Vers l’éloignement de Munene et Udjani

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Qu’est ce qui a filtré des entretiens entre Denis SASSOU N’Guesso et Joseph KABILA Kabange vendredi dernier ? Rien de concret, à en croire le communiqué conjoint lunatique lu par Alexis THAMBWE Mwamba à l’issue de cette rencontre qui s’est déroulée en tête-à-tête dans le bureau du chef de l’Etat congolais et cela pendant plus de deux heures.  «Ils ont passé en revue toutes les questions qui concernent nos deux pays qui sont des pays frères et voisins. Ils ont abordé tous les aspects : les aspects sécuritaires, les aspects de coopération, et les entretiens se sont déroulés dans un très bon climat», a déclaré Alexis Thambwe Mwamba, ministre de la RDC des Affaires étrangères qui a lu le communiqué conjoint. Et de conclure: «Donc, ça va permettre d’apaiser les diverses tensions que nous avons eues dernièrement entre les deux Congo.»

Des questions qui fâchent, parlons-en !

Les deux chefs d’Etat ont évité soigneusement de se livrer à une conférence de presse à l’issue de leurs entretiens. Il y a notamment cette affaire de la demande d’extradition de l’ex-général Faustin MUNENE et du fameux OUNDJANI, chef mythique des insurgés ENYELE. Une demande formulée avec bruit par Kinshasa et qui a servi de prétexte au rappel de son ambassadeur à Brazzaville. Installant ainsi un climat de méfiance entre les deux capitales les plus rapprochées du monde mais qui, malheureusement, sont condamnées à vivre côte-à-côte car personne ne peut déplacer les frontières.

Selon des informations reçues de bonne source mais qui attendent d’être confirmées, les deux délégations se seraient entendues sur un compromis politique qui privilégerait d’une part l’éloignement de ces deux chefs des insurgés pour les installer ensuite à des endroits situés à la distance prévue par la Convention de Genève, à savoir à plus de 120 kms de la frontière commune. En outre, les deux délégations auraient pris la ferme décision d’interdire à ces deux rebelles de se livrer à toute activité subversive contre leur pays d’origine à partir de n’importe quel coin du territoire du pays voisin. Des démarches auraient été entreprises pour leur trouver des pays d’accueil en dehors du continent africain et cela dans les meilleurs délais. Il en est de même en ce qui concerne des éléments se réclamant de l’ancien président Pascal LISSOUBA, feu KOLELAS et du Pasteur NTOUMI réfugiés en RDC, a-t-on indiqué.
Il s’agit là des mesures qui ont toujours été prises chaque fois que de tels cas sont survenus par le passé entre les deux capitales les plus rapprochées du monde, a indiqué un observateur attitré de la scène sous régionale depuis l’indépendance de ces deux pays pourtant liés par des liens séculaires immémoriaux,  comme rappelé dans le communiqué conjoint.

On rappelle le cas du groupe de LICOPA constitué de feu Matthias KEMISHANGA, Jean-René TSHIMBIYE, Raphaël MUSAMPA, ensuite du chef rebelle Muleliste feu Nicolas OLENGHA et Antoine GIZENGA. Sans oublier les personnalités se réclamant de l’UDPS. Pour le Congo Brazzaville, ce fut le cas d’Ange-Edouard DIAWARA, Faustin MIADEKELA- Massoukou, etc. De tout temps, pour régler des questions liées à la présence d’éléments perturbateurs réfugiés sur le territoire de l’un des deux Etats voisins, l’on a toujours recouru à ces solutions qui ont souvent porté des fruits.  Et ironie du sort et comme par hasard, c’est toujours le président Denis SASSOU Nguesso qui a été souvent au four et au moulin de ces tractations. Et le plus douloureux fut le cas de Pierre MULELE négocié dans le plus grand secret mais qui se termina pour l’élimination physique de l’oncle de l’ex-général Faustin MUNENE, au centre de la brouille actuelle.

F.M.                    

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