Vive tension au Bas-Congo

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A quelques jours de la publication par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) du calendrier relatif à l’élection du Gouverneur du Bas-Congo, la tension monte terriblement au sein de la communauté des Ne Kongo. Dans une déclaration datée du 30 mai 2012, date marquant le 52me anniversaire de l’assassinat de l’abbé Jean Loya, des notables du District de la Lukaya, réunis pour la circonstance, ne se sont pas voilés la face.Leur message s’est voulu un cri d’alarme adressé au Chef de l’Etat, Joseph Kabila, « autorité morale » de la Majorité Présidentielle, pour lui demander le retour de l’ascenseur post-électoral. En clair, tout le District de la Lukaya compte sur ses « consignes » à sa famille politique pour réparer une injustice vieille maintenant de 15 ans, à savoir l’absence de cette entité politico-administrative à la tête de l’exécutif provincial.

A ce sujet, les statistiques sont éloquentes : Léonard Fuka Unzola (Cataractes : 1997-1998), Séraphin Bavuidi (Cataractes : 1998-2002), César Tsasa di Tumba (Bas-Fleuve : 2002-2006), Jacques Mbadu Nsitu (Bas-Fleuve : 2006-2007) et Simon Floribert Mbatshi Batshia (2007-2012).
En toute logique, les originaires des districts du Bas-Fleuve et des Cataractes devraient faire montre d’élégance et s’abstenir de postuler pour la direction du Gouvernorat du Bas-Congo. Leurs frères et sœurs de la Lukaya ont des raisons de se sentir frustrés car en plus de leur absence de la direction de l’exécutif provincial, ils se retrouvent sans ministre dans le nouveau gouvernement. Pourtant, les Cataractes avec le Vice- Premier ministre et ministre du Budget, Mukoko, et le Bas-Fleuve avec le ministre Robert Mbuinga aux Affaires Foncières sont, une fois de plus, bien servis.  
 
Deo Nkusu pour brouiller les cartes
 
Selon les informations en circulation à Matadi, la majorité des filles et fils Ne Kongo ne verraient aucun mal à ce que le poste de Gouverneur du Bas-Congo revienne au district de la Lukaya, quitte à ce que le Bas-Fleuve et les Cataractes s’entendent sur un candidat consensuel pour le vice-gouvernorat. Toutefois, plusieurs cercles politiques soupçonnent le gouverneur intérimaire Deo Nkusu, en poste comme Vice-Gouverneur de 2003 à 2012, sous le label RCD d’abord puis PPRD en fin de mandat, de vouloir brouiller les cartes.
Lors de son récent séjour à Kinshasa, indique-t-on, il a multiplié des contacts auprès de plusieurs cadres du PPRD pour les convaincre d’appuyer sa candidature. Ce lobbying a irrité plusieurs politiciens Ne Kongo, dont le député national Puela. Ce dernier, lors d’un meeting animé dernièrement à Matadi, a dénoncé l’activisme d’un animateur de la territoriale qui a passé près de 9 ans au sein de l’exécutif provincial du Bas-Congo sans bilan probant. Du point de vue de cet élu du peuple, Deo Nkusu ne mérite plus de gérer le gouvernorat du Bas-Congo à cause de son bilan personnel largement négatif.
Dans les milieux politiques du Bas-Congo, cette opinion est largement partagée, d’autant que le duo Mbatshi-Nkusu avait avoué, au lendemain de l’élection présidentielle, être responsable du mauvais score réalisé par Joseph Kabila face à Etienne Tshisekedi. Selon plusieurs sources, aucune autorité provinciale n’avait osé tenir un meeting pour soutenir Joseph Kabila pendant la campagne électorale. Elles avaient toutes peur de s’afficher ouvertement comme PPRD ou MP. Il est donc étonnant qu’à l’heure du partage du gâteau, des opportunistes sortent du bois pour semer la confusion dans les esprits. L’unique territoire ayant sauvé les meubles était celui de Kimvula, où le Chef de l’Etat s’était tapé 71% de voix. 
 
Le patriarche Yerodia interpellé
 
Il semble que le ticket Nkusu-Mabeka (ministre provincial) serait parrainé par le patriarche Yerodia. D’aucuns pensent que si ce sage Kongo a effectivement opéré un tel choix, il y a lieu qu’il fasse attention au risque d’une disqualification de la famille politique présidentielle dans la mémoire collective Kongo. Compte tenu de l’état d’esprit qui prévaut dans plusieurs milieux Ne Kongo, il serait de bonne politique que cet ancien compagnon de lutte de Mzee Kabila ouvrent grandement ses yeux et ses oreilles pour bien lire et écouter les signes du temps.
Pour avoir permis à la province de ne pas sombrer totalement lors de l’élection présidentielle à travers le score flatteur réalisé par le territoire de Kimvula, la Lukaya a aussi droit à sa part du gâteau à travers l’unique opportunité qui lui reste, à savoir le contrôle du gouvernorat de la province. Et pour un tel poste, ce ne sont pas les compétences qui manquent. Ce district se sent capable de piloter l’exécutif provincial et donner un sens à la Révolution de la Modernité. A cet effet, tous les regards des filles et fils de la Lukaya sont braqués sur le Chef de l’Etat afin qu’il ne les laisse pas au bord de la route de 2012 à 2016.
 
Kimp

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