16 jours après l’élection présidentielle : RD Congo, climat politique lourd !

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Mercredi, 14 Décembre 2011 23:08

Le climat politique ne fait que s’alourdir, 16 jours après l’organisation de l’élection présidentielle en République Démocratique du Congo. On assiste pratiquement à la guerre des tranchées entre la Majorité Présidentielle et l’Opposition politique. Chaque camp politique, convaincu d’avoir remporté ce scrutin, revendique la victoire. Pendant que la famille politique du Chef de l’Etat et la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) affirment que les résultats des urnes sont transparents et indiscutables, en dépit d’erreurs jugées mineures et sans impact sur les scores des candidats, l’Opposition donne de la voix en criant haut et fort que l’on ne devrait pas voler sa victoire électorale au peuple congolais.

Les médias sont, à ce sujet, fort sollicités.  Lundi 12 décembre 2011, Joseph Kabila en personne, en sa double qualité de Chef de l’Etat et d’ ” Autorité morale ” de la MP, est monté au créneau pour confier à la presse internationale qu’il avait battu, à la régulière, ses adversaires politiques, dont son principal challenger, Etienne Tshisekedi.
Venant en appui à cette sortie médiatique, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, président du Bureau de la CENI, a réagi avec une rare violence aux critiques du Centre Carter et de l’Achevêque métropolitain de Kinshasa faisant état de graves irrégularités qui n’ont pas permis l’éclatement de la vérité des urnes. Le numéro un de la CENI a fustigé l’attitude, selon lui, partisane du Centre Carter et du prélat catholique, soulignant au passage qu’il n’avait de leçon à recevoir ni de l’un, ni de l’autre.

Le même jour, comme pour confirmer son rejet des résultats publiés par la CENI, Vital Kamerhe, l’un des candidats à la présidentielle, a déposé à la Cour Suprême de Justice, au nom de l’ensemble de l’Opposition, une requête en annulation de ce scrutin.
Même si beaucoup hésitent à utiliser le terme, la crise politique post-électorale – perspective tant redoutée aussi bien par les Congolais que par la Communauté internationale – frappe belle et bien aux portes de la République Démocratique du Congo. La remise en cause des chiffres publiés par la Commission Electorale Nationale Indépendante est d’autant pertinente qu’elle provient à la fois du très sérieux Centre Carter, une mission d’observation ayant déjà fait ses preuves en la matière sur le continent africain et dans d’autres coins du Globe, mais aussi du très respecté et écouté Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, Archevêque métropolitain de Kinshasa.

L’on croit savoir que la voix du numéro un de la toute puissante Eglise Catholique de Kinshasa a connu une longue portée. Au regard des dénonciations faites par le Cardinal archevêque de la capitale congolaise et le Centre Carter ainsi que les missions d’observation tant nationales qu’internationales, la Monusco (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo) s’est trouvée dans l’obligation d’avouer que les choses ne s’étaient pas bien passées dans les bureaux de vote et les centres de compilation de la CENI.
Tout le monde – Majorité Présidentielle, Opposition, Communauté internationale – s’accorde sur un point : la RDC ne devrait pas brûler à cause des élections. Cependant, après que des millions de Congolaises et de Congolais aient voté le 28 novembre 2011, la nette impression du moment est que les chiffres compilés par la CENI suscitent le doute chez beaucoup.

Face à la difficulté évidente de faire accepter le verdict des urnes à de larges pans de nos concitoyens, il ne reste, selon les textes, que la Cour Suprême de Justice, pour vider les contentieux électoraux, au niveau de la présidentielle, en attendant la mise en place de la Cour Constitutionnelle.
Une nouvelle et anxieuse attente, après celle des résultats provisoires qui avait totalement paralysé la ville de Kinshasa pendant une semaine, a commencé hier mardi 13 décembre 2011 à partir de minuit. Tous les regards sont tournés vers les magistrats de cette haute Cour qui devraient permettre aux Congolais et aux étrangers intéressés par leur processus électoral de connaître celui qui a réellement gagné l’élection présidentielle. Une lourde responsabilité politique et historique pèse désormais sur la Cour Suprême de Justice, qui a l’obligation de dire correctement le droit afin de permettre au pays de sortir de sa crise politique. L’indépendance et l’impartialité de cette juridiction sont ainsi terriblement mises en jeu.

     Kimp

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