Vient de paraître : «RD Congo, la République des inconscients »

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Ce titre provocateur selon l’avis de nombreux analystes politiques, et accusateur selon le président du Sénat, qui a procédé au baptême de l’ouvrage,  a pour auteur Modeste Mutinga Mutuishayi, rapporteur de la Chambre haute du Parlement et journaliste.
 
            Modeste Mutinga déplore et fustige dans son ouvrage l’inconscience de la classe politique et l’intelligentsia congolaise face aux enjeux géostratégiques du moment. A son avis la classe politique et l’intelligentsia nationale donnent l’impression de rester indifférentes  à la misère du peuple, et ne semblent ne pas comprendre le fonctionnement du monde. Notamment ce que leur pays représente pour les puissances et autres pays à la quête de la survie.
            « J’ai voulu en toute modestie apporter ma petite pierre à la recherche des voies et moyens pour le développement de notre  pays car, le désastre qui s’étale devant nos yeux est profond. La responsabilité de cet état calamiteux de notre pays incombe collectivement à la classe politique et à l’intelligentsia congolaise qui, me semble-t-il, sont inconscientes des enjeux géostratégiques du moment, c’est-à-dire les mines, l’eau, le pétrole et la forêt. Elles restent indifférentes à la misère du peuple ». Cette déclaration de l’auteur résume en fait l’essentiel de l’idée développée à travers son livre.
L’ouvrage comporte  des chapitres énoncés sous fourme des questions, et intitulés respectivement «  50 ans de gâchis » ? « Hier, la guerre des mines » ? « Le procès de l’intellectuel prédateur » ? «  Aujourd’hui la guerre du pétrole » ? « Demain la guerre de l’eau » ?
Au premier chapitre, l’auteur stigmatise le paradoxe selon lequel malgré tous les atouts notamment les potentialités dont elle dispose, la Rdc se trouve placée à la première loge des pays pauvres très endettés.
            Ici, il charge les dirigeants qui ont pillé le pays afin de s’enrichir illicitement.
            « Ceux qui ont pris part au pillage  éhonté et systématique du pays à la suite des deux dernières guerres, étalent des richesses immobilières à Kinshasa comme en provinces sans qu’aucun service du fisc ne les inquiète ».
            Au deuxième chapitre, il met en exergue l’envie dont la Rdc est victime à cause de ses richesses minières. Ce qui explique la pérennisation de l’état de guerre à l’Est du pays.
            Dans le troisième chapitre, l’accent est mis sur la responsabilité des dirigeants congolais dans le pillage et bradage des ressources nationales.
            Il démontre,  preuves à l’appui en se basant notamment sur les rapports de plusieurs commissions parlementaires en l’occurrence celles de Lutundula, Bakandeja et Mutamba Dibue,  que les contrats léonins ne sont pas le fait des seules multinationales minières. Mais il y a aussi  la complicité des experts congolais commis à la négociation et à la signature desdits contrats, tout comme les ministres du secteur concerné.
            Quant au quatrième chapitre, il s’inquiète du manque de transparence qui entoure la gestion des ressources pétrolières en Rdc.
            Il démontre que les signataires et commanditaires des contrats pétroliers ont fait perdre au pays du terrain au point qu’aujourd’hui il est sur le point de tirer les dividendes de son pétrole. Idem en ce qui concerne l’accord pour l’exploitation commune du pétrole de la cote atlantique signée avec l’Angola.
« …l’Angola a continué à délivrer, dans l’indifférence générale des Congolais, des permis de recherche du pétrole dans l’offshore situé au large de l’embouchure du fleuve Congo, sur un territoire controversé ».
            Dans le dernier chapitre, il prévient les dirigeants si hier la guerre était des mines, aujourd’hui celle du pétrole, demain ce sera celle de l’eau.
            Avec la diminution des eaux du lac Tchad à 75%, les Etats membres de la commission du Bassin du Tchad n’ont que des visées sur les eaux du fleuve Congo.
            Est-ce les dirigeants et intellectuels congolais ont-ils conscience de cette évolution du monde ? S’interroge Mutinga Mutuishayi Malutshi.
Le livre est préfacé par le professeur Mwayila Tshiyembe et postfacé par le professeur Philippe Biyoya. Sa présentation a été faite par le professeur Lye Yoka.
            Baptisant le livre de son collègue sénateur et membre du bureau, Léon Kengo wa Dondo a déclaré : « ce livre est à la fois provocateur et accusateur ». Avant de louer les qualités journalistiques et philosophiques de l’auteur.
 
Dom
 

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