Vrai-faux « Projet d’Accord de Kampala » : les Congolais exigent la transparence !

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Aussitôt après l’annonce par le M23 de son retrait de la table des négociations avec le gouvernement congolais, dans la capitale ougandaise, à la fin du mois d’avril dernier, un document attribué au secrétariat technique de la facilitation ougandaise s’est mis à circuler aussi bien sur le net que dans les salons politiques de Kinshasa. Aux dires de certaines sources, il s’agirait du « Projet d’Accord de Kampala » appelé à sanctionner le nouveau deal politique entre les autorités congolaises et les rebelles du Mouvement du 23 Mars.

         Au-delà de la controverse qui s’anime autour de son authenticité, le document fait hérisser le poil de plus d’un patriote congolais au regard d’inacceptables concessions que devrait faire le pouvoir en place à Kinshasa à une bande d’individus coupables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Il est scandaleux de constater que l’Accord susvisé prévoit des privilèges insupportables en faveur des criminels dont la place la mieux méritée devrait être une cellule du centre pénitencier de la CPI (Cour Pénale Internationale), à La Haye.

En route pour Sun City/bis

Dans la droite ligne de « L’Accord Global et Inclusif » ayant sanctionné la fin du Dialogue Intercongolais entre les composantes belligérantes, l’Opposition non armée et la Société Civile, en décembre 2002 à Sun City, en Afrique du Sud, on note que le « Projet d’Accord de Kampala » prévoit l’intégration des cadres militaires du M23 au sein de l’Etat-major des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et de leurs soldats dans les contingents des troupes loyalistes.

         Quant aux cadres civils, Kinshasa devrait leur ouvrir, toutes grandes, les portes des institutions politiques nationales (Sénat, Assemblée nationale, Gouvernement, pouvoir judiciaire, services des renseignements) et provinciales (Assemblées et gouvernements provinciaux, territoriale, gouvernorats des provinces), des entreprises du Portefeuille, des régies financières, des représentations diplomatiques, etc.

         Par ailleurs, il est demandé au Chef de l’Etat congolais de promulguer une loi d’amnistie en faveur des cadres politiques et combattants du M23, de budgétiser l’indemnisation des déplacés de guerre internes du Nord-Kivu et des réfugiés congolais à répertorier au Rwanda, en Ouganda, au Burundi et en Tanzanie.

         Selon l’esprit et la lettre du « Projet d’Accord de Kampala », un nouveau feuilleton de partage équitable et équilibré du pouvoir entre les autorités congolaises et les plénipotentiaires du M23 serait en chantier.

La transparence d’abord !

Le « Projet d’Accord de Kampala » trouble de nombreux  esprits depuis que le Secrétaire Général de l’ONU d’abord, son Envoyée Spéciale dans les Grands Lacs Mary Robinson et le président tanzanien Kikwete ensuite ont fait savoir à l’opinion tant nationale qu’internationale que pour la régler l’actuelle crise politico-militaire en RDC, il fallait que Kinshasa et le M23 rentrent à la table des négociations, à Kampala. Si tel est le schéma incontournable à suivre pour le retour d’une paix durable à l’Est de la RD Congo, les citoyennes et citoyens de ce pays ont le droit d’être correctement renseignés sur ce qui se cache derrière l’option onusienne.

         Car, en lieu et place de déployer la Brigade internationale d’intervention et des drones à l’Est du grand Congo aux fins de neutraliser les forces négatives, dont le M23, tous les analystes politiques constatent que ce mouvement politico-militaire n’est plus condamné à disparaître. Au contraire, les Nations Unies, l’Union Africaine et la SADC lui reconnaissent, comme en son temps la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs) le statut d’interlocuteur de Kinshasa.

         C’est le lieu d’exiger des décideurs et experts de Kinshasa ayant éventuellement participé à la mise en forme définitive du document le ramener au Parlement, afin qu’un débat libre, franc et inclusif soit engagé au sujet de son contenu assassin. Un premier pas a déjà été fait en direction de l’Assemblée Nationale par Raymond Tshibanda, ministre des Affaires Etrangères et chef de la délégation congolaise à Kampala. Mais, il faut plus, à savoir un examen intégral et approfondi de ce « Projet d’Accord de Kampala » par les deux chambres du Parlement. C’est au regard des contre-propositions à ficeler par les Sénateurs et Députés et à communiquer aux plénipotentiaires de Kinshasa, au Secrétaire Général de l’ONU ainsi qu’à la présidence de l’Union Africaine que le peuple congolais pourrait espérer une prise en compte réelle de ses intérêts à Kampala. Si les décideurs congolais refusent de jouer la carte de la transparence et se complaisent, comme en mars 2009 face au CNDP de Bosco Ntaganda, dans l’entretien du flou au sujet de l’avenir de la patrie, les ennemis de la paix et de la stabilité du Congo pourraient de nouveau jouer et gagner.

                                                                  Kimp

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