Véhicules : chasse aux plaques trafiquées!

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Une nouvelle pratique a pris corps dans le secteur congolais de l’automobile : c’est celle consistant à recourir aux plaques d’immatriculation frappées des sigles de l’administration publique, des ministères (nationaux et provinciaux), des institutions publiques (Présidence de la République, Sénat, Assemblée Nationale, Gouvernement, Cours et Tribunaux, institutions d’appui à la démocratie) et des services spéciaux pour soustraire des véhicules privés aux contrôles de la vignette, de la police d’assurance, de l’autorisation de transport, de la carte rose, etc. Parmi ses adeptes se recrutent pêle-mêle des fonctionnaires, des membres des cabinets politiques, des parents, amis et connaissances des décideurs politiques. Vérification faite, il s’avère que la plupart des plaques sont inconnues des administrations et institutions dont elles semblent émaner.

            Aussi, dans le cadre de la tolérance-zéro, des instructions précises viennent d’être données à la PCR (Police de Circulation Routière) et aux services spéciaux pour traquer les fausses plaques d’immatriculation, avec le concours des agents de la Sonas (Société Nationale d’Assurance) et de la DGI (Direction Générale des impôts).

            A en croire des sources proches de cette branche spécialisée de la Police Nationale Congolaise, la ville de Kinshasa héberge un impressionnant charroi automobile doté de fausses plaques d’immatriculation des structures étatiques. Chaque fois qu’un contrôle est organisé dans un carrefour, plusieurs fraudeurs tombent dans les filets de la PCR. Les chauffeurs de taxi et taxi-bus ainsi que les utilisateurs de véhicules personnels n’ayant rien à voir avec l’administration ou les institutions publiques commencent petit à petit à être démasqués.

            La mise en fourrière est la première opération qui intervient à chaud, avant la transmission du dossier aux instances judiciaires. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les fautifs ne se laissent pas facilement amarrer. Certains brandissent des documents officiels apparemment authentiques pour justifier l’usage des plaques d’immatriculation de l’Etat. Il s’ensuit souvent une longue procédure de vérification auprès du ministère des Travaux Publics avant de confirmer la fausseté d’une plaque.

            Certains y vont avec des menaces, à travers des appels téléphoniques adressés séance tenante à leurs parrains. Il arrive que des injonctions soient données aux policiers de « roulage », à partir d’un portable, par des correspondants anonymes se réclamant de la présidence de la République, de la Primature, du Sénat, de l’Assemblée Nationale, des services spéciaux, pour exiger la libération d’un véhicule couvert par une plaque trafiquée.

            Selon des sources proches dignes de foi, un réseau maffieux travaillant en connexion avec une firme spécialisée dans la fabrication de fausses plaques vient d’être démantelé. Des enquêtes sont en cours pour remonter toute la filière, jusqu’au STA (Service Technique de l’Administration). 

Adoris Kapend Kasang

(stagiaire/Ifasic)

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