Vente des Okapis de la RDC à la Chine : l’ICCN rappelle le ministre Ambatobe à l’ordre

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«L’Okapi est intégralement protégé en République Démocratique du Congo
et nous sommes appelés à respecter la loi ». Cette phrase résume le
refus poli du directeur de l’Institut Congolais pour la Conservation
de la Nature (ICCN) d’accéder à la demande d’exportation de certaines
espèces rares de la faune congolaise, dont l’Okapi vers des zoos
chinois, voulue pour des fins visiblement  commerciales, par le
ministre de l’Environnement et Conservation de la Nature, Amy
Ambatobe.

On rappelle que dans sa correspondance datée du 3 juin 2018, ce
membre du gouvernement a instruit le directeur général de l’ICCN de
prendre toutes les dispositions requises en vue de préparer
l’exportation de certaines espèces animales aux fins des échanges
entre des zoos chinois et l’ICNN.
Il s’agit des espèces ci-après pour chaque zoo chinois : 6 espèces de
gorilles, 8 espèces de bonobos, 8 espèces de lamantins et 10 Okapis.
Du côté de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature,
qui a réagi par la bouche de son directeur, il est souligné que la loi
sur la protection des certaines espèces menacées d’extinction est
stricte. C’est le cas de l’Okapi, qui est intégralement protégé en
République Démocratique du Congo.
Il a fait savoir d’autres espèces en danger d’extinction, comme les
gorilles, sont inscrites à l’annexe 1 de la Convention de CITES, sauf
l’Okapi qui n’est pas inscrit aux annexes de la Cites, mais qui jouit
d’une protection spéciale en République Démocratique du Congo.
Cosma Wilungula a rappelé au ministre de l’Environnement et
Conservation de la Nation ainsi qu’à la partie chinoise les
dispositions de la Convention de Cites et des lois congolaises en la
matière, disposant que l’exportation ne peut se faire à des fins
commerciales.
Par conséquent, l’ICCN  a demandé à la partie chinoise de s’adresser
préalablement à l’organe de gestion de la  CITES de son pays pour
solliciter et obtenir les permis d’importation avant de saisir
l’organe de gestion CITES de la RDC pour les formalités d’usage.
Selon les experts, des espèces comme les Okapis et les gorilles de
montagne risquent de disparaitre, étant donné que la République
Démocratique du Congo et la Chine n’ont pas le même écosystème.
Pour les spécialistes de l’ICCN, le ministre de l’Environnement et
Conservation de la nature est censé savoir que l’Okapi ne peut vivre
dans un milieu autre que l’Ituri, qui se trouve être, comme par
hasard, la province d’origine du ministre Ambatobe.
ERIC WEMBA