Grand perdant de l’élection au bureau du Sénat : Boshab victime de la gourmandise du PPRD

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Après avoir longtemps tremblé, Alexis Thambwe Mwamba a finalement devancé Modeste Bahati dans la course à la présidence du bureau définitif du Sénat. Mais l’événement du samedi 27 juillet 2019 au Palais du Peuple n’était autre que la défaite d’Evariste Boshab face à Samy Badibanga, pour le fauteuil de 1er vice-président de cette institution. La logique aurait voulu que l’électorat du FCC (Front Commun pour le Congo), celui-là qui, en dépit de la fronde d’une vingtaine d’électeurs, a porté l’ancien ministre de la Justice à bout de bras contre le dissident Bahati, fasse autant pour l’ancien ministre de l’Intérieur, ancien président de l’Assemblée Nationale et ancien Secrétaire général du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie).          

            On rappelle qu’avant l’épreuve des urnes, la campagne des affiliés de la famille politique de l’ancien chef de l’Etat s’articulait autour du « ticket gagnant Thambwe-Boshab ». Autrement dit, les deux candidats devaient, soit gagner ensemble, soit perdre ensemble. D’où la défaite électorale du second parait suspecte.

            Selon les indiscrétions en circulation au Palais du peuple, Evariste Boshab était, en réalité, victime de la « gourmandise » de ce parti, qui s’est taillé la part du lion dans le partage des postes de responsabilité au niveau des institutions, notamment des bureaux de l’Assemblée nationale et des assemblées provinciales, des gouvernorats des provinces ainsi que des gouvernements provinciaux. Les frustrations les plus difficiles à supporter par les partis et regroupements politiques en partenariat avec le PPRD au sein du FCC sont venues des contentieux électoraux à la Cour Constitutionnelle et dans les Cours d’Appel, au niveau desquels de nombreux candidats de ce parti, perdants des élections dans les urnes, ont été validés au détriment de leurs présumés alliés naturels.

            Il y a aussi le dossier de la formation du nouveau gouvernement, où les regroupements et partis satellites du FCC s’attendent à récolter des miettes. Le sort de Boshab était donc scellé, en dépit des appels à la mobilisation générale autour du « ticket » qu’il formait avec Thambwe Mwamba.

La majorité du FCC au

Parlement menacée ?

            Certains analystes politiques soutiennent que la déperdition des voix du FCC (Front Commun pour le Congo) tant dans l’élection de Thambwe Mwamba que dans celle de Boshab est à considérer comme la confirmation des fissures plus que jamais visibles sur l’édifice de ce regroupement politique. La déclaration d’indépendance de Modeste Bahati, banalisée au lendemain de sa radiation, est perçue aujourd’hui comme une décision susceptible de faire des émules parmi les indécis et les frustrés qui peuplent les écuries de l’ancien Chef de l’Etat, Joseph Kabila.

            La session ordinaire de septembre à décembre 2019, à l’Assemblée nationale comme au Sénat, pourrait réserver bien de surprises désagréables au staff du FCC au moment de l’application des mots d’ordre de vote. Kimp

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