La VSV interpelle l’Etat congolais pour le non-respect des droits humains

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VSV,La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) a organisé une tribune d’échanges au profit des victimes des violations des Droits humains, le jeudi 09 octobre 2014, à son siège dans la commune de Ngaliema.

            Cette tribune a été animée par Timothée Diakisua et Olivier MPUKWE, deux chargés d’enquêtes et investigations au sein de cette association de défense des Droits de l’Homme. L’occasion était donc fournie aux victimes des enlèvements, des détentions illégales, des extorsions des biens, des tortures ou traitements cruels ou les membres de leurs familles d’expliquer leur calvaire à l’opinion publique et de rappeler les difficultés rencontrées par les instances judiciaires du pays. Objectif :  la VSV a voulu interpeller les instances judicaires du pays d’une part et les décideurs politiques de la République d’autre part. Elle s’est dit convaincue du fait que seul l’Etat peut garantir les droits aux citoyens de son pays.

Joseph Bolongo Youssouf, victime d’une extorsion de sa jeep de marque BMW5 a témoigné sur son calvaire commandité par une  autorité militaire de la place. Les faits remontent en septembre 2013, date où il s’était présenté à Kintambo, dans un lieu de l’exposition des véhicules pour retirer la jeep que son jeune frère Jonas Mpiana (sujet britannique mais d’origine congolaise) lui avait laissé. Il sera surpris de voir sept personnes armées jusqu’aux dents se présentant comme chargées de l’arrêter, sans aucun mandat, ni autres titres. Ils l’ont entouré et ont réquisitionné la jeep, sous prétexte qu’elle serait litigieuse. Il sera torturé dans un Camp de la Police, roulé dans la boue pendant cinq jours et suite à la détérioration de sa santé, il sera forcé à payer une caution de 250 $ pour recouvrer la liberté. Depuis lors, la jeep est toujours entre les mains des autorités de ce Camp.

      Le deuxième cas concerne M.AmbumbaLinganga Jimmy, avocat, professeur d’université et membre de la Convention Nationale des Droits de l’Homme (Conadho) basée à Brazzaville. Selon son avocat, son client est originaire de la province de l’Equateur et ancien coordonnateur de mission de l’opposant politique Honoré Ngbanda, président de l’Apareco. Il avait entrepris toutes les démarches nécessaires pour que son client soit amnistié. Convaincu de son éligibilité à la loi d’amnistie n°014 du 11 février 2014, et, ce après avoir signé son acte d’engagement réceptionné qu’il regagnera le sol congolais, le 23 mai 2014. Toujours selon cet avocat, cinq jours après, son client sera invité dans un restaurant de la place par l’un de ses amis qui est député national. C’est là, qu’il sera arrêté et amenée aux installations des services de renseignements où il est détenu jusqu’à ce jour. Face à cette situation, son avocat est monté au créneau pour dénoncer le mauvais système d’amnistie à double vitesse, deux poids, deux mesures.

              Sujet britannique mais d’origine congolaise, deux jours après son arrivée Kinshasa, Crispin Mbayo aurait reçu l’appel d’une dame qui l’invita dans un restaurant de la place. Arrivé à l’endroit du rendez-vous, la dame n’y était pas. Et, quelques heures après, une jeep surgira et l’amènera dans un cachot de la place où il se trouve jusqu’à présent, selon la VSV. Le motif de son enlèvement et détention n’est ni connu de ses frères ni de son épouse restée à Londres.

        Me Michel SheteboByamungu est en détention prolongée à Khartoum au Soudan. Le fait date du 29/09/ 2007, où Me Michel avocat au barreau de Kinshasa/Matete avait embarqué avec une dizaine personnes dans l’avion Antonov 12 séries 00347003 immatriculé 9Q-CZB de la société russe KNG-Transavia/Aviakrilo. D’après la famille, l’avion aurait été détourné de sa  destination initiale pour se retrouver à Khartoum.

     Selon eux, les résultats des enquêtes menées attestent que l’avion a bel et bien atterri au Soudan. Cela aurait été confirmé puisque dans l’équipage  se trouvaient les membres de la famille d’une autorité de la place. Il faudrait noter que la victime se rendait à Goma dans le cadre d’une mission de service, puisqu’il  était conseiller au cabinet d’un ministère. Depuis lors, il demeure introuvable. Dans ce même registre, on cite notamment le cas de KualuBikuta Nancy, journaliste, présentatrice, toujours recherchée par sa famille.

      D’autres cas comme celui notamment du meurtre de Neto Mbongu Antoine en date du 24 avril 2014 dont le corps est toujours gardé à la morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa. Devant cet éventail des cas enregistrés, la VSV déplore le disfonctionnement de la justice congolaise et le non-respect des droits humains.

Dorcas Nsomwe

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