genève est
louable à plus d’un égard pour avoir examiné les péripéties de
l’histoire de ce pays à l’aide de nombreux témoignages concordants des
familles des victimes et d’autres éléments de preuve provenant des
archives locales et internationales. Cette diaspora a eu la sagesse
d’avancer le chiffre de six millions des morts. Ainsi donc, s’il y a
des journées commémoratives pour le génocide juif qui avait fait six
millions des morts, celle  du génocide arménien qui a fait cinq
millions des morts et celle du génocide rwandais n’ayant atteint 800
mille morts, étant donné que les trois évènements sont inscrits en
lettres d’or dans les annales des institutions internationales comme
l’ONU, l’Union Européenne et bien d’autres organisations  de défense
des droits de l’homme, il ya lieu d’instaurer une journée spéciale
pour le génocide congolais. Au regard de la tragédie congolaise vécue
depuis 1996 à nos jours caractérisée par des témoignages concordants
et surtout des massacres qui sont encore commis dans l’Est du Congo,
la question qui se pose avec acuité est celle de savoir pourquoi le
cas du Congo n’est toujours pas honoré par une journée commémorative.
Laquelle sera déclarée chômée et caractérisée par des manifestations
de souvenir et de réarmement  moral pour que cela ne se répète plus
jamais.
F.M.

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