Vague d’arrestations au ministère du Développement rural

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    On croyait bouclé mardi dernier, au Parquet général de la république, le dossier de l’instruction judiciaire de l’affaire de détournements de biens publics au ministère du Développement rural. Premier suspect pointé du doigt par la justice, Philippe Undji, le gestionnaire numéro un de ce ministère, on se rappellera, avait été démis de ses fonctions, avant d’être mis à la disposition de la justice.

    Répondant le 15 mars, à une invitation du Parquet général de la république,  l’ancien ministre du Développement rural a comparu et présenté ses moyens de défense. Il est rentré à son domicile, comme il était venu, ignorant pourquoi la justice l’avait inquiété. A quelques journalistes qui l’avaient abordé à sa sortie de l’office du ministère public, Philippe Undji ne cessait de clamer son innocence. Et nous de nous poser dans notre édition de mercredi 16 mars, une série des questions pour savoir de quoi retourne ce dossier.

 

    L’éclairage sur certaines zones d’ombre nous sera fourni par la procédure judiciaire qui a suivi la première audition de Philippe Undji au Parquet général de la république.

    Mercredi 16 mars, sur base d’un mandat d’arrêt, l’ancien ministre du Développement rural est appréhendé et acheminé sous bonne escorte au Quartier général de la police judiciaire des parquets. Dès son arrivée, il est soumis à un interrogatoire serré, par un inspecteur de police judiciaire, agissant sur réquisition d’information du Parquet général de la république, avant d’être « écroué ».

    Le coordonnateur au cabinet du ministre du Développement rural, ainsi que le gestionnaire des crédits que l’on croyait en cavale, ont été mis aux arrêts, hier jeudi, par les agents du Quartier général de la police judiciaire des parquets.

    L’on croit savoir qu’avec ces fonctionnaires qui participent à la gestion quotidienne, aussi bien des équipements que des fonds du ministère du Développement rural, la justice pourrait progresser dans ses investigations.

    Un seul fait à signaler, est qu’au moment où ils ont franchi la porte d’entrée du Quartier général de la police judiciaire des parquets, le coordonnateur et le gestionnaire des crédits ont été accueillis par les policiers commis au corps de garde. Au lieu de les conduire directement au cachot, les policiers les ont amenée dans un local où ils ont reçu «  les premiers soins ». Une somme de deux cents dollars leur aurait été exigée pour être placés en garde à vue, hors du cachot. Ce qui est un privilège souvent accordé aux prévenus V.I.P. .

Mais voilà qu’en livrant cette information à leurs proches, le coordonnateur et le gestionnaire des crédits ne s’imaginaient pas que leur entretien avec les policiers, allait entraîner l’audition de ces derniers pour corruption. Et c’est la direction de lutte contre les détournements et la corruption qui a été chargée de mener cette enquête et d’entendre les auteurs.

Si les faits sont avérés, les policiers feront certainement l’objet de poursuites judiciaires pour corruption.

    Signalons qu’à l’issue de son audition au Quartier général de la police judiciaire des parquets, Philippe Undji a été déferré au Parquet général de la république. Malheureusement, les agents d’escorte sont arrivés au-delà des heures de fonctionnement des services de cet office. L’ancien ministre du Développement rural a aussitôt regagné le Quartier général de la police judiciaire des parquets.

    Aujourd’hui dans l’avant-midi, Philippe Undji refera probablement le déplacement de l’office du ministère public, pendant que ses collaborateurs sont invités à apporter des informations, ainsi que des pièces justificatives sur la gestion des biens et fonds publics au ministère du Développement rural.

 

   J.R.T. 

 

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