Violation de la Constitution par la CEI : risque de compromission de l’opposition et de la majorité

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Plusieurs réactions sont enregistrées à la suite de la publication par la CEI (commission électorale indépendante) du calendrier des élections prochaines devant se tenir de 2011 à 2013.  Tout logiquement, la plupart de ces réactions provenaient de l’opposition politique et de la société civile. La majorité au pouvoir observe jusque là le silence, à part quelques uns de ses membres qui se sont exprimés à titre purement individuel, à l’instar de Henri Thomas Lokondo. 

            Si l’unanimité se dégage à travers toutes ces réactions dans le sens que tout le monde relève et condamne la violation de la Constitution et la loi électorale par la Cei, cependant on constate une divergence en ce qui concerne les pistes proposées pour éviter la crise. 

L’opposition entretient l’ambiguïté ! 

            Après avoir condamné l’acte posé par le président de la Cei, une institution de la transition de 1+4 censée expédier les affaires courantes parce que tombée caduque avec la promulgation de la loi organique portant création de la CENI (commission électorale nationale indépendante), la plupart des leaders de l’opposition en appellent à des négociations pour soit disant éviter la crise politique qui pointe à l’horizon.

            Cette proposition est mal perçue par nombre de compatriotes, notamment les analystes qui trouvent en elle une certaine ambiguïté. C’est-à-dire que l’opposition donne l’impression de vouloir une chose et son contraire à la fois.

            En proposant le principe des négociations, l’opposition cautionne tacitement la violation de la Constitution et autres lois de la République, particulièrement la loi électorale ayant régi les élections générales de 2006 encore en vigueur jusqu’à l’élaboration de la nouvelle par la Ceni.

Car, nul n’ignore que toute négociation part d’une base. Alors quelle est la base des négociations que propose l’opposition, à part le calendrier publié par la Cei ?

            En plus, quand on parle négociations, chaque partie en présence est appelée à concéder pour permettre un bon aboutissement.

            Partant de cette logique, il apparaît clairement que l’opposition est prête à accepter un calendrier dont elle dénie le pouvoir et la compétence à l’institution qui l’a élaboré! 

La priorité est ailleurs 

            Au regard de la situation ainsi créée par le président de la Cei, Apollinaire Muholongu Malumalu, les élus du peuple, singulièrement les honorables députés nationaux devraient s’activer dès maintenant de façon à accélérer la mise en place du bureau de la Ceni à la première semaine de la rentrée parlementaire prévue le 15 septembre 2010. Car sa composition est connue, soit 4 membres de la majorité et 3 de l’opposition institutionnelle. Et une fois la Ceni mise en place, la Cei disparaît automatiquement.

            C’est l’unique façon de corriger l’erreur de la Cei en respectant la Constitution et autres lois de la République. Surtout qu’il y a encore plus de 12 mois qui nous séparent de la date légale prévue pour la tenue du 1er tour de la présidentielle, censée intervenir au plus tard le 6 septembre 2011. Soit à 90 jours de l’expiration du mandat du président en exercice.

            La balle est donc dans le camp des élus s’ils veulent construire réellement la démocratie. Car, cette dernière a des principes auxquels tout le monde est soumis. Parmi ces principes, il y a le respect de la constitution et toutes autres lois de la République.

            Voilà la tâche à laquelle les politiciens, particulièrement les députés nationaux, devaient s’atteler. Plutôt que chercher inutilement à prolonger les délais légaux définis par la Constitution et la loi électorale 2006.

            Car qu’on ne peut pas prétendre corriger une illégalité ou erreur, en en commettant d’autres. C’est-à-dire combattre la violation par d’autres violations. 

Tous ont peur du terrain! 

            Au-delà de la face visible qu’on peut découvrir à travers les déclarations, des observateurs avertis décèlent chez  nos politiciens la peur d’affronter les échéances prochaines.

            Membres de la majorité comme ceux de l’opposition qui siègent dans les institutions, personne n’aurait l’assurance de l’emporter. Les différentes prises de position de la base feraient peur à tout le monde.

            Ce qui expliquerait peut-être cette tendance à vouloir tirer en longueur les choses pour ne pas perdre les avantages dont on bénéficie à ce jour.

            C’est pourquoi, dans certains milieux, on fustige une dangereuse compromission à l’Ivoirienne que la classe politique congolaise voudrait cautionner.

Alors que le peuple congolais lassé par une longue transition mobutienne voudrait voir son pays entrer dans le cycle régulier de la démocratie à l’instar d’autres pays africains comme le Mali, le Bénin, Afrique du Sud, etc.

            Les Congolais méritent aussi mieux que leurs semblables des pays précités. Et les politiciens doivent inscrire dans leur mémoire l’idée de l’alternance, au lieu de se prendre pour des chefs coutumiers dont seule la mort déclare leur échéance.

Dom

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