Vital Kamerhe : un pari osé

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En décidant de quitter définitivement le PPRD et en démissionnant par voie de conséquence de l’assemblée nationale, Vital KAMERHE était loin de s’imaginer qu’il venait de botter dans le fourmilière car ces deux décisions avaient provoqué une onde de choc qui s’est répercutée par delà monts, vallées, forêts, rivières, lacs et océans probablement jusqu’aux pôles Nord et Sud. Un véritable Tsunami qui a bouleversé l’échiquier politico-social du pays et plus particulièrement le microcosme de la famille politique se réclamant proche de l’actuel locataire du Palais de la nation. Un évènement dans l’évènement dans la mesure où il est intervenu dans la suite de deux autres tout aussi marquants, à savoir l’élévation de Mgr Laurent MONSENGWO à la charge cardinalice par le Pape Benoit 16 et le retour fracassant d’Etienne TSHISEKEDI.

    Trois évènements qui ont focalisé l’attention de l’opinion tant nationale qu’internationale et dont les répercussions continuent à se faire sentir jusqu’aujourd’hui. Même si le départ de Vital KAMERHE était sur toutes les lèvres et que ce n’était qu’une question de jour, le commun des mortels ne s’attendait pas à une telle montée de fièvre qui rappelle les grands moments des messes populaires au lendemain du discours historique du 24 avril 1990.
    
Incroyable mais vrai….

    Avant cette sortie ; c’était la grande incertitude compte tenu du fait que personne ne pouvait croire que Vital KAMERHE oserait rompre publiquement avec sa famille politique. On croyait qu’il allait avoir peur pour sa propre sécurité physique et celle des siens, qu’il allait tout simplement se contenter de ses immunités parlementaires dans l’espoir d’être récupéré un jour par l’autorité morale de l’AMP. Des bruits avaient couru dans ce sens pendant plus d’une année le voyant à la tête du gouvernement en prévision des élections ou chargé d’un mega ministère pour les mêmes motifs.

On note cependant que dans le cadre des conflits internes au PPRD, l’ancien speaker a été souvent l’objet des attaques violentes caractérisées par des injures, des insinuations malveillantes, des imputations dommageables lui proférées particulièrement par des gens à la solde du fameux gouvernement parallèle. Mais contre toute attente et à la surprise générale, le tout premier secrétaire général du PPRD a osé démissionner aussi bien de son parti que de l’Assemblée nationale. Perdant ainsi ses immunités parlementaires, ce qui l’expose à n’importe quelle poursuite même pour des faits mineurs. Pire encore, il a poussé le culot jusqu’à parler au nom d’un nouveau parti politique dénommé l’Union pour la Nation Congolaise) dont la dénomination évoque par sa ressemblance, la plate-forme qui avait appuyé la campagne de Jean-Pierre BEMBA en 2006.

      Téméraire jusqu’à énerver certains de ses partisans encore tapis dans l’ombre, toujours au nom de son nouveau parti, Vital KAMERHE a poussé le bouton loin jusqu’à tenir des discours critiques à l’endroit du chef de l’Etat, que ça soit à Kinshasa et plus particulièrement dans ce qui a toujours été considéré comme le vivier de Joseph KABILA, à savoir le Grand Kivu. Qui, comme on le sait, demeurera à jamais la base révolutionnaire de feu Laurent-Désiré KABILA car c’est là qu’il avait lancé sa rébellion qui l’a propulsé au devant de la scène politique mondiale. C’est aussi dans ce maquis de Fizi-Baraka que sont nés tous ses enfants dont l’actuel locataire du Palais de la nation.

Vrai opposant ou taupe ?

    Les multiples retournements de vestes auxquels les Congolais ont toujours assisté ne plaident pas à priori en faveur de Vital KAMERHE. C’est dans ce pays où une figure de proue avait été lynchée, humiliée, torturée physiquement et condamnée à mort avant de bénéficier d’une grâce présidentielle. Une fois remise en liberté, cette personnalité va accepter de revenir dans le sérail pour y occuper le poste d’ambassadeur aux Etats-Unis avant de rebondir à la primature. A la faveur d’une mission officielle en Belgique, elle va surprendre toute l’opinion en démissionnant avec fracas pour créer un parti politique de l’opposition qui va ébranler le pouvoir en place du fait qu’il bénéficiait de nombreux appuis dans les capitales occidentales à une période dominée par la politique des droits de l’homme inaugurée par le président américain Jimmy CARTER.

    Quelle ne fut pas la surprise de la revoir revenir au bercail pour devenir le directeur de campagne de son ancien bourreau. Des exemples de ce genre sont légion et l’on peut les citer à profusion. L’opinion, pour sa part, attend de juger Vital KAMERHE sur ces actes car lors de tous ses discours, à Kinshasa, Bukavu et Walungu, il a juré sur les tombes de ses ancêtres que son parti faisait désormais partie de l’opposition politique pacifique au même pied que l’UDPS et compagnie. N’est-ce pas le mea culpa qu’il avait fait au marché de Nyawera à Bukavu sa ville natale pour appeler le peuple à le juger sur ses actes ?

Fidèle Musangu

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