Violences dans les trois Kasaï   : la RDC sous la menace d’une enquête de l’ONU

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En dépit de l’annonce, par le gouvernement congolais, d’une enquête
judiciaire conduite par l’Auditorat général des FARDC et des
condamnations sommaires d’officiers et soldats ou policiers reconnus
coupables de dérapages lors des actions de traque des miliciens de
Kamwina Nsapu dans les provinces du Kasai, du Kasaï Central, du Kasaï
Oriental et même du Lomani, la communauté internationale reste dans le
doute. Après avoir accusé l’Etat congolais de graves violations des
droits de l’homme dans un rapport publié la semaine dernière par le
Haut Commissariat général aux Droits de l’Homme des Nations Unies et
enregistré la réaction officielle des autorités congolaises à travers
un contre-rapport de la ministre des Droits Humains, le Haut
Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme est revenu à la
charge hier mercredi 08 mars en exigeant la mise sur pied d’une
commission d’enquête onusienne sur les violences contre les civils en
République Démocratique du Congo.

A en croire Zeid Ra ‘ad al-Hussein, la situation serait d’une gravité
telle au centre du pays que seule une enquête internationale pourrait
soit évacuer, soit confirmer les violences décriées par plusieurs
organisations non gouvernementales tant nationales qu’étrangères, de
défense des droits de l’homme.
«Mon bureau a récemment signalé un certain nombre de graves
violations des droits de l’homme dans les provinces de Kasaï et de
Lomami de la République Démocratique du Congo. Je félicite le
gouvernement d’avoir pis rapidement des mesures pour enquêter sur
quelques-unes de ces allégations de meurtres par des soldats et lui
propose l’aide de notre bureau », a-t-il rappelé.
Et de poursuivre : «  Vu les allégations répétées de graves violations
des droits de l’homme et la découverte de trois nouveaux charniers,
j’exhorte le Conseil à établir une commission d’enquête pour se
pencher sur ces allégations. Mon bureau surveillera attentivement les
développements judiciaires concernant les actions des forces de
sécurité qui ont entraîné la mort de plus de 100 personnes en
septembre et décembre ».
Ainsi qu’on peut s’en rendre compte, en sus des accusations
d’atteintes graves aux droits humains, le Haut Commissaire des Nations
Unies aux Droits de l’Homme soupçonne l’existence des fosses communes
à travers les territoires du Grand Kasai  ayant enregistré les
opérations de l’armée et de la police nationales congolaises contre
les miliciens de feu Kamwina Nsapu.

L’insistance des Nations Unies à enquêter absolument au centre du
grand Congo devrait constituer une interpellation pour les autorités
congolaises et peut être une opportunité de démontrer, en ouvrant les
sites ciblés aux enquêteurs venus d’ailleurs, qu’il n’y a rien à
cacher. Les observateurs pensent que dans le climat du doute qui
persiste dans le chef de la communauté internationale au sujet de ce
qui s’est réellement passé dans les trois Kasaï en septembre et
décembre 2017, il serait difficile aux autorités de Kinshasa de se
dédouaner totalement avec une enquête excluant la participation de
limiers étrangers et indépendants.

Mende accuse les miliciens de Kamwina Nsapu

Le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du
gouvernement congolais, a fait savoir que les autorités congolaises ne
partagent pas du tout la version des faits livrés par le Haut
Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Tout en rappelant
une enquête interne en cours, Lambert Mende à, à son tour, imputé les
fosses communes, au nombre de trois, aux miliciens de Kamwina Nsapu,
auteurs de crimes délibérés sur des chefs coutumiers, des
intellectuels locaux ou des policiers.
Kimp