Victoire des Léopards sur les Eperviers à la CAN : la fête gâchée à Kinshasa par les «Kuluna»

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16195524_693849840795383_1230784647437383352_nAgglutinés devant les géants écrans installés dans les terrasses et places publique de toute la ville de Kinshasa, retransmettant le match entre les Léopards de la RDC et les Eperviers du Togo, les supporters congolais ont vibré mardi dernier dans la soirée, au rythme du duel sportif entre les deux équipes nationales. Une vraie confrontation de stratégie sportive entre celle de Claude Leroy, actuel entraîneur des Eperviers du Togo, ancien coach de Léopards de la RDC, et celle de son lointain successeur Laurent Ibenge.
La belle fête a démarré à la 28 ème minute avec le premier but marqué par Junior Kabananga et s’est poursuivie à la 54 ème minute avec le lob de Firmin Mubele. Et malgré la réduction du score à la 69 ème minute par les Togolais, les Léopards ont creusé l’écart grâce à un goal de Paul-José Mpoku. Score final 3 – 1 en faveur de l’équipe congolaise.
 
A la fin de la partie suivie partout à la cité, dans les hôpitaux comme dans les prisons, ce fut le délire avec un tonnerre assourdissant de klaxons et de sifflets, ponctués des cris de joie. Les supportes de Léopards ont alors déferlé dans les rues de Kinshasa, paradant, chantant et scandant la victoire de l’équipe nationale de football, à la gloire de Laurent Ibenge, le coach national. Hommes et femmes, jeunes et vieux, vêtus en vareuses bleu-rouge et blanc, écharpe tricolore nouée autour du cou, visages bariolés aux couleurs nationales, se défoulaient sur les trottoirs, pendant que toutes les terrasses et tous les bars emplissaient de monde. La bière a coulé à flots et les grillades se sont épuisées à la satisfaction des restaurateurs et des barmans.
Les marginaux, sortis aussitôt de leurs termitières, ont gagné les rues pour agresser certains supporters. Ils ont visé d’abord les piétons à qui ils arrachaient des sacs et des téléphones. Ensuite, ce sont les véhicules qu’ils ont ciblés en second lieu. Sur l’avenue du 24 novembre, à Lingwala, à la hauteur du passage à niveau de la voie ferrée, des bandes de délinquants ont envahi les rues pourchassant les filles aux écouteurs accrochés aux oreilles. Ils ont extorqué des chaînettes et des boucles d’oreilles, ainsi que des sacs, et puis disparaissaient dans les dédales de ruelles sombres de Lingwala.
            Sur l’avenue Flambeau, au quartier Bon Marché, des chauffeurs roulant à vitesse réduite sur cette artère, ont été surpris de voir de jeunes marginaux ouvrir brutalement les portières de leurs voitures, pour arracher les téléphones et les sacs des passagers. Tout se déroulait dans un mouvement brusque. Dépouillées, les victimes n’ont eu que leurs larmes pour pleurer. Devant les Alimentations Regal, le restaurant-grill Sheta, le Carré Club, jusqu’à l’Hôtel Phénix, les délinquants étaient devenus maîtres de l’avenue Flambeau.  Un piéton qui venait de s’approvisionner dans un «nganda ntaba», a juste subi un choc au bras, avant de voir un gaillard courir à toutes jambes avec son sachet contenant des morceaux de cabri et des chikwangues.
 
Des «Kuluna» agressent de paisibles citoyens après les matches
 
            Des «Kuluna» du quartier Ngwaka à Kinshasa, ont effectué eux aussi leur sortie, cette nuit-là. Des armes blanches à la main, ces hors la loi ont débuté leur marche au croisement des avenues Kasa-Vubu et Rwakadingi et se sont dirigés vers l’avenue Kabambare. Deux groupes se sont créés, l’un a pris la direction de Pont Kasa-Vubu pour atteindre le quartier Matonge, tandis que le second groupe a choisi de se rendre à Barumbu jusqu’au Bon Marché.
            La fête gâchée, les scènes de liesse populaire se sont transformées en spectacles de désolation. Partout, des plaintes contre les délinquants ne cessaient de tomber sur la table de commandants de commissariats et postes de police. On signale que l’autre groupe des marginaux a terminé son périple au Rond-point des Huileries où il a fait jonction avec la bande en route vers Nyangwe et Kalembe-Lembe. Extorsions par-ci, rapts par-là, des cris de détresse montaient de tous les quartiers chauds où les supporters étaient dépouillés de leurs biens. Malgré les foules qui allaient dans tous les sens, la rue était devenue sûre.
            A Kintambo, on a signalé des troubles sur l’avenue Tanganyika, transformée en champ de bataille entre deux bandes de marginaux pour la plupart des adolescents, âgés entre 16 et 25 ans.
            Bandalungwa qui s’est inscrit dans le groupe de communes criminogènes de Kinshasa, a enregistré un duel aux couteaux et à la machette entre deux bandes rivales dont l’une provenait de Ngiri-Ngiri. Sur l’avenue Nkulu, une boutique de vente de cigarettes et d’autres articles a été visitée par ces marginaux qui ont emporté plusieurs biens, non sans blesser de paisibles piétons.
            D’autres sources signalent des incidents similaires à Yolo, Rond-Point Ngaba, Lingwala, Lemba, Camp Kauka, pour ne citer que ces quelques coins. Pour les prochains matches de la CAN, les supporters invitent les autorités urbaines à déployer avant les compétitions, des patrouilles motorisées, afin de prévenir des agressions de paisibles citoyens.  Au moment où nous mettons sous presse, le Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa est préoccupé par les violences survenues après les trois  matches livrés par les Léopards, et finalise certainement le bilan
J.R.T.