Vagues d’expulsions des Congolais des pays frontaliers : la RD Congo «encerclée»

0
57

beachAu nombre des problèmes auxquels le gouvernement congolais est actuellement confronté, il y a ces vagues d’expulsions massives de ses ressortissants installés dans les pays frontaliers, la RCA, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, la Zambie, l’Angola et le Congo-Brazzaville.

La RDC est pratiquement «encerclée» et ses citoyens interdits d’aller chercher la survie chez les voisins».

Compte tenu des liens séculaires qui unissent les peuples congolais et angolais – on retrouve les tribus Kongo, Lunda et Tshokwe en  RDC et en Angola, il y a aussi les mêmes rapports qui rattachent les tribus Kongo, Teke et Ngala du Congo-Brazzaville et de la RDC, et des relations politiques très solides entre nos Etats, on aurait souhaité que les gouvernements congolais et angolais puissent prévenir les dirigeants de la RDCongo, de la prise de décision d’expulsion, en les  informant du calendrier de sa mise à exécution, et surtout des conditions dans lesquelles ces expulsions allaient être menées, dans le strict respect des droits de l’homme. Malheureusement, tout s’est fait dans la précipitation et dans des circonstances qui frisent une certaine cruauté injustifiée.

 Pour des analystes, après les condamnations de ces expulsions, le temps n’est plus aux jérémiades, mais aux solutions à préconiser pour les années à venir. Car, pendant qu’on réfléchit à toutes ces questions, dans les pays frontaliers, ça bouge. Pour la petite histoire, c’est l’Angola qui a donné le ton avec les premières et les deuxièmes expulsions les plus révoltantes enregistrées sur le continent. La république du Congo vient récemment d’emboîter le pas à l’Angola en décidant de se débarrasser de ces « excédents » de migrants devenus, soutiennent les responsables de la police brazzavilloise, trop « encombrants ».

 Curieusement, comme si cela ne suffisait pas, l’Angola entend reprendre le flambeau des expulsions en marge du recensement de sa population et dans la perspective de prochaines élections.

Un plan de déstabilisation mis en chantier dans les pays frontaliers

A y voir de près, la situation qui arrive à la RDC, semble sortir d’un plan de déstabilisation au niveau de ses frontières avec l’Angola et la république du Congo. Car, ces expulsions amènent un lot de problèmes difficiles à résoudre. Déjà dans la capitale Kinshasa, le surpeuplement de deux premiers sites par des flots d’expulsés, à savoir devant la maison communale de Kinshasa et le Stade Cardinal Malula, a alimenté les images insoutenables des « sinistrés » exposés aux intempéries et abandonnés à la générosité de quelques rares personnes de bonne volonté et de quelques humanitaires dont la Croix-Rouge internationale. L’éloignement de quelques centaines d’autres pour le nouveau site de Maluku, n’est pas de nature à alléger la tâche au gouvernement qui devrait assurer une prise en charge totale de ces expulsés, en termes de logement, de restauration et des soins de santé. L’exécutif RD Congolais a d’autre part promis d’assurer le rapatriement de ces compatriotes vers leurs provinces de provenance. Si cela n’est pas fait avec la collaboration des gouvernements provinciaux, la situation risque de devenir intenable, aussi bien pour ces refoulés de Brazzaville que pour les habitants de Maluku qui voient leur espace de vie envahi. Certes, si leur séjour dans ce site est écourté, en accélérant les formalités de voyage par route ou par bateau, cela pourrait soulager la population de Maluku.

Dans le cas où les choses traîneraient en longueur, la situation pourrait s’empirer pour les expulsés et la cohabitation deviendrait insupportable.  Car, comme l’a prévenu un sage, en dessous du minimum vital, n’exigez pas de vertu. Le voyage a donc un coût que le gouvernement devrait supporter.

Rendre viables les villages et les collectivités

 La grande leçon que nous ne cessons de tirer de ces expulsions, est la création des conditions économiques et sociales acceptables pour les Congolais. Les Cinq chantiers ont été lancés. Un pas a certes, été franchi, mais devant l’immensité des besoins, la multiplicité des problèmes, beaucoup reste à faire. Il faut donc que le gouvernement puisse lancer un plan de développement qui touche l’arrière-pays. Le lancement des travaux d’infrastructures routières devant relier les centres de production agricole aux centres de commercialisation et de consommation, la construction des ponts pour désenclaver certains coins, et des marchés, aiderait à créer des emplois pour les populations locales, inciterait les paysans à produire davantage et boosterait l’activité économique. En définitive, le développement de l’arrière-pays favoriserait la sédentarisation des populations dans leurs milieux d’origine.

 Parmi les pistes de solution que nous ne cesserons d’évoquer, l’on devrait arrêter avec cette politique «d’installer» ou de «s’installer», consacrant des fonds importants à « soigner » une minorité au détriment de la majorité.

Dans le cadre de la gouvernance, l’on devrait également assurer la traçabilité des finances publiques de manière à ce que les fonds générés à la sueur du contribuable congolais, soient affectés au développement des provinces et aux compatriotes de l’arrière-pays. Car, on ne peut pas parler de développement du pays, sans parler de développement de l’arrière-pays. Le pays a suffisamment des ressources naturelles qu’il faudrait exploiter pour en tirer le maximum de profits, afin d’en repartir à la majorité en termes  d’amélioration de ses conditions de vie.

            Le gouvernement devrait donc mettre toutes les batteries en marche pour rendre les villages et les collectivités viables et vivables, au lieu de les abandonner à leur triste sort. Ce qui pousse les jeunes à l’exode rural vers les grands centres urbains.

                                                                                                         J.R.T. 

LEAVE A REPLY

*