«Zéro Kuluna» : les dérapages sèment le doute à Kingabwa

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Les pépinières des Kuluna – ces marginaux qui excellent en violences urbaines, et les nids des malfaiteurs qui insécurisent Kingabwa, sont depuis le 20 mai dernier, constamment visités par des équipes des policiers du célèbre commissariat Waya-Waya de ce quartier, dans le cadre de l’opération « Zéro kuluna ».

De véritables coups de pied sont administrés chaque jour, dans les fourmilières. Les malfaiteurs y sont délogés comme des termites et mis hors d’état de nuire à la satisfaction de leurs victimes. Deux quartiers constituent présentement le champ de prédilection de cette chasse aux «  criminels en herbe ». Il s’agit de Nzadi et Mbamu. Ces deux quartiers qui hébergent le gros des effectifs de ces délinquants, ne procuraient plus de sommeil aux habitants, au point que les promenades nocturnes déconseillées aux noctambules, étaient caractérisées par de nombreux cas d’extorsion et d’agressions sauvages.

« Shalabien », le sinistre «  ennemi public numéro un », mort lors d’un accrochage avec la police, sa légende est demeurée intacte et sa relève bien assurée. C’est pour enrayer le spectre de ce «  monstre » qui au plus fort de sa cruauté, avait défié le commandant du commissariat Waya-Waya qui venait à peine d’être installé, que l’opération « Zéro Kuluna » a été initiée dans cette partie de la capitale, à la demande de la population.

Les Kulunas, regroupés en bandes organisées et hiérarchisées,  commençaient par blesser à la machette ou au couteau, leurs victimes, avant de leur arracher leurs biens. Un monde de terreur avait élu domicile à Kingabwa où de nombreux habitants n’envisageaient plus que d’aller se réfugier dans des quartiers plus paisibles.

Interpellés par les plaintes incessantes de la population, les éléments de la police de Kingabwa ont obtenu le feu vert de l’inspection provinciale de la police pour traquer  de manière intensive, ces hors la loi, ainsi que leurs acolytes.

 Des débordements et des dérapages de la police

Depuis le déclenchement de cette opération, des bandes des malfaiteurs ont été appréhendées et exhibées à la population qui s’est réjouie de constater que le règne des kuluna est en train d’être effacé à Kingabwa. Et souvent, les habitants des quartiers mis à contribution désignent leurs bourreaux et les procès-verbaux d’audition sont aussitôt établis comme pour constituer des dossiers judiciaires en bonne et due forme.

Mais de plus en plus, on relève quelques cas de débordements dans le chef des policiers chargés de traquer ces délinquants.

En effet, lors de l’opération de ratissage, innocents et «kuluna» sont mis dans le même panier sans tenir compte de leur statut social, de leur activité professionnelle et de leurs antécédents judiciaires. C’est ce dérapage qui donne une autre coloration à la belle initiative que tout le monde avait souhaitée de tous ses vœux et applaudie de deux mains.

Seulement voilà ! Au lieu que les innocents soient relâchés sans conditions, les policiers ont trouvé dans cette opération, une occasion d’amasser à la pelle quelques amendes transactionnelles injustifiées avant de les remettre en liberté.

De nombreux parents s’interrogent alors sur le bien-fondé de cette chasse aux kuluna qui soudain, vire en un business très rentable. Et de se demander si c’est cela l’objectif assigné à «  zéro kuluna » à Kingabwa.

Qu’est-ce qui fait que certaines avenues sont plus visitées que d’autres ?

A Kingabwa, on s’interroge à juste titre pourquoi ce sont les rues Makula, Popokabaka, Kumbi, Muzengo, quartier Masiala et quartier Victoire qui sont les plus ciblées par les équipes de ratissage.

D’une source, nous apprenons qu’avant le lancement de cette opération de ratissage, les «Kuluna» alertés par certains policiers, «s’exilent» à Barumbu, Kinshasa et Lingwala. C’est ainsi que certaines visites policières se soldent par l’arrestation d’aucun «kuluna».

L’on reproche au commissariat de Kingabwa d’entourer ses  patrouilles par une publicité qui favorise la fuite de ces délinquants. D’où plusieurs coups d’épée dans l’eau, des pertes de temps et d’énergie.

Les habitants de Kingabwa recommandent à leur police de proximité, des actions ciblées, bien orientées et bien menées, susceptibles d’éradiquer une fois pour toutes le phénomène «kuluna». La population mise à contribution jusque-là, a servi d’indicateur aux policiers pour mieux traquer les vrais malfaiteurs.

Si les dérapages ne se multiplient pas, cette collaboration peut se poursuivre jusqu’à la réussite totale de la mission. 

       J.R.T.

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