Voitures « ketches » : des braqueurs frappent toujours

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Fonctionnaire de l’Etat, Mlle Mbungu, 28 ans, a été victime d’un braquage à bord d’une voiture taxi. C’était le vendredi 18 février, à 22 heures. Après une visite familiale terminée tard au quartier GB, elle avait pris un taxi sur l’avenue de l’U.A.  A bord, il y avait
deux solides gaillards et le conducteur. Silence absolu entre les deux. A plus de 200 mètres de là, un nouveau client était embarqué. A peine la voiture avait pris une grande vitesse que les vitres étaient remontées et les portières verrouillées. Bien qu’elle ait manifesté
ses craintes d’être étouffée, le chauffeur a fait la sourde oreille.

Aussitôt après, le groupe s’est mis à s’entretenir au sujet desarrestations opérées dernièrement sur des dames qui avaient dissimulé
des pistolets et des grenades dans leurs sacs à main.
Le chef de bande a ensuite intimé l’ordre à ses hommes de fouiller
Mlle Mbungu. Seule et sans défense, la pauvre demoiselle a pleuré
pendant que l’on sortait ses deux téléphones, son argent en monnaie
locale et en devises.
Mission terminée, a fait savoir un malfaiteur à ses comparses. Ces
malfaiteurs ont vite débarqué leur victime et la voiture est rentrée
vers le quartier GB. Certainement, pour d’autres destinations et
l’attaque d’autres victimes.
Rond point Huileries, commune de Lingwala. Dimanche 11 février. Minuit
passé. Les taxis se font rares à destination de Kintambo magasins.
Soudain, une voiture « ketche » va s’immobiliser des mètres plus loin.
Les clients ont accouru. Pris de compassion, un passager se trouvant
déjà à bord a supplié le conducteur pour n’embarquer qu’une dame
élégamment vêtue. Les oreilles parées de boucles en or, le cou orné
d’une chaînette de marque Cartier et les doigts parsemés de bagues,
une tablette à la main, la dame est montée dans le taxi qui a démarré.
Vers le pont Makelele sur avenue O.U.A, revolver pointé sur leur
victime, les bandits la dépouillent de ses parures, de son sac et de
sa tablette. Et on l’a descendu en lui demandant de ne pas alerter la
police, puisqu’ils connaissent son adresse et pourront la rejoindre
pour d’autres agressions. Pour ce coup, le butin a été estimé à 1.850
dollars.
Mme Aziza a échappé le vendredi dernier, à 19 heures, à un braquage à
bord d’une voiture « ketche ». Les trois malfaiteurs trouvés à bord du
taxi, à l’arrêt situé au rond-point de l’avenue Union africaine, se
sont présentés à elle, au niveau du rond-point Victoire, comme étant
des agents de sécurité chargés de contrôler les sacs des passagers
dans des taxis. Ils seraient à la recherche de  nombreuses armes qui
seraient entrées clandestinement dans la ville de Kinshasa. Et ce,
pour perturber la quiétude de la population et la sérénité des
institutions au début de cette année. A la suite de cette
présentation, ils tenaient mordicus à fouiller le sac de la dame.
Chose que cete dernière n’a pas tolérée.
Choquée, Mme Aziza leur a demandé si elle avait l’air de ces
personnes suspectes qu’ils recherchent. L’un d’eux a voulu hausser le
ton dans une sorte de stratégie d’intimidation. Vitres remontées,
portières verrouillées  au niveau du chauffeur, la voiture a pris de
la vitesse sur l’avenue du 24 novembre. Elle a vite compris qu’elle
avait affaire avec des malfaiteurs et a exigé que leur ordre de
mission lui soit exhibé. L’autre malfrat quelque peu hésitant a
présenté sa carte. Non, je veux voir le bulletin de service avec vos
noms et grades, ainsi que l’objet de l’ordre de mission ! J’aimerais
également connaître à quelle unité vous appartenez et l’officier
supérieur qui vous a délivré ce document !
La discussion s’est engagée et Mme Aziza a dévoilé sa carte d’officier
supérieur. Immédiatement, le chauffeur s’est arrêté et le chef de la
bande a ordonné à Mme Aziza de descendre gentiment sans payer. C’est
ce qu’elle a fait, promettant d’alerter les patrouilleurs de la
police. Un regard sur l’arrière de l’engin, pas de plaque
d’immatriculation.
Avec leur nombre élevé sur nos routes et leur confort intérieur, les
voitures dénommées «  ketches » affectées au transport taxi, ne sont
plus sûres à Kinshasa, le jour comme la nuit. Comme on vient de s’en
rendre compte sur base de ces quelques braquages enregistrés sur
quelques artères de la ville de Kinshasa. A la suite des incessantes
et multiples attaques des braqueurs depuis déjà plus de cinq ans, le
Commissariat provincial de la police a du pain sur la planche et doit
intensifier la traque de ces délinquants qui opèrent avec leurs
véhicules. Les victimes sont généralement les conducteurs et les
passagers.
J.R.T.