161 députés-ministres : la honte nationale !

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138 députés nationaux investi hier jeudi 15 avril 2021 plusieurs médias et les réseaux sociaux pour se plaindre du non respect, par le Président de la République et le Premier ministre, dans la composition du nouveau gouvernement, des engagements pris avec les « élus » signataires de l’acte d’adhésion à l’Union Sacrée de la Nation, en décembre 2020. Ils brandissent, comme principale menace, le blocage de l’équipe de Sama Lukonde, lors du vote de confiance pour son investiture par l’Assemblée Nationale.

Des millions de Congolaises et Congolais sont scandalisés de voir des parlementaires se battre comme des chiffonniers pour devenir ministres. Plus d’un est d’autant troublé que le Premier ministre a fait appel à 23 députés nationaux au gouvernement, ce qui représente presque la moitié de ses membres. Prenant leurs calculettes, des observateurs notent que si le Premier ministre devrait donner satisfaction au groupe des 138 aigris, le gouvernement actuel allait compter 138+23 = 161 députés-ministres.

Il faut avouer qu’il s’agit là d’un manque de respect total envers pour le souverain primaire qu’il leur avait accordé ses suffrages en décembre 2018 non pas pour aller siéger au gouvernement mais pour défendre leurs intérêts au Parlement. Les 138 demandeurs des portefeuilles ministériels font la honte nationale. Comment expliquer que d’honorables députés nationaux, appelés à siéger au sein d’une institution aussi prestigieuse que l’Assemblée nationale, considèrent que leur « statut » est inférieur à celui des ministres ? Est-ce à dire que pour avoir de la considération au sein de la société congolaise, il faut absolument être appelé « Excellence Madame ou Monsieur le Ministre » ?

L’agenda caché de la ruée vers le gouvernement

Il s’avère, après analyse, que la ruée vers le gouvernement comporte un agenda caché. En effet, la raison inavouée de la revendication des postes ministériels se trouve être le souci des requérants de libérer leurs « sièges » au profit de leurs « suppléants », dont tout le monde sait qu’il s’agit, en réalité de leurs épouses et enfants.

            Selon les mœurs politiques édictées par les « kabilistes », le Trésor public est appelé à prendre en charge des familles biologiques, avec le père au gouvernement, l’épouse à l’Assemblée nationale, le fils aîné au Sénat, sa sœur cadette à l’Assemblée provinciale, leurs autres frères et sœurs comme assistants parlementaires.

            Nombre de députés nationaux et sénateurs ayant déjà positionné leurs familles dans le fichier de rémunération du personnel politique, les 138 mécontents du moment se sentent mal à l’aise au Parlement, sans possibilité de faire autant, le Chef de l’Etat et le Premier ministre les ayant empêchés de libérer des espaces au Palais du peuple.

            Mais le pays devrait-il continuer de fonctionner comme la propriété privée des 500 députés nationaux ou 110 sénateurs, qui ont le droit exclusif d’être pris en charge par le Trésor public, pendant que des millions de leurs compatriotes tirent le diable par la queue? Quel message veulent envoyer, à leurs électeurs, ces députés nationaux qui leur avaient promis, lors de la campagne électorale, de se battre becs et ongles pour que les ressources nationales puissent profiter, de manière équitable, à l’ensemble des citoyens ?

            D’aucuns pensent que dans le cadre des réformes électorales, il devrait être formellement interdit aux candidats députés nationaux, députés provinciaux et sénateurs d’avoir comme suppléants des membres de leurs familles biologiques. Ainsi pourrait prendre fin le spectacle insipide des écuries familiales émargeant du budget de rémunération du personnel politique.                                   Kimp

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