La VSV a commémoré l’an sept de l’assassinat de F. Chebeya et F. Bazana

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La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) a commémoré l’an 7 de l’assassinat de deux défenseurs des Droits de l’Homme, à savoir, Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi (1er Juin 2010-1er Juin 2017), qui étaient à l’époque des faits, directeur exécutif et chauffeur chargé du dispatching de cette organisation de défense des droits humains. Les deux victimes avaient été assassinées à cause de leur lutte pour les droits de l’homme, dans les locaux de la Police Nationale Congolaise, juste à côté du Palais du Peuple, dans la commune de Lingwala. A l’occasion de ce triste anniversaire, hier jeudi 01 juin 2017, Rostin Manketa, actuel directeur exécutif de la VSV, a conduit une forte délégation des frères, sœurs, collègues, amis et connaissances venus partager une fois de plus, ce souvenir atroce, sur la tombe de Floribert Chebeya, au cimetière de Benseka-Futi/Nouvelle Cité, dans la commune de Mont Ngafula. La tombe où serait jeté le corps de Fidèle Bazana est restée introuvable ; les criminels et commanditaires du double assassinat n’ayant jamais voulu l’indiquer. Dans cette délégation, on a pu noter particulièrement la
présence des familles biologiques des deux disparus, des responsables
et membres de la VSV, des représentants de la Commission Nationale des
Droits de l’Hommes (CNDH) et des chancelleries occidentales (Belgique,
Pays-Bas, etc.). De nombreux activistes des droits humains tels que
Christopher Ngoy et Gloria de la section kinoise de l’ONG la «Lucha»
sont aussi venus honorer la mémoire des disparus.
Dans son mot de circonstance, Rostin Manketa a indiqué que ce 7ème
anniversaire est commémoré dans un contexte particulier où la Rd congo
peine encore à se hisser au rang des pays respectueux des droits de
l’homme et des valeurs démocratiques, pour lesquelles Floribert
Chebeya s’est battu pendant plus de deux décennies avant son
assassinat. A l’occasion de cette commémoration, il a rappelé aux uns
et aux autres que le 1er Juin de chaque année est désormais consacré :
« Journée nationale des Défenseurs des Droits de l’Homme ». Aux
gouvernants et à l’Etat, il a aussi rappelé que leur mission est de
protéger les défenseurs des droits de l’homme et non de les tuer. Et
que les défenseurs des droits de l’homme ne céderont ni aux
intimidations, ni aux menaces de toutes sortes dont ils continuent à
faire l’objet de la part de certains officiels et de leurs
collaborateurs.

Les atrocités perpétrées dans le Kasaï et l’impunité des criminels décriées
Le Directeur exécutif de la VSV a fustigé l’allègement de la peine du
Colonel Daniel Mukalayi wa Mateso et l’impunité dont jouit le Général
John Numbi en sa qualité de suspect n° 01 dans l’assassinat de sdeux
défenseurs de D.H, et cela à cause de la bénédiction des autorités
politiques et judiciaires de la RD Congo. Il a saisi cette occasion
pour dénoncer les violations massives des droits humains, notamment
les atteintes à la vie et à la propriété dont souffrent des milliers
des Congolais aussi bien à l’Est du pays qu’actuellement dans les
provinces du Kasaï-Central, Kasaï Oriental et Kasaï, en marge du
phénomène Kamuina N’Sapu. Il a demandé aux autorités congolaises de
garantir la sécurité des personnes et de leurs biens. Il a soutenu la
mise en place d’une Commission d’enquête internationale susceptible de
contribuer à lutter contre l’impunité dans les provinces du Kasaï. Il
a enfin promis la continuation de la lutte pour les «sans voix» pour
lesquels les deux martyrs sont morts.
Auparavant, Adelaïde Chebeya, sœur aînée de Floribert Chebeya, et
Agbeka Etenge Gina, frère de Fidèle Bazana, se sont successivement
exprimés et ont exigé que la justice soit effectivement rendue pour
les deux victimes et, comme c’est un crime d’Etat, que le Gouvernement
de la République consente des indemnisations conséquentes aux familles
éplorées. Enfin, après le dépôt des gerbes des fleurs, la délégation
s’est dirigée vers l’Eglise catholique Notre Dame de Fatima, à la
Gombe, où une conférence de presse sur la vie de deux victimes a été
organisée, suivie d’une messe d’action de Grâce.

SAKAZ