Violences sexuelles en RDC : le BCNDUH fait bouger les lignes

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Des milliers de femmes et filles continuent d’être victimes de violences sexuelles, utilisées comme armes de guerre. Ce qui met en péril des communautés entières. Face à cette situation récurrente, le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNDUH), de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo (MONUSCO), conformément à son mandat, soutient le gouvernement de la RDC dans sa lutte contre l’impunité des auteurs des violences sexuelles.
S’agissant du Sud-Kivu, l’une des provinces  ayant enregistré le plus grand nombre de victimes de violences sexuelles, le BCNDUH mène des actions concrètes sur terrain, pour lutter contre ce fléau, punir les coupables et aider les victimes. Avec son réseau d’information dans les territoires où il ne peut arriver et grâce à ses experts qui font des descentes sur terrain, le BCNDUH effectue le monitoring général de différents cas de violations de droits de l’homme et en fait rapport aux autorités, suivi d’un plaidoyer auprès des fonctionnaires et d’autres acteurs, pour améliorer la situation des droits de l’homme. Notamment, par l’adoption des lois et des politiques qui répondent aux exigences des standards internationaux des droits de l’homme, afin de combattre l’impunité.
Toujours dans ses actions, le BCNDUH encourage les citoyens congolais, précisément les populations locales du Sud-Kivu, à dénoncer les violations des droits de l’homme aux autorités.

Axes opérationnels du BCNDUH

Les violences sexuelles sont qualifiées de crimes contre l’humanité en raison de leur caractère inhumain et dégradant. Ce genre de pratiques provoque d’énormes problèmes et traumatismes, qui touchent non seulement la victime sur pratiquement tous les plans (physique, mental, psychique, etc.), mais aussi sa famille et sa communauté.  Par peur de se voir rejetées par la société ou d’assister à des procès interminables où elles ne trouveront jamais gain de cause ou réparation,  nombre de victimes souffrent en silence, sans jamais dénoncer leurs bourreaux. C’est dans ce sens que sur le plan pratique, le BCNDUH/Bukavu apporte son appui financier aux ONGDH (actuellement au nombre de 5) pour la prise en charge juridique et judiciaire des victimes. Avec ces cliniques juridiques, l’unité spécialisée Justice et Lutte contre l’impunité des violences sexuelles du BCNDUH assure l’accueil des victimes et les assiste, afin de porter
leur cas devant la justice dans le but de trouver réparation.
Mais dans ce processus d’accompagnement des victimes, l’on rencontre plusieurs difficultés, qui sont d’ailleurs parmi les causes du désistement de bon nombre de victimes à déférer leurs bourreaux en justice. La question même de réparation constitue en soi un véritable frein, suite à l’inexistence d’un fonds d’indemnisation des victimes, que le gouvernement devrait normalement mettre en place pour  faire avancer les choses.
La non maitrise des procédures judiciaires par les victimes, les honoraires insignifiants des OPJ et magistrats, l’incapacité financière des condamnés à payer les cautions leur exigées après jugement, et les cas de condamnation des militaires, font aussi partie des difficultés qui bloquent l’aboutissement de ce processus de réparation.
En plus d’un appui financier aux ONGDH, le BCNDUH apporte un appui logistique, technique et financier aux missions d’enquêtes conjointes avec les autorités judiciaires sur les allégations de violation et d’abus des droits de l’homme, en coordination avec la Division provinciale de la Justice, du groupe de travail lutte contre l’impunité.
Myriam Iragi Maroy