Wamba dia Wamba : le cauchemar d’Inga

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Le pays était privé d’électricité entre août et septembre 1998, le temps de l’occupation du barrage d’Inga, par les troupes rebelles du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie), appuyées par des militaires rwandais, sous la présidence de Wamba dia Wamba. Que de bébés morts dans les couveuses dans les hôpitaux du Kongo Central, de
la ville de Kinshasa, des provinces du Bandundu et du Katanga ! Que d’usines fermées et des milliers de Congolaises et Congolais envoyés au chômage suite au manque d’électricité ! Que de cadavres condamnés à la putréfaction dans les morgues ! Que de tonnes de vivres frais rendues impropres à la consommation humaine à la suite d’un déficit de conservation et ayant pris le chemin des poubelles ! Que de ménages condamnés à des dépenses additionnelles pour l’achat des braises, du pétrole, des piles ? Que de banques placées dans l’incapacité de servir leur clientèle ni réaliser des opérations électroniques !

Quelle paralysie dans les régies financières incapables d’exécuter des opérations informatisées ! Que de médias écrits et audiovisuels réduits au silence !

Bref, à cause de la coupure des turbines du barrage d’Inga avec la caution morale de Wamba dia Wamba, la vie était devenue un enfer à Kinshasa ainsi que dans plusieurs provinces de la République. Le manque à gagner se passe de commentaires. Au lieu se retrouver à la CPI (Cour Pénale Internationale) où il méritait mille fois une place
de choix dans une cellule climatisée, à l’instar de ses compatriotes et alter ego de l’époque Matthieu Ngudjolo, Germain Katanga et Thomas Lubanga, celui qui vient d’être placé à la tête de Bundu dia Mayala
(ex-Bundu dia Kongo), se trouve non seulement en liberté mais prêt à
faire couler de nouveau le sang des Congolais.
L’on ne peut pas attendre un message et des actes de paix de la part
d’un seigneur de guerre qui ne s’est jamais repenti. Le discours du
mouvement-politico religieux où il prend la place du gourou Ne Muanda
Nsemi n’a pas changé. A l’image de BDK de triste mémoire, BDM fonde
aussi sa doctrine sur la haine ethnico-triballe à travers la
diabolisation et la chasse aux non originaires, le renversement du
pouvoir en place par la force, la déification de son « messie » ou
sauveur du Congo en la personne du député nationale Ne Muanda Nsemi,
l’avènement d’un royaume dont l’espace géographique engloberait les
provinces du Bas-Congo et de Kinshasa ainsi que des pans de
l’Equateur, de l’ex-Bandundu, de l’Angola et de la République du
Congo/Brazzaville.
Ce retour au premier plan de Wamba dia Wamba n’augure rien de bon
pour le peuple congolais, engagé dans la lutte de la tenue d’élections
libres, démocratiques, transparentes et apaisées, en vue d’une
passation civilisée du pouvoir au somment de l’Etat entre le Chef de
l’Etat sortant et son successeur à plébisciter par les urnes. Quel
message veut envoyer Bundu dia Mayala aux Congolaises et Congolais,
déjà acquis aux thèses de la non violence et de  changement de
gouvernance par des voies démocratiques, en jetant son dévolu sur un
individu porteur des milliers de morts sur sa conscience ?
Kimp