«WEWA» interdits au-delà de 19 heures : mesure impopulaire et improductive

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motard-wewaAu lendemain de l’annonce de la mesure portant interdiction de la circulation des motocyclistes appelés communément « WEWA » prise par le Gouverneur de la Ville, des voix se sont élevées pour dénoncer son caractère impopulaire et improductif. Avec l’explosion démographique dans les principales villes du pays et au regard de l’incapacité affichée par les pouvoirs publics à doter le pays des moyens de transport en commun adéquats et modernes, ce sont des particuliers qui ont introduit ce mode de transport pour pallier  cette carence.

            Mesure impopulaire parce que les «WEWA» permettent aux Kinois d’atteindre leurs lieux de résidence le plus vite possible et en sécurité à n’importe quelle heure de la nuit et de la journée. Les «WEWA» déposent leurs clients jusque devant la porte de la maison et ne connaissent aucun obstacle de la nature, quelle que soit la saison.

            Mesure impopulaire, car les «WEWA» circulent de nuit comme de jour et rendent des services inestimables aux populations congolaises dont 85 % sont obligées d’évoluer dans le système de l’informel par faute d’emplois. Avec la dégradation du système routier datant de l’époque coloniale, il s’avère que dans la plupart des quartiers de différentes communes de principales villes, les avenues et routes sont dans un état impraticable suite aux érosions et au relief escarpé. Ce sont toujours et encore ces «WEWA» qui permettent aux usagers d’atteindre leurs lieux de résidence. Dès lors que les habitants des principales villes du pays sont obligés de casser leur cailloux jusqu’aux heures les plus tardives de la nuit comme c’est le cas pour les agents de la police, des journalistes, des agents des hôtels et restaurants de luxe, des vendeurs dans les « ligablos, nganda, marchés de nuit, hôpitaux, centres médicaux, pharmacies, etc», le seul moyen de transport à leur disposition n’est autre que le fameux et irremplaçable «  WEWA ».

Enerver les électeurs et les investisseurs

            Pour d’aucuns, cette mesure est à blâmer dès lors que ces nouveaux moyens de transport ont créé de nouveaux emplois directs et indirects et génèrent des recettes importantes aussi bien pour le trésor public que pour les petites et moyennes entreprises. Car, comme pour les voitures taxi et bus de transport en commun, des garages ont vu le jour et des magasins pour les pièces de rechange pullulent à travers les différentes communes de la capitale offrant des emplois directs et indirects aux jeunes gens en chômage. Il est quand même étonnant que l’autorité urbaine en arrive à tuer une source de recettes générées par ces WEWA. Notamment les frais d’assurances, les taxes de transport, les impôts communaux et les emplois directs et indirects. En cette période de chômage, c’est vouloir tuer la poule aux œufs d’or.

            Celui qui voudrait énerver les électeurs et les investisseurs ne s’y prendrait pas autrement, a réfléchi à haute voix un leader d’un parti membre de la Majorité Présidentielle. Ceux qui sont obligés d’emprunter ce moyen de transport se recrutent dans toutes les tendances politiques et cette mesure court le risque d’énerver les gens par ces temps où les débats se focalisent sur la révision constitutionnelle prônée par les partisans de la majorité Présidentielle pour pouvoir contourner l’article verrouillé de la constitution au sujet du mandat présidentiel. Au regard de la demande trop forte de ces motos, des investisseurs asiatiques se préparent à implanter des usines de montage pour produire ces engins à des prix abordables, non seulement pour la RDC mais aussi pour les pays voisins où ce moyen de transport est devenu populaire, notamment au Burundi, au Rwanda, en Ouganda, en RCA, au Tchad, en Angola, en Zambie, au Congo-Brazza et au Sud Soudan.

                                                                       F.M.               

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