Lutte antipaludéenne : l’approche communautaire incontournable

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DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO, AFRICA, MAPIMO - JULY 10: A young boy suffering from malaria rests on the floor with a high fever at a small medical center on July 10, 2013 in Mapimo, South Kivu, the Democratic Republic of Congo. In South Kivu in the Democratic Republic of Congo, under the rule of the popular movement Rahiya Mutomboki, an outbreak of malaria has been reported. Otherwise a common disease, got now out of control in a region of difficult access around the village Mapimo after the local people fled to forest fearing from government militia attacks. Although this medical facility has a capacity of 15 beds, there are more than 100 patients, mostly children, who lack care and drugs (antimalarial drugs). Those that are available, are being distributed free of charge from a non-profit organization People in Need. (Photo by Tomas Kubes/isifa/Getty Images)

La réussite de la lutte pour le contrôle du paludisme sur l’ensemble du territoire de la République Démocratique du Congo (RDC) préoccupe au plus haut point le ministère de la Santé publique. Le paludisme est une maladie qui sévit dans notre pays à l’état endémique. C’est l’une des causes majeures de la morbidité et de la mortalité tant des enfants que des adultes à travers le pays. C’est ce qui justifie la recherche d’une approche de lutte plus efficace avec la distribution des Moustiquaires Imprégnées d’Insecticides à Longue Durée d’action (MILD) et qui, à ce sujet, a incité le ministère de tutelle, à travers son Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), à initier un atelier de quatre jours – allant du 08 au 11 juillet 2019 – à l’Hôtel Vénus, dans la commune de la Gombe.

          Avant que ne se clôture cet atelier, les principaux intervenants, à savoir, Dr Eric Mukomena Sompwe, Dr Urbain Mekanda et Pr Georges Zuka Mon’Do, respectivement directeur du PNLP, chef de division provincial de la Santé du Kasaï basée à Tshikapa et directeur au service de planification à l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP) ont tenu à éclairer l’opinion sur la pertinence des stratégies utilisées pour conduire la population et les élèves à utiliser aussi les moustiquaires dans cette lutte à titre préventif. Une sûre méthode de prévention. Prenant la parole à cette occasion, Eric Mukomena, directeur du PNLP, a souligné de prime abord l’importance d’une lutte à base communautaire, telle qu’elle a été utilisée lors de deux campagnes de distribution de masse des MILD dans les provinces de Bas Uélé, à Buta en octobre 2018 et du Kasaï, à Tshikapa en novembre 2018.

          Pendant ces campagnes dans les deux provinces, il a été expérimenté deux nouvelles stratégies à base communautaire consistant primo, à impliquer directement les élèves des classes impaires du cycle primaire de l’EPSP (1ère, 3ème et 5ème années primaires) à qui on remettait les MILD à partir de la classe. Un choix opéré en tenant compte de la fin du cycle de vaccination du PEV (Programme Elargi de Vaccination) et de la rotation des élèves qui passent de classes chaque année. Secundo, on a remis des MILD aux leaders communautaires – à travers la distribution dans les Cellules d’Animations Communautaire (C.A.C.) – choisis par les communautés elles-mêmes pour cette distribution. Ces approches, faut-il le souligner, sont contraires à l’approche traditionnelle qui privilégie une distribution à partir d’un point fixe, tel un centre de santé.

Des acquis à ne pas négliger dans cette lutte

          Une enquête menée par un organisme différent quelques mois après a prouvé qu’avec cette stratégie impliquant directement les communautés, une avancée a été notée dans la possession et utilisation des MILD par les ménages. Il y avait moins de problèmes de résistance à l’utilisation. Ensuite, à Buta, 51,4% de ménages disposaient d’une MILD conformément à leur taille (nombre de membres de famille) et à Tshikapa, 41,6% de ménages en disposaient aussi conformément à leur taille. Par contre, une enquête antérieure effectuée à Tshopo, après l’utilisation de la stratégie de distribution à point fixe, a prouvé que seulement 22,4% de ménages possédaient et utilisaient les MILD.

          Dr Urbain Mekanda a aussi expliqué le travail de terrain menée dans la province auprès des écoles, des églises et des chefs de villages pour le choix des leaders communautaires. Une opération qui a prouvé son efficacité. Enfin, Pr Georges Zuka Mon’Do a expliqué l’avantage d’ impliquer les élèves dans cette lutte, eux qui sont le réservoir potentiel de plusieurs microbes, pour les convaincre de la nécessité de dormir sous le MILD ; en vue d’éviter les absences scolaires provoquées par la malaria. Et différente famille sont facilement atteintes grâce aux élèves.

SAKAZ

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