Viols, assassinat et exactions à Masina, Mont-Ngafula, N’djili et Lemba

0
76

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (V.S.V.) a réuni ses Comités Droits de l’Homme (CDH/VSV) des communes de Masina, Mont-Ngafula, Ndjili et de Lemba pour une restitution devant la presse de certains cas flagrants de violations de droits de l’homme commises dans ces municipalités. La rencontre s’est déroulée le samedi 12 mars 2011, au sein de l’Eglise « Nzambe Malamu » située juste derrière la commune de Masina. Plusieurs représentants de l’autorité municipale ont  assisté à cette restitution dont l’objectif était non seulement d’inciter les autorités locales à s’acquitter correctement de leur obligation d’assurer la protection des personnes et de leurs biens, mais aussi de multiplier les rapports de collaboration entre la VSV et les institutions municipales. Cette rencontre a été rendue possible par l’appui financier de l’ong « Icco et Kerk In Actie ».

 

          Dans la commune de Mont Ngafula, deux cas typiques ont été présentés. Celui d’atteinte à l’intégrité physique et l’extorsion d’argent à Mposi Kombouta, 46 ans, tenancier d’un bistrot qui a été agressé à la fermeture de sa terrasse, par deux hommes en uniformes des Fardc, à proximité de sa maison. Criblé de trois balles dans les jambes, il a été retrouvé gisant dans son sang par sa famille. Toutes les recettes de la journée ont été emportées. Actuellement, il est cloué au lit aux Cliniques universitaires, sans moyens financiers. L’autre cas épinglé dans cette commune est celui de Mlle Tsembo Belinda, 32 ans, agent au ministère de l’Economie nationale, blessée par balle au fémur par un groupe d’environ dix policiers qui ont emporté son sac, son argent et ses téléphones. Elle se retrouve aussi aux Cliniques universitaires sans moyens financiers.
          Dans la commune de Ndjili, il a été dénoncé l’arrestation arbitraire de Sabi Muana, 58 ans, militant de droits de l’homme, au Parquet de Ndjili. Le 07 février 2011, il a reçu un mandat de comparution du Parquet de Ndjili de la part d’un magistrat qui aurait été instrumentalisé par sa cousine Rosalie, à cause d’un conflit parcellaire. Sans autre forme de procès, il a été mis aux arrêts, avec interdiction de toute visite. Elle pouvait recevoir la nourriture que moyennant payement d’une somme de 2.000Fc. Il finira par payer 100$ pour une mise en liberté provisoire. Selon les enquêtes de la CDH/VSV, de telles arrestations sont aussi fréquentes  dans les sous commissariats de la police de la même juridiction.

Viol de trois jeunes filles enlevées dans une assemblée chrétienne
          Dans la commune de Masina, deux cas ont été relevés : celui du viol de trois jeunes filles enlevées dans une Assemblée chrétienne et de l’assassinat d’un étudiant de l’Ista. Le viol s’est produit, selon le rapport, le jeudi 20 janvier 2011, vers 2h00 du matin. Trois hommes en armes et tenues de policiers ont fait irruption au sein de l’Eglise C.A.C., sur rue Esebe, quartier Lokari. Pour intimider, ils ont tiré en l’air et une balle a touché une jeune fille (Bwapwa) au bras. Ils ont emporté plusieurs téléphones, de l’argent et enlevé trois jeunes filles âgées respectivement de 13, 14 et 17 ans qu’ils sont allés violer avant de les abandonner dans la nature. Aux dernières nouvelles, l’un des trois inciviques, un policier en service, a été reconnu, maîtrisé et acheminé au sous commissariat de police de la rue Twaba par la population et ensuite acheminé à Makala.
          Par ailleurs, les enquêtes du CDH/VSV soulignent que l’assassinat de l’étudiant Mbembo Lembi fils, 27 ans, de l’Ista est intervenu dans la nuit du 19 au 20 janvier 2011, vers 3h00 du matin. Il a été criblé de deux balles à bout portant dans la poitrine par deux policiers. Pour l’histoire, l’étudiant, qui venait de quitter la maison familiale, avait refusé de s’arrêter à la demande des policiers. Il s’est enfui pour se cacher dans un studio dans le voisinage, où il passait habituellement la nuit. Les policiers courroucés l’ont poursuivi. Après avoir tiré en vain neuf balles sur la porte, il ont ensuite forcé la fenêtre en bois et avant de l’abattre et disparaître dans la nature.
          Auparavant, en introduction de cette séance avec la presse, Rostin Manketa, directeur exécutif adjoint de la VSV a insisté sur la contribution à la paix et au respect des droits humains à Kinshasa. Pour ce faire, son organisation sensibilise les autorités et la population sur la diminution de ces cas. Il a signalé que les CDH/VSV sont disséminés dans les 24 communes de la capitale. Il a aussi donné la situation d’insécurité qui règne sur le site universitaire de l’Unikin, où professeurs et étudiants sont terrorisés. Il a dit appuyer la déclaration de l’Association des professeurs de l’Unikin. Par contre, Peter Ntumba, coordonnateur de la VSV, a présenté les divers cas cités et qui provenaient de la base.               

SAKAZ

 

LEAVE A REPLY

*