La VSV invite les autorités à restituer aux familles les corps des victimes

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La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (V.S.V.) et la Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) invitent les autorités congolaises à « restituer aux familles les corps des victimes qu’elles n’ont pas pu protéger de leur vivant pour un enterrement digne et à
mettre un terme à la banalisation de la vie et de la dignité humaine ». C’est là le thème choisi par ces deux organisations non gouvernementales de défense et promotion des droits humains (ongdh) pour leur conférence de presse, tenue hier lundi, 29 janvier 2918, au siège de la VSV, dans la commune de Kasa-Vubu, pour interpeller les autorités congolaises pour restituer aux familles éprouvées les corps de leurs fils et filles tués par la répression des forces de l’ordre.
Dans le communiqué de presse lu à cette occasion par Rostin Manketa,
secrétaire exécutif de la VSV en présence d’Emmanuel Cole,
représentant de la FBCP, les deux organisations se sont montrées très
préoccupées, pour la énième fois, de la politique de terreur mise en
oeuvre par certaines autorités congolaises, se traduisant par
l’instrumentalisation à outrance des éléments de la Police Nationale
Congolaise (PNC), des Forces Armées (FARDC), des militaires de la
Garde Républicaine (GR) ainsi que des agents des services de sécurité
pour réprimer brutalement, violemment et dans le sang des manifestants
pacifiques et sans armes revendiquant légitimement leurs droits
fondamentaux. En effet, VSV et FBBCP ont affirmé avoir été des témoins
oculaires des violations des droits humains perpétrées lors des
marches du 21 janvier 2018 organisées par le Comité laïc de
Coordination de l’Eglise catholique (CLC) en vue d’exiger
l’application intégrale de l’Accord de la St Sylvestre. Pour preuves.
Elles ont fait défiler à la tribune plusieurs victimes parmi
lesquelles une mère dont le fils était tué à Kingabwa et qui voudrait
récupérer son corps ; des personnes blessées par balles et d’autres
ayant des balles dans leurs corps.

Des témoignages troublants de cruauté

L’un des témoignages les plus tragiques – car il y en avait
plusieurs, particulièrement dans les églises qui sont documentés avec
noms, adresses et preuves matérielles – est de la mère de Muindilayi
Benjamin, tué à Kingabwa et dont le corps – déposé le même jour (21
janvier) à la morgue de l’Hôpital général, à la Gombe – est devenu
inaccessible à sa famille qui voudrait l’embaumer et lui offrir des
funérailles honorables. En outre, Rostin Manketa et Emmanuel Cole ont
affirmé que dans tous les cas recensés et sous examen, la violence est
toujours provoquée par les forces de l’ordre (qui parfois portent des
tenus civils avec des armes) pour donner prétexte à l’interdiction des
manifestation devant l’opinion. Il y a des violations des droits de
propriété et de liberté dans le seul but d’obtenir indûment des sommes
d’argent. Quant à la Monusco, ils ont reconnu qu’elle s’acquitte bien
de sa mission malgré les difficultés du terrain, car sans elle, le M23
serait arrivé à Kinshasa avec armes et plusieurs conflits auraient
pris d’énormes proportions.
Contredisant la version officielle de la PNC sur le nombre des
personnes tuées et des paroisses impliquées dans la marche du 21
janvier 2018 à Kinshasa, les deux ONG donnent un bilan de six
personnes tuées avec leurs noms, adresses, familles, etc ; et de 41
paroisses ayant participé à ces marches avec plusieurs profanations
des lieux sacrés, vols, intimidations pour empêcher les marches, etc.
SAKAZ