Ville de Kinshasa : source de recettes, le marché central baigne dans la crasse 

0
336
grand marchéUn spectacle désolant attend tout celui qui se rend au Grand Marché de la Gombe (appelé aussi Marché central). D’où que vous veniez pour y accéder, vous serez accueilli par les immondices en pleine putréfaction. Le cocktail des eaux de pluies non canalisées, de la boue et des détritus disséminés sur tout le périmètre du Grand Marché engendre une puanteur et une source de maladies. Point n’est besoin d’être sorcier pour se convaincre de la négligence de ce lieu par l’Hôtel de ville de Kinshasa. Et pourtant, les activités commerciales qui s’y déroulent constituent une grande source de recettes pour cette administration.  Jos Kabunda, un vendeur de fournitures de bureau depuis longtemps en ce lieu n’est plus étonné par l’accumulation de cette saleté environnante.
 
Il a expliqué qu’à l’arrivée de l’administration actuelle du marché, les commerçants ont pensé obtenir une amélioration de l’hygiène publique, non seulement du fait qu’il est du devoir de l’Hôtel de ville de veiller à la santé de sa population, particulièrement aux endroits où se rassemblent des milliers de gens chaque jour, mais aussi et surtout parce que les transactions de cet endroit lui procurent des recettes consistantes chaque jour, même le dimanche. D’un pas calme et précis, il s’est déplacé pour déplorer «cette crasse, ces béantes crevasses et autres nid-de-poule» qui empêchent les véhicules – voire même les piétons – l’accès au marché central, de jour comme de nuit. Et le spectacle est saisissant sur les avenues Franco Luambo Makiadi, Commerce, Rwakadingi, de l’Ecole, du Plateau, du Marché et sur l’ensemble des avenues de la commune de Kinshasa qui bordent le Marché central.   
 
Les petits vendeurs
« étouffés »
 
          En plus des immondices et autres crevasses qui sont un réel obstacle au négoce, les commerçants du Marché central se plaignent de l’encerclement dont ils sont l’objet de la part des grands magasins, construits autour de ce marché et qui les empêchent de vendre. Les clients et autres acheteurs, lorsqu’ils viennent, préfèrent d’abord visiter les magasins – qui vendent aussi bien en gros qu’en détail – environnants le marché et où les articles, vendus au prix de gros, coûtent évidemment moins cher par rapport aux prix des étalages des petits commerçants. Ils se sentent « étouffés ». Plusieurs parmi eux sont tombés en faillite et ont laissé leurs étalages vides. Les commerçants estiment que l’Hôtel de ville ne les protège pas et préfèrent s’attacher aux grands magasins. La véritable solution à cette situation viendra, pour Jos Kabunda, le jour où au Grand Marché, les commerçants prendront  eux-mêmes la charge de l’administration en élisant ses administrateurs de leur choix. Ceux-ci défendront, dès lors, les intérêts de leurs électeurs au lieu de se contenter uniquement d’envoyer toutes les recettes à la Ville.
SAKAZ