Vital Kamerhe : «Dans quel pays vit Joseph Kabila ?»

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Vingt quatre heures seulement ont suffi pour que le président national de l’UNC Vital Kamerhe réagisse aux propos tenus par le chef de l’Etat au cours de la conférence qu’il avait animée le vendredi 26 janvier 2018.
« Monsieur Kabila n’a pas dit la vérité au peuple congolais telle
qu’il a promis dans son point de presse, oubliant que les faits sont
têtus et ne peuvent être embellis par une version romanesque ». C’est
par cette phase que Vital Kamerhe a ouvert l’énumération des « dix
contre-vérités » qu’il a dû déceler dans l’intervention de Joseph
Kabila devant les journalistes, le vendredi 26 janvier au Palais de la
Nation.
Première contre vérité : il s’oppose à la déclaration du chef de
l’Etat selon laquelle la constitution actuelle est son œuvre. Car,
insiste-t-il, la constitution est l’œuvre de tout le monde y compris
ceux qui avaient appelé à voter contre.
Deuxième contre vérité : le chef de l’Etat ne doit pas prétendre ne
pas être à l’origine de la non organisation des élections en décembre
2016. C’est bien lui qui a misé des manœuvres politiques pour
repousser la tenue des élections.
Troisième contre vérité : le pays se porte mieux aujourd’hui. «
Monsieur Joseph Kabila a sans doute une vision édulcorée de la réalité
car la vie de la population est aujourd’hui au plus bas avec le retour
des maladies autrefois éradiquées tel que le choléra à cause d’une
totale absence de politique appropriée en matière d’hygiène et de
santé. Dans quel pays vit Monsieur Joseph Kabila ? En tout cas, pas en
RDC ».
Quatrième contre vérité : la menace de la fermeture de la maison
Schengen à Kinshasa et de l’Agence de développement, en représailles
de la suspension par la Belgique de la coopération structurelle en
guise de protestation contre les violations massives des droits de
l’homme en RDC,     est un acte qui ne s’explique pas.
Cinquième contre vérité : Joseph Kabila n’a pas le droit de faire le
choix entre la démocratie et le développement. Cela cache ses
intentions de vouloir s’éterniser au pouvoir.
Sixième contre vérité : vouloir transformer les Zaïrois qu’on était
en Congolais, est une insulte contre le peuple. Kamerhe espère que
c’est un lapsus de langage que l’auteur pourra retirer par respect au
peuple.
Septième contre vérité : les forces de sécurité n’ont pas rétabli
l’ordre. Car l’ordre n’était pas perturbé. Elles ont plutôt tué,
blessé, arrêté, déshabillé et violé.
Huitième contre vérité : le CLC n’est pas à la base de la mort des
paisibles citoyens. C’est plutôt l’armée et la police qui ont oublié
leurs missions de défendre le territoire et de protéger les personnes
et leurs biens.
Neuvième contre vérité : le fait de penser que l’église ne doit pas
se mêler de la politique du pays. Non, le Pape est catégorique :
l’église a la mission de se mettre aux côtés du peuple opprimé.
Dixième contre vérité : à analyser les réponses de Joseph Kabila aux
questions lui posées, on comprend clairement qu’il n’a pas la volonté
de quitter le pouvoir. Car, il parle du plan de développement à long
terme, langage que quelqu’un qui quitte le pouvoir dans quelques mois,
ne peut plus tenir.
Dom