Vital Kamerhe dénonce : « L’Office National d’Identification de la Population est une nouvelle recette de l’AMP pour prolonger le mandat de Joseph Kabila »

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vita_kamerhe_union_natioin_congolaise_unc_rd_congoOn peut tout lui refuser, sauf le flair et la promptitude de voir plus loin et de découvrir très tôt un piège en vue de prendre à témoin l’opinion sur un évènement sociopolitique de l’heure, qui est de nature à influencer la vie nationale. Vital KAMERHE fait partie de ces monstres politiques qui marquent leur temps et c’est ce cachet  qu’il a imprimé à son parti. Coup sur coup, en une journée, l’UNC et son leader ont secoué le cocotier du microcosme politique par des prises de position tranchantes et déterminantes. Avant-hier, c’est un communiqué lu par Jolino Makelele, porte-parole du parti, sanctionnant la réunion du Bureau Politique tenue au siège social de Barumbu qui a salué la position de la France à l’issue du sommet de la Francophonie regroupant des chefs d’Etat et des gouvernement tenu à Dakar au Sénégal. En effet, François Hollande n’avait pas mis des gants pour condamner à haute voix la tendance à
instaurer la monarchie présidentielle dans certains Etats africains. Il a lancé un nouvel avertissement aux  chefs d’Etat qui seraient tentés de modifier la constitution en vue de confisquer le pouvoir et cela, à la veille des échéances électorales.

Tout en saluant ce coup de poker du chef d’Etat français, l’UNC a tenu quand même à rappeler que cette position rejoint celles prises récemment par les Forces Politiques et Sociales de l’Opposition congolaises pilotées par l’UNC et l’UDPS ainsi que leurs alliés, la Conférence Episcopale Nationale du Congo et le Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique.
Comme à ses habitudes, Vital Kamerhe a ensuite dénoncé un piège que prépare la famille politique proche du président Joseph Kabila. Il s’agit, a-t-il martelé, de la mise en place de l’Office National d’identification de la population (ONIP), dont les membres viennent d’être nommés par une ordonnance présidentielle et qui ont déjà commencé à recruter des collaborateurs. Cet Office est chargé d’effectuer le recensement de la population congolaise, a-t-on indiqué.

Le piège

Où se situe le piège ? Pour le leader de l’Union pour la Nation, cet office n’est qu’une nouvelle trouvaille imaginée par la majorité pour prolonger le mandat de Joseph Kabila. Ce, après avoir tenté en vain un passage en force au niveau du parlement par le biais d’un référendum pour la révision constitutionnelle, spécialement en son article 220 verrouillé et bien d’autres. Or, a-t-il souligné, selon la Constitution en vigueur, le mandat du chef de l’Etat actuel est de cinq ans renouvelable une seule fois et se termine au plus tard le 19 décembre 2016 à minuit.
Dans son intervention sur la RFI, Vital Kamerhe a été des plus clairs, car il a touché du doigt le piège qui se cache derrière cet office dirigé par des partisans farouches et inconditionnels de Joseph Kabila. « Après avoir essayé la première stratégie de faire un forcing à l’Assemblée Nationale et au Sénat, ils ont senti que la majorité est fissurée, que le président du Sénat, Léon Kengo, a haussé le ton lors de son discours d’ouverture de la session d’Octobre. Après avoir visité le Bas-Congo, le Katanga et la Province Orientale, ils ont compris que les populations sont farouchement opposées à toute tentative de révision constitutionnelle. Les stratèges de la majorité se sont donc résolus à mettre en place cette recette qui n’est en fait qu’un piège à cons visible à dix lieues ».

Calendrier clair des Elections présidentielle et législatives
Que faire alors ? Vital Kamerhe persiste et signe : « nous exigeons un calendrier clair qui définit les étapes essentielles, de telle sorte que 90 jours avant le 19 décembre 2016 à minuit, date de la fin du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila, nous organisions les élections présidentielle et législatives nationales».
Cette positon ne diffère pas totalement de celle de Washington. Vital Kamerhe, en acteur politique averti, soupçonne un autre piège, à savoir celui de vouloir organiser des élections locales, municipales et provinciales dont le délai ne peut pas être inférieur  deux ou trois ans pour enfin se plaindre, du manque des fonds pour organiser les élections présidentielle et législatives nationales selon le délai constitutionnel en vigueur.
Les deux pièges réunis ne visent qu’à prolonger le mandat de Joseph Kabila d’au moins six ans de plus, sans compter les manipulations prévisibles lors de ces élections locales, municipales et provinciales au suffrage indirect au profit de la famille politique proche du Chef de l’Etat.
F.M.

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