Violences sexuelles : premier trimestre 2012 : l’Ituri et le territoire de Rutshuru battent le record

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Il  est établi que le viol des femmes demeurera à jamais l’arme de dissuasion des groupes armés irréguliers opérant dans les territoires de l’Est de la RDC. Tous les rapports produits par les Ong de défense des droits de l’Homme sont parvenus à ce constat malheureux qui ne semble pas émouvoir le moins du monde les décideurs politiques de ce pays béni des dieux. Il ne se passe pas un jour sans que des observateurs et activistes de ces Ong ne dénoncent des cas des viols massifs auxquels se sont livrés ces groupes armés dans telle ou telle localité de cette région où se joue le sort de ce vaste pays aux dimensions continentales.

Des sources proches des FARDC relayées par des activistes des Ong de défense des droits de l’Homme, quarante-cinq femmes ont été violées à Bunagana dans le Nord Kivu par des éléments ayant déserté les rangs des troupes se réclamant du CNDP lors de leur incursion dans cette localité située jute au niveau des frontières séparant la RDC de l’Ouganda et du Rwanda. Interrogées, ces pauvres femmes ont affirmé avoir été surprises dans leurs champs par des hommes en tenue et en armes qui parlaient le Kinyarwanda et l’anglais.

Par ailleurs, selon le médecin-chef de cette zone de santé de Binza dans le territoire de Rutshuru au Nord Kivu, 20 cas des violences sexuelles ont été enregistrés pendant le mois de mars dernier. Pour M. Jean-Marie KAMUKERERE, ce sont des hommes en armes et des civils qui se livrent à ce genre d’acte. Au mois de janvier de cette année « nous avons dénombré 20 cas. Il y a quand même une légère diminution mais l’on ne peut pas se frotter les mains d’autant qu’il est établi que des dizaines des cas ne se déclarent pas. Ce qui fait que les statistiques ne sont pas maitrisables » a t-i-l affirmé.

Le même climat des violences sexuelles semble se répandre vers l’Ituri et ce sont des hommes en armes et sans tenue qui se livrent à ce genre d’exercice macabre et lâche sur des êtres faibles. Il y a une semaine, dans la nuit du mardi au mercredi 2 avril, des assaillants ont blessé un homme et une femme dans le village de Kanjola situé au sud de Bunia avant de se livrer au viol des jeunes filles de ce couple. Au même moment, ces mêmes assaillants se sont adonnés au pillage systématique des biens meubles de la population qui a eu la vie sauve en fuyant vers la brousse environnante et même dans les villages frontaliers en Ouganda. Selon un agent des services de sécurité locale, ces assaillants se sont introduits dans plusieurs maisons pour y chercher de l’argent et de la nourriture. Ils ont aussi emporté des caisses de bière trouvées dans des magasins.

Toujours selon des sources locales, ces miliciens se sont disséminés dans la région et plus particulièrement dans le village de Buguma à 7 kms de Kanjola. Un autre groupe de ces assaillants s’est installé à Kagoro et Ngoa où ils organisent des patrouilles nocturnes pour commettre des violences sexuelles et des pillages des biens.
Approché par notre consœur la Radio Okapi, le colonel ENEKO dirigeant de la milice et porte-parole du Front de Résistance Patriotique de l’Ituri (PRPI) a indiqué que ses hommes ont été regroupés dans les localités de Bukiringi, Getty et Tckekele en attendant leur intégration dans les FARDC. Il a donc rejeté avec la plus grande fermeté la participation de ses hommes aux violences sexuelles dénoncées et il a promis de sévir au cas où les villageois livraient les identités et visages  de ces assaillants auteurs de ces crimes contre l’humanité.

F.M.       

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