Washington félicite Kinshasa

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La célébration du 235ème anniversaire de l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique a été saluée et honorée par la présence d’éminentes personnalités de haut rang triées sur le volet du monde politique, religieux, militaire, diplomatique et de la société civile, dont entre autres son éminence Laurent MONSENGWO, Cardinal et archevêque de Kinshasa, Edouard MOKOLO Wa Pombo, premier vice-président du Sénat, Mario LOSEMBE, deuxième vice-président du Sénat,  Dominique STRUYE de Swienlande, ambassadeur du Royaume de Belgique, Vital KAMERHE, ancien président de l’assemblée nationale, Jean-Claude MASANGU, gouverneur de la Banque Centrale du Congo, le général de Brigade MUDEKEREZA, inspecteur général d’Audit à la Police Nationale et bien d’autres.

Y a-t-il des similitudes entre les Etats Unis d’Amérique et le Congo démocratique. A quoi ressemblait la démocratie en Amérique cinq ans après la transition vers l’indépendance ? Telles sont les questions qui ont émaillé le discours de l’ambassadeur des Etats Unis. “Notre constitution a été adoptée treize ans après la Déclaration d’indépendance et ce n’est que vingt-sept ans après que la Cour Suprême de Justice a établi son pouvoir de statuer sur la constitutionnalité des lois. La séparation de trois pouvoirs, notamment ses branches législative, exécutive et juridique a pris forme trente ans après cette déclaration d’indépendance. Pendant quatre-vingt dix ans, le pays a été le théâtre d’une longue guerre civile sanglante. Voilà le cheminement de la démocratie”.

L’assistance a eu l’agréable surprise de voir l’Ambassadeur James F. Entwitsle jeter des fleurs au gouvernement à la suite des progrès accomplis dans la pacification et la réunification du pays, la restauration de l’autorité de l’Etat, la relance de l’économie nationale, mais aussi la démocratie et le respect des droits humains. Le diplomate américain, affichant un optimisme débordant, a parié sur le succès du processus électoral.

Un tel discours venant d’un représentant d’une des superpuissances planétaires, mérite d’être pris très au sérieux. Car il marque la preuve qu’en dépit des incidents et difficultés de parcours, la législature en cours n’aligne pas un bilan général  négatif, comme le soutiennent certaines méchantes langues. Castro   

Honorable Sénateurs et députés
Excellences Messieurs les ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques
Excellences Messieurs et Mesdames les ministres et membres du gouvernement
Distingués invités en vos titres et qualités,
Chers amis

Mon épouse Pam et moi sommes honorés de vous joindre à nous ce soir comme nous célébrons le 235è-’anniversaire de I’indépendance américaine. Organiser un événement de cette ampleur n’est pas une tâche facile, et je tiens à remercier tout le personnel de l’ambassade américaine qui a aidé à tout mettre en place. Permettez-moi aussi de remercier les compagnies américaines qui ont généreusement contribué à l’événement de ce soir : Tenke Fungurume, OM Group, Citibank, la Midema et General Electric.

C’est un jour propice pour les Américains. Chaque année, des familles, amis et communautés célèbrent la signature de la déclaration d’Indépendance en 1776. La signature de la déclaration fut un acte de courage – après tout, c’était de la haute trahison que d’apposer son nom sur ce document. Ce fut aussi une annonce audacieuse à la face du monde que notre nation créait un système démocratique qui permettrait aux Américains de sauvegarder leurs libertés.
Nous célébrons cet événement en famille avec des pique-niques, des feux d’artifices (et de la bière !), mais nous saisissons aussi cette occasion pour réfléchir sur ce que la journée commémore : nos engagements à la liberté et à la démocratie.
Ces engagements sont parmi les traits les plus durables de I’Amérique, malgré les changements des partis au pouvoir et même les structures de notre système politique.

Quand je pense à la fondation de mon pays, je ne peux m’empêcher de penser à la jeune démocratie ici au Congo. Y a-t-il des similitudes ? A quoi ressemblait la démocratie en Amérique cinq ans après la transition vers la démocratie ? Vous voyez, je ne peux pas dire « aux Etats-Unis »  parce que les Etats-Unis n’existaient pas en I776. Des longues années de guerre se sont passées entre la Déclaration d’Indépendance et le lancement pacifique de l’Amérique comme une nation. Même alors, les Etats d’Amérique n’étaient que légèrement liés entre eux.
Notre Constitution a été adoptée treize ans après la Déclaration d’Indépendance et ce n’est qu’en 1803, vingt-sept ans après la Déclaration que la Cour suprême a établi son pouvoir de statuer sur la constitutionnalité des lois.

En regardant en arrière, à partir du vingt et unième siècle, il est facile de prendre pour acquis le fait que mon pays soit ce qu’il est et que notre gouvernement a un équilibre entre les branches exécutive, législative et juridique et que la séparation des pouvoirs entre ces branches est I’une des garanties de notre liberté. Mais il a fallu près de trente ans après la Déclaration d’Indépendance pour que cette structure fondamentale prenne forme. Et souvenons-nous que cette structure a favorisé I’existence de I’esclavage aux Etats-Unis. Aussi, souvenons-nous, la nation créée par ce long processus a été presque déchirée par une guerre civile sanglante quatre-vingt dix ans après la Déclaration d’Indépendance. Ainsi, les Américains sont profondément conscients de combien il est difficile de construire une démocratie forte et durable, et c’est pourquoi nous sommes avec le peuple congolais dans leur lutte pour construire la leur. C’est aussi pourquoi I’Amérique soutient les efforts des Congolais à réaliser les aspirations démocratiques du pays.

Cette semaine, j’ai eu le privilège de transmettre au gouvernement congolais un message de félicitations du Président Obama au Président Kabila, à l’occasion des célébrations du 30 juin commémorant votre propre indépendance nationale. Dans ce message, le Président Obama a fait référence au partenariat solide entre les Etats-Unis et la RDC. Les Etats-Unis assistent activement le gouvernement et le peuple congolais pendant qu’ils améliorent la stabilité du pays et le bien-être des Congolais. Cinquante et un ans après son indépendance, nous pouvons voir que la République démocratique du Congo fait des progrès. Le pays est en paix avec ses voisins, il y a des signes de développement économique, l’Etat travaille de plus en plus à asseoir son autorité et apporter des avantages au peuple, et il y a un dialogue politique actif. Les Etats-Unis se sont tenus épaule contre épaule aux côtés de nos amis congolais.

Nous fournissons une aide significative se concentrant dans des domaines essentiels tels que la santé, l’éducation, le maintien de la paix, la sécurité, la bonne gouvemance, les droits de l’homme, l’environnement, et la lutte contre les fléaux de la violence sexuelle et du recrutement des enfants par les groupes armés. Et nous travaillons avec vous pour aussi soutenir les élections directement. Nous nous sommes investis dans des programmes d’éducation civique, dans la formation des observateurs électoraux,et continuons à apporter du soutien logistique à la MONUSCO. Toutes ces activités visent à renforcer le cadre établi par les autorités congolaises, en accord avec les aspirations du peuple congolais.

Lorsque les résultats des élections présidentielles et législatives seront annoncés, la communauté internationale appliquera les mêmes principes pour les élections ici, comme ils le font aux élections démocratiques partout dans le monde, y compris aux Etats-Unis. La communauté internationale et les électeurs congolais se poseront les questions suivantes :

– Le processus était-il transparent?
– Les candidats aux élections étaient-ils permis de faire la campagne sans intimidation?
– La sécurité était-elle adéquate pour assurer un processus pacifique?
– Les principaux candidats ont-ils tous bénéficié d’un accès équitable aux medias d’Etat?
– Les journalistes étaient-ils autorisés à faire leur travail et à informer le public sur les questions importantes ?
– Les autorités qui ont dirigé les élections et les médias sont-elles restées indépendantes ?
– Les femmes étaient-elles permises de participer sur un même pied d’égalité que les hommes?
– Les Congolais ont-ils eu accès aux lieux de vote et leurs votes ont-ils été comptés correctement? Tous les candidats et les partis ont respecté les résultats et ont adressé toutes contestations par le biais des structures juridiques établies ?

Me référant à tout ce que j’ai vu jusqu’à présent, y compris aux questions que j’ai citées, je suis optimiste que nous verrons ici des élections qui répondent aux aspirations du peuple congolais. Je vous invite à me donner raison et à montrer au monde que la liberté et la démocratie sont bel et bien vivantes en RDC.
Les Etats-Unis croient que la République démocratique du Congo a un bel avenir en tant que coeur chaud de I’Afrique. Nous sommes prêts à soutenir, comme l’hymne national de ce pays le dit : « un pays plus beau qu’avant dans la paix »

Pour finir, veuillez vous joindre à moi et lever votre verre : “à la liberté, à la démocratie et à la poursuite du partenariat de nos deux grandes nations”.

Je vous remercie.

 

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