Victor Ngezayo appelle la jeunesse du Nord-Kivu à un sursaut de nationalisme

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Un accroissement démographique important, la sécurité et la réconciliation, le risque d’un recul de notre démocratie, la relance de l’économie formelle et l’auto-prise en charge et enfin le choix des dirigeants et un leadership responsable. Voilà les enjeux auxquels la jeunesse de la Province du Nord Kivu est confronté s’affronter pour participer au développement du pays et qui ont été exploités par  Victor NGEZAYO Kambale lors de la conférence débat tenue à l’Université de Goma le week-end dernier.

    Une ambiance bon enfant dans la grande salle des promotions pleine d’étudiants, des professeurs et d’autres acteurs politiques de cette province martyre, Victor NGEZAYO a d’emblée fait remarquer que la la démographie connaît une explosion dans les territoires de Masisi, Rutshuru, Lubero, Beni avec un taux de 300 habitants au Km2 tandis que dans celui de Walikale il est de 5 habitants au Km2. Un contraste qui ne peut étonner étant donné que  ces dix dernières années, l’on constate d’importantes migrations des gens venus soit du Grand Nord et du Sud Kivu vers la ville de Goma. Pour cause ? C’est essentiellement pour des raisons économiques et parfois suite aux appels des politiciens.
    Une croissance démographique qui se fait malheureusement sans encadrement administratif en matière de logement, de santé, d’éducation et sans planification économique, s’est plaint Victor NGEZAYO. Bonjour alors le chômage qui frise les 95 % des populations de la ville de Goma où le système de l’informel est roi.
    Les viols, les assassinats ciblés, les destructions méchantes, les pillages, le terrorisme et surtout les abus de pouvoir dans un climat d’impunité totale : voilà le tableau de cette province qui perdure depuis deux décennies. Tout cela, parce que les agents de l’ordre, dont notamment les militaires, les policiers et d’autres ont oublié le vocable salaire. Pire, le recrutement s’est opéré en désordre et sans tenir compte des infrastructures d’accueil ni de la logistique adéquate. On comprend alors pourquoi de nombreux jeunes-gens se lancent dans des aventures paramilitaires communément appelées « milices privées » ou « Mai-Mai ». Une situation vécue au début des années 60 qui a collé le vocable « congolisation » à ce pays béni des dieux. Que faut-il faire ? Il faut rétablir l’Etat en combattant d’abord l’impunité totale dont jouissent tous ceux qui commettent des crimes et entretiennent l’insécurité sous toutes ses formes.
    En répondant au rendez-vous des urnes en 2006, les populations de la province du Nord-Kivu avaient nourri l’espoir d’une démocratie naissante, gage d’un développement intégral et d’une paix durable. Quatre ans plus tard le bilan est déplorable. Ceux qui ont été élus ont-ils garanti notre sécurité ? Ont-ils créé un environnement juridique et sécuritaire propice à la relance des activités économiques importantes de la province, s’est exclamé Victor NGEZAYO. Ont-ils permis la création d’emplois nouveaux ? Bien au contraire, les élus ont contribué aux déchirements, à la manipulation et aux tensions ethniques, aux détournements des deniers publics. La démocratie est menacée par les vices de la corruption et surtout du tribalisme. Elle est menacée par l’insécurité, les assassinats ciblés, notamment des journalistes et opérateurs économiques. Ici je pense à mon frère Albert PRIGOGINE lâchement assassiné juste devant sa résidence et dans un quartier sécurisé et le cas le plus récent est celui de Mme MBALA, épouse de l’Evêque de l’Eglise du Christ au Congo.
    La jeunesse que vous représentez doit exiger de nos dirigeants le respect des règles de la démocratie. Mieux, elle doit exiger trois critères dans le choix de nos candidats, à savoir la crédibilité, la compétence et la responsabilité.
    En ma qualité d’entrepreneur privé, je constate que ces guerres récurrentes ont favorisé la circulation des masses importantes d’argent en dehors du circuit bancaire, la fraude à l’importation et à l’exportation, la fuite des capitaux, l’évasion fiscale, la corruption à tous les niveaux. Il importe que l’Etat et le secteur privé s’engagent dans un partenariat responsable, objectif et constructif pour améliorer l’environnement institutionnel des affaires et renforcer la bonne gouvernance. Voilà comment l’on va mettre fin à l’économie informelle, a-t-il souligné.

F.M.

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