Vers l’exhumation de Kamuina Nsapu

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Ramazani Shadari de la majorité présidentielle, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Ramazani Shadari de la majorité présidentielle, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Emmanuel Ramazani Shadari, a annoncé le samedi 18 mars 2017, peu avant de quitter Kananga, au terme d’une mission de plus d’une semaine dans le Grand Kasaï (Lomami, Kasaï Oriental, Kasaï, Kasaï Central), que le corps du feu chef coutumier Kamuina Nsapu, tué en août 2016 dans la foulée des affrontements entre ses miliciens et les forces régulières, serait exhumé dans un proche avenir. A l’en croire, c’est le compromis trouvé à l’issue des négociations entre lui et la famille biologique du défunt. Le même membre du gouvernement a indiqué que les
funérailles de ce grand chef coutumier vont se dérouler selon les rites traditionnels de son terroir, après la présentation préalable de ses restes à ses proches.

S’agissant de sa succession, elle va être assurée par un nouveau chef
coutumier à désigner par la famille régnante, et à entériner par le
ministre des Affaires Coutumières, qui va se rendre au village de feu
Kamuina Nsapu dans deux semaines en vue de son investiture.
L’autre mesure annoncée par Ramazani Shadari concerne la libération
prochaine des miliciens de l’illustre disparu présentement en
détention dans une prison de Mbuji-Mayi, au Kasaï Central. A ce
propos, une commission mixte comprenant des magistrats militaires et
des représentants du clan Kamuina Nsapu devrait se rendre au chef-lieu
du Kasaï Oriental en vue de l’identification des détenus éligibles à
la libération et ce, dans le respect de la procédure judiciaire.
A la lumière de ces mesures de décrispation du climat politique et
social dans l’espace Grand Kasaï, peut-on s’attendre à la fin du
phénomène Kamuina Nsapu, avec l’émergence de ses miliciens dans tous
les coins et recoins des quatre provinces qui composent cette entité ?
Il est difficile de donner une réponse. Les observateurs pensent que
cela n’est possible que si le ministre Shadari a réellement pris
langue avec les véritables ayant-droits coutumiers du défunt. Seuls
des messages d’apaisement émanant de ces derniers, après le respect
par le gouvernement de ses engagements, pourraient effectivement
ramener une paix durable dans le Grand Kasaï.
On peut déplorer l’adhésion tardive des autorités centrales et
provinciales à l’option du dialogue et du règlement pacifique du
conflit leur recommandée, dès août 2016, par de nombreux notables de
l’espace Kasaï. Le recours à la répression ayant montré ses limites,
il est permis de croire que les va-t-en vont laisser Shadari mener sa
mission de pacification à bonne fin.
C’est dommage que la solution pacifique intervient après de nombreux
morts, blessés, mutilés, sans abris et autres orphelins et veuves.
Kimp